‹ Horace, tragédie en cinq actes. With grammatical and explanatory notes by P.H.E. BretteChapitre 4 sur 103 · SCÈNE III. — CURIACE, CAMILLE, JULIE · texte numérisé non relu

SCÈNE III. — CURIACE, CAMILLE, JULIE

CURIACE

N'en doutez point, Camille, et revoyez un homme Qui n'est ni le vainqueur ni l'esclave de Rome ; Cessez d'appréhender de voir rougir mes mains Du poids honteux des fers ou du sang des Romains» J'ai cru que vous aimiez assez Rome et la gloire Pour mépriser ma chaîne et haïr ma victoire; Et comme également en cette extrémité Je craignois la victoire et la captivité....

CAMILLE

Curiace, il suffit, je devine le reste :

Tu fuis une bataille à tes vœux si funeste,

Et ton cœur, tout à moi, pour ne me perdre pas,

Dérobe à ton pays le secours de ton bras.

Qu'un autre considère ici ta renommée,

Et te blâme, s'il veut, de m'avoir trop aimée.

Ce n'est point à Camille à t'en mésestimer;

Plus ton amour paroît, plus elle doit t'aimer;

Et, si tu dois beaucoup aux lieux qui t'ont vu naître.

Plus tu quittes pour moi, plus tu le fais paroître.

Mais as-tu vu mon père? et peut- il endurer

Qu'ainsi dans sa maison tu t'oses retirer?

Ne préfère-t-il point l'État à sa famille?

Ne regarde-t-il point Rome plus que sa fille?

Enfin notre bonheur est-il bien afi'ermi?

T'a-t-il vu comme gendre, ou bien comme ennemi?

CURIACE

Il m'a vu comme gendre, avec une tendresse

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