‹ Horace; tragédie [par] Corneille. Nouv. éd., avec une méthode suivie de lecture expliquée ... suivie d'Horace par l'ImageChapitre 138 sur 265 · Encore un vers aussi racinien que cornélien. Cf. v · texte numérisé non relu

Encore un vers aussi racinien que cornélien. Cf. v

* En quoi Camille est-elle ici différente de ce qu'elle était au début de la pièce ?

IIOKACE

i - mêmes Dieux à Tulle ont inspiré ce choix1 ; Et ta voix du public n'est pas toujours leur voix8 Ils descendent bien moins dans de si bas étages3 Que dans l'âme des rois, leurs vivantes images, De qui l'indépendante et sainte autorité Est un rayon secret de leur divinité4.

8io

JULIE

C'est vouloir sans raison vous former des obstacles Que de chercher leur voix ailleurs qu'en leurs oracles ; Et vous ne vous pouvez5 ligurer tout perdu, Sans démentir celui qui vous fut hier6 rendu. 850

CAMILLE

Un oracle jamais ne se laisse comprendre :

On l'entend d'autant moins que plus on croit l'entendre7;

Et loin de s'assurer8 sur un pareil arrêt,

Qui n'y voit rien d'obscur doit croire que tout l'est.

SABINE

Sur ce qui9 fait pour nous prenons plus d'assurance, 855 Et souffrons les douceurs d'une juste espérance. Quand la faveur du ciel ouvre à demi ses bras1",

1. Ce choix c'est le choix des trois Horaces et des trois Curiaces comme champions.

-2. On dit pourtant: «Vox populi< i-ox Dei ; voix du peuple.

voix de Dieu ».

3. Expression assez courante au 17e siècle et qui s'est familiarisée de nos jours, tout en se restreignant : «une servante de bas étage». Molière dit : a ceux du plus" haut étage». (Misanthrope, II, 3.)

4. Camille fait ici la théorie du droit divin de la royauté, théorie qui est un singulier anachronisme dans sa bouche. Il faut eomparer ces vers à ceux du vieil Horace (acte Y, scène ni. v.

1711-1720). On ne peut pas dire que dans ces deux passages Corneille se montre démocrate.

5. Pour : et vous ne pouvez vous figurer. Règle : // se faut entr'aidi'r. v. -jl. n.

Page 1