‹ Horace; tragédie [par] Corneille. Nouv. éd., avec une méthode suivie de lecture expliquée ... suivie d'Horace par l'ImageChapitre 248 sur 265 · ACTE V, SCÈNB III · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNB III

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Et, si nous les suivons, il est digne de mort1.

Si d'ailleurs- nous voulons regarder le coupable,

Ce crime, quoique grand, énorme, inexcusable3, 1740

Vient de la même épée et part du même bras

Qui me fait aujourd'hui maître de deux Etats4.

Deux sceptres en ma main, Albe à Rome asservie,

Parlent bien hautement en faveur de sa vie:

Sans lui j'obéirais où5 je donne la loi, 1745

Et je serais sujet où je suis deux fois roi.

Assez de bons sujets dans toutes les provinces

Par des vœux impuissants s'acquittent vers6 leurs princes ;

Tous les ' peuvent aimer, mais tous ne peuvent pas

Par d'illustres effets8 assurer leurs Etals; 1750

Et l'art et le pouvoir9 d'affermir des couronnes

Sont des dons que le ciel fait à peu de personnes.

De pareils serviteurs sont les forces des rois,

Et de pareils aussi sont au dessus des lois10.

Qu'elles se taisent donc; que Rome dissimule 1755

Ce que dès sa naissance elle vit en Romule11.

1. En roi véritablement juste, Tulle rend une sentence qu'on peut diviser en trois parties : il examine d'abord les arguments contre (v. 1733-1738), puis les arguments pour (173(J-17.ji), puis enfin rend sa sentence. Et dès le début on peut préjuger de cette sentence, par Je fait que le roi commence par les arguments contre.

2. D'ailleurs a un sens très fort. Il signilie (Vautre part, et montre que le roi passe à un ordre d'idées entièrement opposé.

3. * Montrer que ces trois épithetes n'ont pas un sens identique, et que chacune ajoute quelque chose à la précédente.

4. Le roi parle presque dans les mêmes ternies que le jeune Horace, quand il annonce sa victoire à sa sœur :

Qui nous rend maîtres i.l'Albe; enfin, voici

[le liras

Qui seul fait aujourd'hui le sort de deux

[Etats, (v. 1253.)

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