‹ Horace; tragédie [par] Corneille. Nouv. éd., avec une méthode suivie de lecture expliquée ... suivie d'Horace par l'ImageChapitre 159 sur 265 · Remarquer la liberté de construction du vers, analogue · texte numérisé non relu

Remarquer la liberté de construction du vers, analogue

LE VIEIL HORACE

El nos soldats trahis ne l'ont point achevé1 ? Dans leurs rangs à ce Lâche ils ont donné retraite?

.HLIE

Je n'ai rien voulu voir après cette défaite-'.

CAMILLE

O mes frères ' !

LE VIEIL HORACE

Tout beau4! ne les pleurez5 pas tous; Deux jouissent d'un sort dont leur père est jaloux6. Que des plus nobles fleurs leur tombe soit couverte7; La gloire de leur mort m'a payé8 de leur perte :

à celle des vers 3 et 'i de la pièce. Il semble que Julie, devant la stupeur douloureuse et le commencement d'indignation du vieil Horace, hésite à prononcer le mot, le mot important de fuite. Elle le prépare et l'excuse par des compléments circonstanciels : seul contre trois ; près d'être enfermé ; et, sitôt qu'il est prononcé, comme furtivement, elle le l'ait suivre du mot sauvé, par quoi elle espère toucher le cœur du père.

1. On sent que si Horace était là à ce moment, son père vengerait tout de suite sur ce •< traître » et ce « lâche » l'honneur de Rome et de sa famille. (Voir le vers 969.)

-2. C'est ainsi que Corneille justilie et explique l'erreur de Julie et son départ prématuré de son poste d'observation.

L'explication en soi est assez vraisemblable.

'\. Sabine ne dit rien ; elle n'a, croit-elle, perdu aucun des siens. Peut-être, au fond, ne peut-elle se défendre d'un sentiment de joie.

4. Cette expression est très noble dans Corneille, p. ex. dans Polyeucte: [rôles, (v. 1215.)

Tout beau, Pauline, il entend vos pa-

Elle a une sorte de majesté terrible. Tout le discours du \ieii Horace, après la stupéfaction douloureuse, après les in-

terrogations indignées, est em-

preiul de celte majesté du désespoir.

M. Petit de Julleville dit que les chasseurs criaienl Tout beau!

à leurs chiens pour les retenir, et que cet emploi du mot l'a l'ait bannir du style noble.

5. Le vieil Horace ne prend pas le .mot pleurer dans le même sens que Camille, ou plutôt il ne désigne pas les mêmes personnes. Camille pleure sur ceux qui sont morts, le vieil Horace dit qu'il faut pleurer le vivant.

6. Comparer pour le sentiment V. Hugo finissant ainsi la poésie Nos Morts dans VAnnée 1 erriule . [envieux .

0 morts pour mon pays, je suis votre

ou dans Servir de Lavcdan la parole du colonel Eulin a ses jeune lils. en lui parlant de la morl de son aîné devant l'ennemi :

« J'en suis fier, et je l'envie, et je te souhaite pareille fin. »

7. Remarquer la poésie grave et majestueuse de ce vers. La poésie est dans les fleurs jetées

sur deux tombes. La gravité est dans l'épithète nobles.

Voir en tète de la pièce notre essai de Lecture expliquée de ce passage.

8. Noter la force énergique et simple du mot payé, bien supérieur {{.compenser ou autres analogues.

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