DE LYON A TOULON ET A NICE
cursale dans la seconde ville de France. C'étaient, ici et là, les mêmes procédés et le même but.
Par ailleurs, notre confrère Marcel Provence, directeur de la vaillante revue des Quatre Dauphins, paiaissant à Aix, menait, lui aussi, depuis plusieurs mois, une campagne d'avant-guerre. Il avait signalé notamment la distillerie Schimmel, aujourd'hui sous séquestre, placée à 3o mètres du pont de l'Aise et à 25 mètres de la gare de Bairême, dont Timportance stratégique eût pu devenir considérable, si la Triplice avait fonctionné. Ces distillateurs avaient poussé l'arrogance jusqu'à orner d'un casque à pointe la cheminée de leur usine! Ils répondaient ironiquement aux passants indignés que ce casque était (( un motif d'ornementation ». Au moment delà déclaration de guerre, la jeunesse patriote brisa cet emblème ennemi et planta le drapeau tricolore sur la cheminée monumentale de l'usine. Mais les distillateurs locaux n'en sont pas moins ruinés et les cyprès abattus par centaines. Car il est très remarquable de constater avec quelle méthode l'industrie allemande se Uvrait en France au saccage des arbres, qui sont une des parures, des richesses et des sauvegardes naturelles de notre pays. En Corse, les Allemands massacraient les châtaigniers. J'ai été le premier dans la presse à signaler les dévastations forestières du Badois Himmelsbach , lequel encombrait en outre inten-
tionnellement de ses traverses nos quais et débarcadères militaires.
Une grande partie des enfants de Barcelonnette, la plus riche, la plus écoutée, habite les villes du Mexique, où elle fait le commerce des nouveautés et du fer. Aussi, vers le commencement d'août, les journaux de Mexico, grâce au Wolffbureau, annonçaient-ils que Digne était en flammes, que les cités bas-alpines brûlaient et que le département était envahi par les Italiens I Les Allemands comptaient ainsi décourager les mobilisés originaires du Mexique, les « Barcelonnettes », comme on les appelle là-bas, qui, songeant à leurs maisons natales incendiées, à leurs champs dévastés, eussent pu trouver vain de venir se battre en France. Mais ils avaient compté sans le patriotisme de nos gavots, qui percèrent aisément ces mensonges. Pas un des mobilisés du Mexique n'a manqué à l'appel de la France.
On pouvait Hre récemment, dans les journaux du Midi, une note fort intéressante, concernant l'usine de Saint-Jean du Gard, laquelle commande les avenues conduisant de la plaine du Languedoc vers le Plateau Central. Cette position est d'autant plus importante qu'elle est tête de ligne du chemin de fer de Nîmes. En visitant l'usine de Saint-Jean du Gard, où les Allemands fabriquaient de l'extrait de châtaigniers, on a