‹ Horace; tragédie [par] Corneille. Nouv. éd., avec une méthode suivie de lecture expliquée ... suivie d'Horace par l'ImageChapitre 116 sur 265 · HORACE CURIACE · texte numérisé non relu

HORACE CURIACE

O ma sœur !

CAMILLE

Courage ! Ils s'amollissent.

SABINE

Vous poussez des soupirs ; vos visages pâlissent !

Quelle peur vous saisit ? Sont-ce là ces grands cœurs, G65

Ces héros qu'Albe et Rome ont pris pour défenseurs ?

Que t'ai-je fait, Sabine, et quelle est mon offense1

Qui t'oblige à chercher une telle2 vengeance?

Que t'a fait mon honneur, et par quel droit viens-tu3

Avec toute ta force4 attaquer ma vertu5 ? G70

Du moins contente-toi de l'avoir étonnée6,

Et me7 laisse achever cette grande journée.

Tu me8 viens de réduire en un étrange point9;

les Sabins pour arrêter le combat.

'• ' AR- • [mon offense ?

Femme, que t'ai-je fait et quelle est

Le ton grave et doux de ce vers montre chez Horace un sincère ébranlement, et émeut, de la part de ce cœur si fier, qui cependant ne Test pas assez pour ne pas s'être attendri devant les pleurs de sa femme.

2. Telle est encore un mot par où on peut voir combien a porté sur Pâme d'Horace la proposition désespérée de Sabine.

* Montrer que ces quelques vers nous révèlent un Horace capable d'émotion.

o. \ AR. . [pourquoi viens-tu...

Que t'a fait mon honneur, femme, et

Le mot femme a été supprimé par Corneille d'après le même souci de noblesse qu'au vers 667.

* Quel avantage avait-il ? Cf.

son emploi au vers 680.

4. Les mots : « avec toute ta force », placés avant l'infinitif qui est le verbe essentiel, sem-

blent continuer le vers précédent, donnant ainsi l'impression presque matérielle, tellement elle est vivante, du pouvoir de Sabine sur Horace.

5. Vertu a ici toute la force du mot latin virtus, « l'ensemble des qualités physiques et morales qui constituent l'homme, vir. »

6. La vertu d'Horace a chancelé sous l'effort de Sabine, comme si elle était « frappée du tonnerre » (sens du latin populaire extonare). — Sur la vie des mots, cf. v. 214, n. 5, et sur étonner, cf. v. 7, n.

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