SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES MINES DE FER
Peut être considérée comme une des plus puissantes du bassin minier de la Normandie auquel le public commence à s'intéresser et où elle s'est assuré quatre concessions : Jurques, Bourberouge, Mortain et Ondefontaine, d'une superficie totale de 3 7 1 1 hectares ; exploite en outre la mine de Marouania, située en Algérie, près de Bône.
A été constituée en décembre 1908 par une maison Jos. de Poorter, de Rotterdam, universellement connue dans le monde entier.
Capital : 5 000000 de francs, dont i million d'apports; ceux-ci sont représentés par Marouania, laquelle donne tous les ans plus de Sooooo francs de bénéfices.
Trois années ont été consacrées à la mise en exploitation des Mines normandes et les dépenses faites sont considérables :
I 200000 francs environ à Jurques;
I 400000 francs environ à Bourberouge; 400000 francs environ à Mortain.
Les installations peuvent d'ailleurs être considérées comme un modèle du genre.
La période d'installation touche à sa fin et celle de la production est commencée.
A Jurques, i 5ooooo tonnes de minerai sont en vue et la mine produira 100 000 tonnes en 191 2.
A Bourberouge, le tonnage est évalué à 5ooooooo de
HIER ET AUJOURD HUI. aSg
tonnes au minimum et est probablement beaucoup plus élevé; la production en 191 2 atteindra 76000 tonnes.
Mortain, dont le tonnage vaut celui de Bourberouge, sera sur le pied de 1 25 000 tonnes à la fin de l'année.
Quant à Ondefontaine, son installation commencera dès que les formalités administratives de son acquisition seront terminées.
Ces chiffres eux-mêmes sont ceux de début et il faut prévoir que la production de Bourberouge et de Mortain sera rapidement poussée à trois cent mille tonnes pour chacune de ces mines sans compter celle d'Ondefontaine.
En résumé, il s'agit d'une affaire très sérieusement établie et gérée qui a devant elle des perspectives d'avenir considérables; la création de hauts fourneaux en Normandie, décidée à Gaen, projetée à Granville, prouve à l'évidence l'importance des gisements miniers de Normandie dont certains avaient douté jusqu'ici ; nous ne dirons pas qu'elle leur assure un débouché, car celui-ci est largement ouvert par la proximité de la mer et l'exportation. On a comparé la Société française des Mines de fer aux affaires de charbonnages du Nord et du Pas-de-Calais qui ont donné la fortune à ceux qui s'y sont intéressés à l'origine; sans aller jusque-là, on peut dire qu'à raison de l'accroissement prodigieux des emplois du fer, l'avenir appartient aux entreprises qui se sont assuré des concessions importantes et qui sont placées dans les conditions économiques nécessaires pour les exploiter.
L'action est l'objet de demandes suivies au cours de i56 francs.
En somme, les Allemands, dans ces affaires de mines normandes, comme dans toutes leurs
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autres affaires de pénétration en France, tablaient sur deux éléments :
i** L'appât du gain, la cupidité pure et simple des gogos ;
2° L'ignorance et l'aveuglement des pouvoirs publics.
Il est intéressant de constater qu'ils avaient soin d'introduire dans leurs conseils d'administration, à côté de députés, de sénateurs, de publicistes influents, des conservateurs ou libéraux, voire de simples salonnards, considérés comme appâte-nigauds et comme paravents à la fois. Il y aurait une étude spéciale à faite, après la guerre, sur ces deux catégories d'embochés, que mes révélations de l Avant-Guerre eurent naturellement le don de mettre hors d'eux. En attaquant les maisons allemandes établies éû France afin d'espionnage, enlevant le masque de celles qui se présentaient comme « bien françaises )) ou (( suisses » ou « franco-suisses » ou philanthropico suisses, je retirais à ces nécessiteux le pain de la bouche ou plutôt le jeton de la poche.
Gomme exemple de naïveté, du côté français, je citerai textuellement, et sans un seul mot de commentaires, un bout de dialogue tiré de l'Assemblée générale extraordinaire du 3 1 janvier 1 9 1 4 des Hauts Fourneaux et Aciéries de Caen, qui étaient une des tentatives de la mainmise de Thyssen sur la Normandie. Les amateurs trouveront ce
HIER Et AUJOURD HUI. âôl
texte caractéristique à la page 21 du compte rendu publié chez Gadot-Kugelmann, 12, rue de la Grange-Batelière à Paris :
(( L'actionnaire. — Ce sur quoi il importe d'insister, c'est la première critique dirigée contre cette affaire, dont j'ai, d'ailleurs, toujours été partisan, alors même que je n'étais pas actionnaire. On a dit qu'il s'agissait là d'une affaire allemande. Messieurs Thyssen ont montré beaucoup de bonne volonté en réduisant leur participation à 25 p. 100 dans l'affaire des Hauts Fourneaux. Mais, lors d'une augmentation du capital, si les actionnaires français ne souscrivent pas suffisamment, ne pourrait-on dire que c'est la firme Thyssen qui arrivera à former ce capital, de sorte que, tout en ayant réduit ses prétentions à 35 p. 100, elle possédera finalement la majorité des actions P
(( M. le Président. — La question est un peu délicate et vous me permettrez sans doute de dire que ce n'est peut-être pas le lieu pour exposer de telles négociations dans tous leurs détails. Je suis, sur cette question, en complète communauté de vues et d'intentions avec mes collègues. Messieurs Thyssen. »
De semblables citations pourraient être multipliées presque à l'infinie
I. Seuls, dans la presse parisienne, MM. Louis Bnineau, auteur de V Allemagne en Franccy — chef-d'œuvre de bonne tài