‹ Horace; tragédie [par] Corneille. Nouv. éd., avec une méthode suivie de lecture expliquée ... suivie d'Horace par l'ImageChapitre 144 sur 265 · ACTE III, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE IV

Mais si près d'un hymen, l'amant que donne un père

Nous est moins qu'un époux, et non pas moins qu'un frère1 ;

Nos sentiments entr'eux demeurent suspendus,

Notre choix impossible, et nos vœux confondus. 890

Ainsi, ma sœur, du moins vous avez dans vos plaintes

Où- porter vos souhaits et terminer vos craintes;

Mais si le ciel s'obstine à nous persécuter,

Pour moi, j'ai tout à craindre, et rien à souhaiter3.

SABINE

Quand il faut que l'un meure et par les mains de l'autre, 895 C'est un raisonnement bien mauvais que le vôtre.

Quoique ce soient, ma sœur, des nœuds bien différents 4, C'est sans les oublier qu'on quitte ses parents : L'hymen n'efface point ces profonds caractères5 ; Pour aimer6 un mari, l'on ne hait pas ses frères : 900

La nature en tout temps garde ses premiers droits ; Aux dépens de leur vie on ne fait point de choix : Aussi bien qu'un époux ils sont d'autres nous-mêmes ; Et tous maux sont pareils alors qu'ils sont extrêmes7 ; Mais l'amant qui vous charme et pour qui vous brûlez s 905 Ne vous est, après tout, que ce que vous voulez ; Une mauvaise humeur, un peu de jalousie,

t. Il y a dans ces distinctions à la fois de la subtilité et un point de vue grossièrement légal comme Corneille, et, en particulier la tragédie d'Horace, nous en donnent plusieurs fois l'exemple.

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