‹ Horace; tragédie [par] Corneille. Nouv. éd., avec une méthode suivie de lecture expliquée ... suivie d'Horace par l'ImageChapitre 209 sur 265 · ACTE IV, SCENE VII · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE VII

Et ne regardons point des biens communs à tous,

Quand nous voyons des maux qui ne sont que pour nous1.

Pourquoi veux-tu, cruel, agir d'une autre sorte ? 1375

Laisse en entrant ici tes lauriers à la porte - ;

Mêle tes pleurs aux miens. Quoi3 ? ces lâches discours

N'arment point ta vertu contre mes tristes jours ?

Mon crime redoublé i n'émeut point ta colère ?

Que Camille est heureuse ! Elle a pu te déplaire ; 1380

Elle a reçu de toi ce qu'5elle a prétendu,

Et recouvre là-bas tout ce qu'elle a perdu.

Cher époux, cher auteur du tourment qui me presse6,

Ecoute ta pitié, si ta colère cesse ;

Exerce l'une ou l'autre, après de tels malheurs, 1385

A punir ma faiblesse, ou iinir mes douleurs :

Je demande la mort pour grâce, ou pour supplice ;

Qu'elle soit un effet d'amour ou de justice,

N'importe : tous ses traits n'auront rien que de doux

Si je les vois partir de la main d'un époux. 1390

Quelle injustice aux Dieux d'abandonner aux femmes Un empire si grand sur les plus belles âmes, Et de se plaire à voir de si faibles vainqueurs Régner si puissamment sur les plus nobles cœurs7 !

milieu, est celle de Sabine et de Curiace. C'est la thèse albaine, si l'on peut s'exprimer ainsi :

« Réjouissons-nous dehors des victoires publiques, et pleurons à la maison nos pertes domestiques ».

Page 1