‹ Horace; tragédie [par] Corneille. Nouv. éd., avec une méthode suivie de lecture expliquée ... suivie d'Horace par l'ImageChapitre 228 sur 265 · ACTE V, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE II

D'autres aiment la vie, et je la dois haïr1.

Je ne reproche point à l'ardeur de Valère

Qu'en amant de la sœur il accuse le frère :

Mes vœux avec les siens conspirent2 aujourd'hui ;

Il demande ma mort, je la veux comme lui. 1550

Un seul point entre nous met celle différence,

Que mon honneur par là3 cherche son assurance4,

Et qu'à ce même but nous voulons arriver,

Lui pour flétrir ma gloire, et moi pour la sauver5.

Sire, c'est rarement qu'il s'offre une matière0 1555

A montrer d'un grand cœur la vertu toute entière7. Suivant l'occasion elles agit plus ou moins, Et parait forte ou faible aux yeux de ses9 témoins. Le peuple, qui voit tout seulement par l'écorce 10, S'attache à son effet11 pour juger de sa force ; 1500

Il veut que ses dehors gardent un même cours, Qu'ayant fait un miracle, elle en fasse toujours : Après une aclion pleine, haute, éclatante12, Tout ce qui brille moins remplit mal son attente ; Il veut qu'on soit égal en tout temps, en tous lieux ; 1505

1. Toute la suite de son discours va être l'explication de ce mot. En effet, a première vue, on ne comprendrait pas pourquoi Horace doit haïr la vie; car ce ne peut être, étant donné ce qu'il est, parce qu'il a tué sa sœur.

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