‹ Horace; tragédie [par] Corneille. Nouv. éd., avec une méthode suivie de lecture expliquée ... suivie d'Horace par l'ImageChapitre 142 sur 265 · SABINE, CAMILLE · texte numérisé non relu

SABINE, CAMILLE

SABINE 1

Parmi nos déplaisirs2 souffrez que je vous blâme :

Je né puis approuver tant de trouble en votre aine ;

Que feriez-vous, ma sœur, au point où je me vois,

Si vous aviez à craindre autant que je le dois,

Et si vous attendiez de leurs armes fatales3 875

Des maux pareils aux miens, et des pertes égales ?

CAMILLE

Parlez plus sainement4 de vos maux et des miens : Chacun voit ceux d'autrui d'un autre œil que les siens5 ; Mais à bien regarder ceux où6 le ciel me plonge, Les vôtres auprès d'eux vous sembleront un songe. 880

La seule mort7 d'Horace est à craindre pour vous. Des frères ne sont rien à l'égal d'sun époux '•*; L'hymen qui nous attache en une autre famille Nous détache de celle où l'on 10 a vécu lille ; On voit d'un œil divers des nœuds si différents, 885

Et pour suivre un mari l'on quitte ses parents11 ;

1. Cette discussion entre Camille et Sabine, jugée oiseuse par Voltaire et tous les commentateurs, a évidemment pour seul but de remplir la scène en attendant que les nouvelles du combat puissent être apportées; mais il faut se rappeleraussi mie les contemporains de Corneille aimaient ces contestations psychologiques et qu'ils en avaient la grande habitude.

2. Déplaisir, encore un mot dont le sens était plus fort au 17e siècle qu'aujourd'hui. — Sur la vie des mots, cf. v. 244, n. 5.

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