LE VIEIL HORACE, SABINE, CAMILLE
LE VIEIL HORACE
Je viens vous apporter2 de fâcheuses nouvelles ;{,
Mes lilles ; mais en vain je voudrais vous celer4
Ce qu'on ne vous5 saurait longtemps dissimuler : 930
Vos frères sont aux mains, les Dieux ainsi l'ordonnent6.
SABINE
Je veux bien l'avouer, ces nouvelles m'étonnent7 ;
Et je m'imaginais dans la divinité
Beaucoup moins d'injustice, et bien plus de bonté8.
Ne nous consolez point : contre tant d'infortune9 935
La pitié parle en vain, la raison importune.
Nous avons en nos mains la lin de nos douleurs,
Et qui veut bien'0 mourir peut braver les malheurs.
quement avec les mots peut et veut.
1. * Montrer, d'après cette scène, l'abondance dans Corneille des mots de liaison logique, comme mais, donc, puisque, etc., prouvant combien sont serrés les raisonnements de Corneille.
'2. Le vieil Horace apporte l'action : ce qui fait que la poésie, qui devenait lyrique dans la scène précédente, redevient dramatique.
3. On a bien le sentiment de l'interruption brusque, lorsque le vers qui contient la première rime est dit par un personnage, et le second par l'autre, comme
4. Dans cette restriction, le Arieil Horace répond à l'objection, qu'on pouvait lui faire et qu'on lui a faite en effet, de venir désespérer les deux femmes.