‹ Horace; tragédie [par] Corneille. Nouv. éd., avec une méthode suivie de lecture expliquée ... suivie d'Horace par l'ImageChapitre 58 sur 265 · En = que ce soit moi. Cf · texte numérisé non relu

En = que ce soit moi. Cf

Règle : Il demande d boire, on lui en apporte, v. 44, n.

9. Curiace répond à l'alternative émise un instant auparavant par Camille (v. 232) et qu'il a entendue.

Cessez d'appréhender de voir rougir mes mains

Du poids honteux des fers ou du sang des Romains l.

J'ai cru que vous aimiez assez Home et la gloire

Pour mépriser ma chaîne et haïr ma victoire-; 2i0

Et comme également en cette extrémité

Je craignais la victoire et la captivité. . . .

CAMILLE

Curiace, il suffit, je devine le reste3 :

Tu fuis une bataille à tes vœux si funeste4,

Et ton cœur, tout à moi, pour ne me perdre pas5, 2i5

Dérobe à ton pays le secours de ton bras6.

Qu'un autre considère ici ta renommée,

Et te blâme, s'il veut, de m'avoir trop aimée ;

Ce n'est point à Camille à t'en mésestimer7 :

Plus ton amour parait8, plus elle doit t'aimer ; 250

Et si tu dois beaucoup aux lieux qui t'ont vu naitre1',

\ . Eh effet, Le poids des fers rougit les mains, comme le sanj,r. L'image esl donc doublement juste.

Mais no pourrait il pas s'agiraus- >i de la honte des fors (poids honteux) faisant rougir les mains ?

(> 2* sens ne sérail pas beaucoup plus forcé que le premier.

■2. Tous les mots correspondent, parfois en s'entre-croisant, à l'alternative émise pi us haut de la victoire onde la captivité de Curiace :ma chaîne correspond à fers et ma victoire correspond à sang. De même au vers 242, on retrouve, dans Tordre inverse, victoire et captivité.

-Montrer dans ce couplet de Curiace un art oratoire excessif, qui se complaît trop dans les balancements et les oppositions, bref la mauvaise rhétorique de Corneille.

3. Ici commence une méprise de Candi le. méprise que Corneille va faire durer un peu trop longtemps, mais qui a du moins L'avantage démontrer Camille disposée a toul sacrifier a sa passion, autant et plus que la plus passionnée des héroïnes raciniennes.

î. Hémistiche repria parRacine dans Andromaque (v. lj).

a. Règle : Avec un infinitif accompagné d'un pronom complé-

ment, le iy* siècle séparait souvent ne de pas, qui se plaçait alors soit après le pronom, soit après l'infinitif. L'ordre actuel, que Vaugelas conseillait, se trouve rarement : Pour arriver à la construction moderne on a donc eu, en avançant pas de plus en plus: « pour ne le faire pas, pour ne le pas faire, pour ne pas le faire ».

Pour ne me perdre pas (= pour ne pas me perdre).

(Corn., ffor., v. 245.)

6. Jusqu'à présent nous n'avions pas vu Camille prendre parti entre le patriotisme et l'amour. Elle le prend, non pas pour elle, mais pour Curiace, en lui supposant les sentiments qu'elle aurait à sa place, ce qui fait prévoir ceux qu'elle aura au IVe acte. Ce trait de Camille prépare donc ses célèbres imprécations.

* Montrez que la force de ces deux vers est dans l'opposition des mots cœur et bras.

7. Mésestimer esl très fort; car il prouve que non seulement Camille aimerait encore Curiace, mais qu'elle ne cesserait même pas de l'estimer.

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