‹ Hors du joug allemand, mésures d'après-guerreChapitre 28 sur 69 · LE PLAN ALLEMAND · texte numérisé non relu

LE PLAN ALLEMAND

Ce plan considérait la coopération de l'Italie, en vertu de la Triplice, comme assurée. En même temps que les armées allemandes, pénétrant chez nous à toute vitesse, principalement par le Nord et accessoirement par l'Est, se dirigeraient vers Paris en masses bous-culantes, occuperaient la vallée de l'Oise et celle de la Marne, en même temps que la flotte allemande attaquerait Cherbourg et préparerait un débarquement dans le Gotentin, l'armée italienne, forçant Nice, envahirait la vallée du Rhône. Il s'agissait donc :

vDe jalonner le nord et l'est de la France, — principalement la vallée de l'Oise, — à l'aide de forteresses industrielles ou d'établissements agricoles, constituant à la fois des centres de ravitaillement et des points d'appui stratégiques.

2" De préparer à l'avance le siège de nos villes fortifiées du nord et de l'est, notamment les emplacements solides, indispensables à l'artillerie lourde allemande.

3* De repérer, sur notre sol, les accidents naturels, grottes, champignonnières, fondrières, tourbières, susceptibles de fair€ obstacle aux armées allemandes ou d'être utilisés par elle.

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4* De créer des enclaves allemandes et d'autres forteresses industrielles sur le littoral normand et en Normandie.

5° De procéder de même pour la vallée du Rhône et le littoral, de Toulon à Nice.

6'* De préparer, à Paris même et dans la petite et grande banlieue, un réduit allemand susceptible de coopérer à une attaque brusquée de la capitale, conçue selon les indications du général von Sauer, le célèbre théoricien de « l'arrachement )), en matière de camp retranché.

Ce schéma comportait en outre un certain nombre de perfectionnements, entre autres l'évaluation des contributions de guerre applicables à chaque ville occupée. On sait qu'en 1870 les Allemands avaient eu sur ce point de graves mécomptes, tenant à l'évaluation inexacte des ressources des pays envahis. Ils prétendaient cette fois procéder à coup sûr, d'après un cadastre à eux. Les agences de renseignements commerciaux et les maisons à succursales multiples devaient leur être, là aussi, d'un grand secours.

J'insiste sur ce fait qu'un pareil plan exigeait la subordination des intérêts financiers, industriels et commerciaux aux intérêts militaires. Il commandait notamment de maintenir, coûte que coûte, des installations même dispendieuses, même ruineuses, du moment qu'elles présentaient un intérêt stratégique et technique de

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