SCENE 11 HORACE, CURIACE, FLAVIAN
CURIACE
Albe de trois guerriers a-t-elle fait le choix3?
FLAVIAN
Je viens pour vous l'apprendre.
CURIACE
Eh bien, qui4 sont les trois? 410
FLAVIAX
Vos deux frères et vous.
CURIACE
Qui^?
FLAVIAX
Vous et vos deux frères6.
\. Suite d'antithèses très nettes el très fortes.
* Comparer avec des antithèse- plus compliquées et pénibles (v. 235-242).
2. * Ce vers n'a-t-il pas quelque chose de racinien? Cf. 1er vers (TAndromaque.
3. Dans le fait que Curiace interroge le premier Flavian, dans l'interrogation pressante qu'il lui pose ensuite, on sent son avidité d'apprendreet sa secrète ;i ngoisse, trop malheureusement justifiée.
'i. Nous dirions aujourd'hui :
« quels sonl Les trois?» Règle:
Au j~- siècle, l'adjectif-pronom interrogatif qui s'employait dans des cas ou nous motions de préfé-
rence quel ou lequel. Cf. Bouleau, Sat., V, v. 30 :
Entre tant d'animaux qui (= quels)
[sont ceux qu'on estime ?
Cf. Ckouzet..., Gr. Fr., § 128.
5. Curiace craint d'avoir hien entendu: aussi fait-il répéter Flavian.
6. Voltaire trouve avec raison que cette répétition n'est pas une battologie (répétition inutile d'un même mot, du nom de Battos, roi bègue), mais qu'elle est sublime par la situation. Il ajoute que c'est la première scène au théâtre où un simple messager ait un effet tragique en croyant apporter des nouvelles ordinaires.
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