‹ Horace; tragédie [par] Corneille. Nouv. éd., avec une méthode suivie de lecture expliquée ... suivie d'Horace par l'ImageChapitre 148 sur 265 · LE VIEIL HORACE, SABINE, CAMILLE · texte numérisé non relu

LE VIEIL HORACE, SABINE, CAMILLE

LE VIEIL HORACE

Je viens vous apporter2 de fâcheuses nouvelles ;{,

Mes lilles ; mais en vain je voudrais vous celer4

Ce qu'on ne vous5 saurait longtemps dissimuler : 930

Vos frères sont aux mains, les Dieux ainsi l'ordonnent6.

SABINE

Je veux bien l'avouer, ces nouvelles m'étonnent7 ;

Et je m'imaginais dans la divinité

Beaucoup moins d'injustice, et bien plus de bonté8.

Ne nous consolez point : contre tant d'infortune9 935

La pitié parle en vain, la raison importune.

Nous avons en nos mains la lin de nos douleurs,

Et qui veut bien'0 mourir peut braver les malheurs.

quement avec les mots peut et veut.

1. * Montrer, d'après cette scène, l'abondance dans Corneille des mots de liaison logique, comme mais, donc, puisque, etc., prouvant combien sont serrés les raisonnements de Corneille.

'2. Le vieil Horace apporte l'action : ce qui fait que la poésie, qui devenait lyrique dans la scène précédente, redevient dramatique.

3. On a bien le sentiment de l'interruption brusque, lorsque le vers qui contient la première rime est dit par un personnage, et le second par l'autre, comme

4. Dans cette restriction, le Arieil Horace répond à l'objection, qu'on pouvait lui faire et qu'on lui a faite en effet, de venir désespérer les deux femmes.

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