N'êtes = n'en êtes. Cf. Règle
On se prendrait a lui. v. -2S6, n.
5. Cruels généreux. C'est proprement une alliance de mots que ce rapprochement de deux termes qui semblent se contre-
dire.— Cf. la note de notre édition de Britannicus au vers 189.
G. Ce mot a ici son sens fort d'« incantation magique». Sur la vie des mots. cf. v. 214, n. 5.
7. Qu'on les déplore — qu'on pleure sur eux. Aujourd'hui déplorer ne s'emploierait pas ainsi comme transitif avec un nom de personne comme complément direct.
8. TS'ous mettrions ici l'article indéfini an. Cf. Règle : Faire leçon, v. 310, n.
9. Ces quatre vers sont du discours indirect. Julie rapporte les paroles des Horaces et des Curiaccs.
Ki. Yak. :
Et mourront par les mains qui les ont [séparés,
Que quitter les honneurs qui leur sont [déférés.
Dans les deux textes, plutôt est séparé de que. La syntaxe actuelle ne le permettrait pas, niais il y a des constructions analogues en latin, où prius, p. I ex., est parfois séparé de quam.
SABINE
Quoi? Dans leur dureté ces cœurs d'acier s'obstinent !
JULIE
Oui, mais d'autre côté les deux camps se mutinent1 ;
Et leurs cris, des deux parts poussés en même temps,
Demandent la bataille, ou d'autres combattants. S10
La présence des chefs à peine est respectée,
Leur pouvoir est douteux, leur voix mal écoutée ;
Le Roi même s'étonne2 ; et pour dernier effort :
« Puisque chacun, dit-il, s'échauffe3 en ce discord4,
Consultons des Grands5 Dieux la majesté sacrée6, S15
Et voyons si ce change7 à leurs bontés agrée.
Quel impie osera se prendre às leur vouloir',
Lorsqu'en un sacriiiee ils nous l'auront fait voir ? »
Il se tait, et ces mots semblent être des charmes l0 ;
Même aux six combattants ils arrachent les armes ; 820
Et ce désir d'honneur qui leur ferme les yeux,
*• * AR* • [se mutinent.
Ils le font, mais d'ailleurs les deux camps
A d'autre côté, nous mettrions l'article. Cependant nous disons : d'autre part, sans article Cf. v. 333.
Remarquer que. même dans cette seule péripétie du délai, le coeur4 de Sabine passe alternativement de l'espérance à la crainte, puis de nouveau à l'espérance.
-2. S'étonne — se trouble, est ébranlé. Cf. v. 7, n.
3. S'échauffe était au 17e siècle un mot très noble : Racine dit en parlant de Pyrrhus (Andromaque, v, 1002) qu'il «échauffait le carnage ».
4. Discord était alors vieilli en prose, comme le remarque Yaugelas ; il a disparu depuis également en poésie. Voltaire en regrettait la disparition.
'). Si « grands Dieux » veut dire ici. comme il semble, les douze grands dieux principaux, il faut écrire « Grands Dieux » avec une majuscule (de même au vers 793). Ce sens n'est pas impossible; car Corneille ne savait sans doute pas qu'ils étaient à cette époque un anachronisme :
« Le système des douze grands dieux
est emprunté aux OJrecs et parait pour la première fois au commencement de la deuxième guerre punique. . . » (S. Rki- \a< h. Philologie classique, t. I. p. 376, n. 6.)
6. Ce vers est naturellement noble et majestueux. Il atteint la majesté sans effort. — Il est l'expression naturelle du sentiraient religieux des Romains, dont Montesquieu a reconnu qu'il se confondait avec leur patriotisme. Le recours aux Dieux, pour savoir leur volonté, est un trait de mœurs d'une exacte vérité historique chez les Romains.
7. Change = changement. C'est un mot fréquemment employé par Corneille. Cf. v. 155, n.
S. Se prendre à = s'attaquer à.
Voir les vers 5U et 286, n.
9. Le vouloir exprime la volonté, mais la volonté définie sur un point donné et en train de se manifester par un acte.
Cf. Règlb : Le manger et le boire, v. 21 i, n.
10. Exemple où l'on voit le mieux la force du mot charme ci son sens d'enchantement magique. — Sur la vie des mots, cf.