‹ Hors du joug allemand, mésures d'après-guerreChapitre 35 sur 69 · DIÉLETTE · texte numérisé non relu

DIÉLETTE

niture de minerai de fer (livraison annuelle de 100 000 tonnes). »

[Je ferai remarquer ici que la mine de Jurques a été concédée à la Société dite (.< française » des Mines de Fer, du groupe de Poorter. Ce de Poorler, armateur hollandais, n'est là-dedans que l'intermédiaire de Krupp^]

« 2" Le groupe Phônix, Hôsch et Haspe possède les mines de fer de Buly (4o2 hectares), de Mallot(43o hectares) et de Saint-André (389 hectares).

(( La Gutehoffnungs Hutte de Oberhausen est propriétaire des mines deBarhery(425 hectares).

« D'une façon générale, on peut dire que l'industrie sidérurgique allemande possède dans l'ouest de la France, 1819 hectares de mines de fer et y participe à 3 333 hectares. Mais ces mines, à cause de leur situation géographique, n'auront jamais pour l'industrie allemande la même importance que le bassin de Briey. »

Chose curieuse, le Berliner Tagehlatt énumère cursivement les principales concessions allemandes de Normandie, mais il le fait avec une sécheresse voulue et une grande sobriété de

I. Cette société est portée ainsi à l'annuaire des valeurs admises à la cote, publié par la Chambre syndicale des Agents de change (année 191 4, pages 2o38 et 2089) : Société française des Mines de Fer, administrateurs : M. le comte de Terves, président; Jos. de Poorter, Van der Schriek, Leblond, Lautier. Siège social, 9, square Moncey, Paris.

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détails. Sans doute l'Allemagne n'a-t-elle pas perdu tout espoir de recouvrer, après la guerre, grâce aux déguisements de sociétés et procédés de substitutions qui lui sont familiers, quelquesunes de ses enclaves en terre française. Il lui semble dur de renoncer aux millions de tonnes de minerai de fer que lui promettaient, pour ses usines métallurgiques, le sous-sol de la Normandie, puis celui de la Bretagne, puis celui de l'Anjou. D'autant plus que la guerre actuelle épuise complètement ses réserves et qu'on peut se demander oii nos voisins de l'Est, après la paix, se procureront le métal nécessaire à leur industrie. Entre tous les problèmes qui se dressent à l'horizon enflammé, il n'en est pas pour l'Allemagne de plus redoutable que celui-là.

Cherbourg et Gaen l'ont échappé belle. La première, par les escales de la Hamburg Amerika et du Norddeatscher Lloyd, se germanisait chaque année davantage. La seconde se préparait à devenir industriellement une succursale des usines Thyssen. La grande guerre de 191 4 aura été, pour la Normandie, à la fois une déhvrance et une terrible leçon. Plus on accorde à un monstre de voracité tel que l'empire allemand, plus il exige. J'ai, de longue date, la conviction que cette conquête progressive de la Normandie par les sujets du Kaiser fût devenue, d'ici peu, un casus hellL

DE r.YO\ A TOULON ET \ NICE. 19*

L INVASION ALLEMA:NDE dans la VALLEE DU RHÔNE ET DE TOULON A NICE

Depuis une quinzaine d'années, les Allemands foisonnaient à Lyon et dans la banlieue de Lyon, dans la vallée du Rhône, en Languedoc et sur le littoral méditerranéen, de Toulon à Nice, d'où leur présence chassait les Anglais. L'afîaire du traître UUmo ne paraît cependant pas avoir ouvert les yeux aux autorités locales et la déclaration de guerre de l'Allemagne à la France, en les forçant à prendre des mesures tardives, fut pour beaucoup la révélation d'un mal qu'elles ne voulaient absolument pas soupçonner. Comme sur tous les points de notre pays où ils s'étaient fortement implantés, les Allemands avaient contracté là des relations d'intérêt et de voisinage qui leur furent jusqu'au bout d'un puissant secours, soit que l'autochtone continuât à nier le danger, soit que, l'ayant reconnu, il répugnât à le dénoncer in extremis. J'ai reçu à ce sujet, notamment de la région de Cannes, des monceaux de plaintes, émanant de patriotes exaspérés, et qui n'étaient certes pas injustifiées. Peu à peu cependant, les choses se sont tassées, les séquestres se sont abattus lentement et sûrement sur presque tous les indésirables et les suspects. Ceux d'entre les

iga HORS DU JOUG ALLEMAND.

Allemands et Autrichiens naturalisés qui ont glissé à travers les mailles du fdet n'en sont pas moins trop surveillés désormais pour pouvoir nuire. Mais il est vraisemblable, quand on envisage l'ensemble des faits et la multiplicité de ces petits scandales, que la mobilisation, escomptée à tort, de l'Italie eût trouvé, dans ces parages, de sérieux appuis. Un grand nombre d'établissements et d'agents allemands avaient en efiet préparé les voies avec une minutieuse sollicitude.

Pour la ville de Lyon elle-même, que sa puissante, diverse et florissante industrie désignait particulièrement aux convoitises allemandes, j'ai le précieux témoignage de son maire, notre distingué confrère M. Herriot, qui m'écrivait à la date du 3o octobre dernier :

Je viens de lire, dans l'Action française du 24 octobre, votre article sur les naturalisés. Nous avons eu beaucoup à nous méfier, en effet, au cours de la mobilisation, de certains néo-français et surtout de personnages en instance de naturalisation. Dans notre région, les autorités militaires et civiles, agissant en plein accord, ont fait tout le nécessaire pour qu'ils fussent hors d'état de nuire. La surveillance est continuée, ainsi qu'il convient, jour par jour.

L'analyse des nombreux séquestres intervenus pour Lyon et la région lyonnaise montre en effet la profondeur de l'infiltration germanique. Les principales firmes de Paris avaient une suc-

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