ACTE I, SCENE I
Le sien irrésolu, le sien tout incertain1,
De la moindre nièlée appréhendait l'orage,
De tous- les deux partis détestait3 l'avantage,
Au malheur des vaincus donnait toujours ses pleurs4, 105
Et nourrissait ' ainsi d'éternelles douleurs.
Mais hier'*, quand elle sut qu'on avait pris journée7,
Et qu'enfin la bataille allait être donnée,
Une soudaine joie éclatant sur son front
SABINE
Ah ! que je crains, Julie, un changement si prompt^! 110
Hier9 dans sa belle humeur111 elle entretint Valère11 ;
Pour ce rival, sans doute, elle quitte mon frère;
Son esprit, ébranlé par les objets présents,
Ne trouve point d'absent aimable après deux ans1-.
Mais excusez l'ardeur d'une amour fraternelle13; 115
Le soin14 que j'ai de lui me fait craindre tout15 d'elle ;
ner l'exposition du caractère ri des sentimentsdecette dernière.
* Etudier dans la pièce les trois moyens par lesquels tout auteur dramatique peint ses personnages (d'après l'aine) :
1° les faire agir; ~2a les faire parler: 3" faire parler d'eux.