ET COMMERCIAUX
11 me semble qu'après la guerre, la suppression pure et simple des agences étrangères de
aa8 HORS DU JOUG ALLEMAND.
renseignements du type Schimmelpfeng s'impose absolument. La preuve est faite que ces agences ne sont que des entreprises d'espionnage. On pouvait s'en douter. Ce serait la dernière des folies que de ne pas trancher le mal dans sa racine. Chassées de chez nous, la Schimmelpfeng et ses similaires essaieront de revenir, sous un faux nom, sous le couvert suisse, américain ou hollandais. Mais une agence de renseignements ne saurait se formaliser de ce qu'on se renseigne sur son compte. De même qu'on fait des cours aux officiers de police sur les ruses en usage chez les malandrins, de même on devra enseigner aux commissaires spéciaux de la Sûreté les quelques supercheries courantes par lesquelles une firme allemande ou autrichienne dissimule sa véritable origine. Ainsi évitera-t-on des alertes désagréables de la dernière heure. Il y a toute une école de subterfuges semi légaux à l'usage des firmes commerciales cherchant à tromper sur leur nationalité véritable. Mais ces subterfuges ne tiennent pas un quart d'heure devant un examen attentif des livres, de la comptabilité et des apports financiers désignés , le plus souvent, sous le nom de « participations )). La méthode allemande consiste à introduire sournoisement et en bloc ces « participations » dans un coin du bilan annuel. Une fois qu'on connaît le mécanisme, rien de plus simple que de le mettre à nu.
MESURES DAPRès-GlTERRE. aag
Je me suis longtemps demandé comment les industriels, commerçants et quelquefois simples particuliers se prêtaient bénévolement et sans méfiance aux questionnaires de la Schimmelpfeng et des institutions analogues. Ces agences tablent sur le désir très honorable de leurs victimes de prouver « qu'elles n'ont rien à cacher ». En dehors même de sa besogne d'espionnage, la Schimmelpjeng a ainsi ruiné pas mal de maisons jadis prospères, — qui avaient eu le tort de se fier à ses prospectus, — en favorisant de toutes ses forces la concurrence allemande faite à ces maisons.
Du même coup, il y aurait heu de re viser avec soin la distribution de ce titre de (( conseiller du commerce extérieur », octroyé à tort et à travers aux gens les plus suspects et qui leur permettait ensuite de jeter de la poudre aux yeux. Tous les directeurs de l'agence Schimmelpfeng ont été successivement « conseillers du commerce extérieur ». Il y a là une certaine ironie, car ils conseillaient, en effet, le commerce allemand.