ACTE III, SClîNE VI
L'éclatant désaveu d'une telle action1.
SABINE
Ecoutez un peu moins ces ardeurs généreuse-. 1035
Et ne nous rendez point tout à fait malheureuses.
LE VIEIL HORACE
Sabine, votre cœur se console aisément;
Nos malheurs jusqu'ici vous touchent faiblement.
Vous n'avez point encor3 de part à nos misères3 :
Le ciel vous a sauvé votre époux et vos frères; 1040
Si nous sommes sujets, c'est de votre pays4;
Vos frères sont vainqueurs quand nous sommes trahis'1 ;
Et voyant le haut point où leur gloire se monte 6,
Vous regardez fort peu ce qui nous vient de honte.
Mais votre trop 7 d'amour pour cet infâme époux 1045
Vous donnera bientôt à plaindre8 comme à nous.
Vos pleurs9 en sa faveur sont de faibles défenses :
J'atteste des Grands Dieux10 les suprêmes puissances
Qu'avant ce jour fini11, ces mains, ces propres mains1-
1. * Etudier dans ce couplet la plénitude et la force du style cornélien.
* Comparer la façon enveloppée dont est suggérée ici l'idée du meurtre du iils par le père — avec la façon brutale dont Je colonel Eulin dit à son fils dans Servir, de Lavcdan (1913), à la fin dû 1" acte: [te tuerai.
Si tu manques à l'appel, c'est moi qui
2. Cet encor est plein de menaces et sera expliqué par les vers 1045-1046.