Valère, on le sait, aime Camille et n'en est pas aimé
10. Ici commence entre les deux interlocuteurs un quiproquo qui se continue jusqu'au vers 1100.
* Comparer ce quiproquo à celui de Don Sanche apportant à Chimène son épée qu'elle croit teinte du sang de Rodrigue (Le Cid, acte Y, scène v), et à d'autres analogues.
Il"
iiouai i
Tous deux pour leur pays sont morts en gens d'honneur; 11 me suffit '.
VALÈRB
Mais L'autre est un rare bonheur3 ; De tous les trois chez vous il doit tenir la place.
LE VIEIL HORACE
Que n'a-t-on vu périr en lui le nom d'Horace3 ! 1080
VALÈRB
Seul vous le maltraitez1 après ce qu'il a l'ait.
LE VIEIL HORACE
C'est à moi seul aussi de punir son forfait5.
VALÈRB
Quel forfait trouvez-vous en sa bonne" conduite?
LE VIEIL HORACE
Quel celai de vertu trouvez-vous en sa fuite?
VALÈRB La fuite est glorieuse en celte occasion. 1085
LE VIEIL HORACE
Vous redoublez ma honte et ma confusion. Certes, l'exemple est rare et «ligne de mémoire7, De trouver dans la fuite un chemin à la gloire.
i. Cet : 77 me suffit, qui n'esl pas assez remarqué, esl presque aussi sublime <|||(' le 7" '' mourût ! — En touî cas, cel te hauteur concise esl pleine de majesté el d'éloquence.
Comparer dans Servir, d'il.
I dan, ce boul de dialogue (acte I. se. ii) :
M Eulin : Ile sont tous morte h l'ennemi
Le Gékérax : Superbe !
2. L'autre, c'est Horace. Il est pare de voir un nom abstrait c< .m me bonheur être l'attribut d'une personne.
:. Y a il. :
Eût-il fetitayee lui périr le nom d'Horace!
Le Bouhail n'étail pas assez nel
fiar la construcl i'>n. sans quoi a première forme eut été meilleure.
'i. Maltraitez = vous parlez mai de lui. — Traiter signifiait user, en user, de toutes façons, même par la parole.
.'). Les cinq vers suivants sont à répliques Brèves el s'eut rechor
quenl connue des epées, procédé, dit stichomythie, que Corneille aimait et a employé dans nombre de ses pièces.
Toutes ces répliques continuent le même quiproquo.