‹ Horace; tragédie [par] Corneille. Nouv. éd., avec une méthode suivie de lecture expliquée ... suivie d'Horace par l'ImageChapitre 158 sur 265 · ACTE III, SCKXE VI · texte numérisé non relu

ACTE III, SCKXE VI

JULIE

Mais plutôt du combat les funestes effets1:

Rome est sujette d'Albe2, et vos lils sont défaits;

Des trois les deux3 sont morts, son époux seul vous reste. 905

LE VIEIL HORACE

O d'un triste combat elfet vraiment funeste !

Rome est sujette d'Albe4, et pour l'en5 garantir

Il n'a pas employé jusqu'au dernier soupir6 !

Non, non, cela n'est point ; on vous trompe, Julie7;

Rome n'est point sujette, ou mon lils est sans vie : 1000

Je connais mieux mon sang8, il sait mieux son devoir.

JULIE

Mille, de nos remparts, comme moi l'ont pu voir!).

11 s'est fait admirer tant qu'ont duré10 ses frères ;

Mais comme il s'est vu seul contre trois adversaires,

Près d'être enfermé d'eux11, sa fuite '-l'a sauvé. 1005

l.Le fait d'avoir séparé le combat en deux parties et d'avoir fait annoncer ainsi par Julie une Causse nouvelle est une invention et un trait <lc génie de Corneille, et donne lieu à la sublime scène vi.

2. Remarquer que Julie, Romaine, annonce la nouvelle en Romaine, en parlant d'abord de Rome.

3. Les deux = deux. Règle : Au ije siècle, on employait volontiers l'article défini devant les noms de nombre :

Des trois les deux sont morts.

(Corneille.)

Son époux, celui de Sabine, qu'elle désigne.

4. Jusque là, le vieil Horace a employé exactement les mêmes expressions que Julie, les répétant avec stupeur. La seule chose qui l'a frappe, ce n'est pas la mort de deux de ses fils, c'est la défaite de Rome. Il en répète la nouvelle avec accablement, puis sort de cet accablement pour lancer cette exclamation indignée : « et pour l'en garantir, etc. »

5. En — de cela : « être sujette d'Albe.» Cf. Règle : Il demande

à boire ; on lui en apporte, v. 44, n.

6. Non seulement Corneille a eu l'art de diviser l'annonce du combat en deux parties, mais encore il a su graduer chacune de ces parties. Ainsi le vieil Horace apprenant que Rome est défaite mais qu'un de ses fils est vivant, sans apprendre encore qu'il a fui, ne s'indigne pas encore, mais s'étonne.

7. Le vieil Horace peut croire que Julie a elle-même appris la chose de quelqu'un. Ce n est que lorsqu'elle se dira témoin oculaire, qu'il la croira.

8. Mon sang' = ma race. Voir au vers 100. C'est ainsi que Don Diègue dit à Rodrigue :

Viens, mon fils, viens, mon sang, viens [réparer ma honte.

{Le Cid, v. 266.)

9. Ce vers, sans y tâcher, fait image et constitue un tableau.

En même temps, c'est une forte raison pour le vieil Horace de croire Julie.

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