‹ Horace; tragédie [par] Corneille. Nouv. éd., avec une méthode suivie de lecture expliquée ... suivie d'Horace par l'ImageChapitre 33 sur 265 · ACTE I, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE I

Vos plus chers intérêts à ceux de votre époux ; Et je vous consolais au milieu de vos plaintes, Comme si notre1 Rome eut fait- toutes vos craintes.

SABINE

Tant qu'on ne s'est choqué3 qu'en de légers combats,

Trop faibles pour jeter un des partis à bas4,

Tant qu'un espoir de paix a pu llatter ma peine5,

Oui, j'ai fait vanité'5 d'être toute Romaine.

Si j'ai vu Rome heureuse7 avec quelque regret,

Soudain3 j'ai condamné ce mouvement secret9 ;

Et si j'ai ressenti, dans ses destins contraires,

Quelque maligne10 joie en faveur de mes frères,

Soudain pour l'étoulfer rappelant ma raison,

J'ai pleuré quand la gloire entrait dans leur maison11.

Mais aujourd'hui qu'il faut que l'une ou l'autre tombe,

Qu'Albe devienne esclave, ou que Rome succombe v-,

1. Remarquer le possessif, très énergique dans la bouche de cette Romaine.

2. Exemple de l'emploi très étendu du mot faire au 17e siècle. Il a ici le sens de causer, et Voltaire Ta vivement critiqué, faute de bien connaître l'usage du 17e siècle.

Règle : Faire s'employait au iye siècle beaucoup plus qu'aujourd'hui (Furetiere l'appelait le verbe le plus étendu de la langue) :

Suit seul, pour remplacer un verbe précédent, qu'on voulait éviter de répéter :

Je le poursuis partout comme un (Boileau.) [chien fait sa proie.

Soit avec un autre mot, pour créer une locution verbale : Faire estime, il l'ait sur, etc.

La solide vertu dont je fais Vanité .

(Corn., Hor., v. 485.)

Soit avec le sens d'autres verbes, tels que : agir, causer, etc.

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