I. Ce crime est précisément le
manque de foi suppose dont il s'accuse.
» .Montrer, en comparant ce couplet pénible au couplet précèdent si aisé (551-560), que dans Corneille le style ne devient forcé que quand la pensée Test aussi.
%* Montrer qu'avec ces paroles de Camille on revient dans la nature et la vérité — pour la pensée, comme pour l'expression.
3. Règle : Au i~" siècle, tout entre souvent dans une construction elliptique pour signifier bien que :
Je te chérirai, tout ingrat et perfide (=hien qu'ingrat)
(Corn., Horace, v. 399).
4. Encore un vers dont la beauté vient de ce que la pensée y est
naturelle et humaine, et l'expression simple. C'est l'éternelle plainte des amants qu'un nom sépare, comme Roméo et Juliette :
« Abjure ton nom, ou j'abjure le mien. »
5. Distraire = détourner (de ton devoir). (Sens du latin distrahere.)
6. Règle : Il le poursuit partout comme un chien fait sa proie, v.
7. Camille ne se doutait pas a luis qu'il aurait a combattre contre Curiace. Encore un sentiment plein de naturel.
8. Règle : Non plus que (= pas plus que) est usuel au iy- siècle, pour marquer la comparaison dans la négation : « Il ne dort non plus que votre père. » (Rac, Plaid., y. 360.)
Est-ce peu de Camille? Y1 joignez-vous- ma sœur? 610 Et laissant à3 ses pleurs vaincre ce1 grand courage5, L'amenez-vous ici chercher même avantage6?
SABINE
Non, non, mon frère, non; je ne viens en ce lieu
Que pour vous embrasser et pour vous dire adieu.
Votre sang est trop bon7 ; n'en craignez rien de lâche, 615
Rien dont la fermeté de ces grands cœurs se fâche s :
Si ce malheur illustre9 ébranlait l'un de vous,
Je le désavouerais10 pour frère ou pour époux.
Pourrais-je11 toutefois vous faire une prière
Digne d'un tel époux et digne d'un tel frère1-? 620
Je veux d'un coup 13 si noble ôter l'impiété,
A l'honneur qui l'14 attend rendre sa pureté,
La mettre en son éclat sans mélange de crimes ;
1. Y s employait au 17e siècle en parlant des personnes. Règle : En raison de leur ètymologie adverbiale, les pronoms en (latin inde) et y (latin ibi) ne devraient représenter que des choses. Aussi, en ce qui concerne les personnes, l'usage a été longtemps indécis. Au i~'- siècle, ces pronoms représentent couramment les personnes : « Son époux en (= de sa femme) cherchait le corps. » (La Font., Fab., III, 16 ; — «Dieu conduit tout, il n'y ;i qu'a s'y abandonner.» (.Maintenon, Corr., IV, 345.)— Cf. Crouzet..., Gr. Fr., § loi.
■2. Curiacc s'adresse-t-il à Horace ou aux Dieux ?
3. A = par. Règle : Je me laissai conduire à cet aimable guide, v. 59, n.
4. Il s'agit du courage ou plutôt du cœur d'Horace. Curiace semble croire que les pleurs de Sabine ont vaincu le courage d'Horace.
:>. Courage = cœur (sens habituel au 17e siècle).
6. Sur la suppression de l'article, cf. Règle : Faire leçon, v.
Encore un sentiment faux qui donne 4 vers peu nets.