‹ Hors du scepticismeChapitre 3 sur 60 · PREFACE IH · texte numérisé non relu

PREFACE IH

son autonomie ? Ou bien, au contraire, ce système de réglementation n'est-il que l'ébauche d'une société savamment ordonnée, dans laquelle l'individu jouira de tout le bonheur imaginable sans liberté?

Cette dernière solution ne sera point au gré du sceptique. Pour le sceptique, à qui toute autorité est suspecte, il^ n'existe qu'un état réellement individualiste, la lilDerté, et qu'un régime de liberté, celui du droit.

Quelque méthode que doive appliquer le temps présent pour résoudre les problèmes immédiats de l'ordre social, — le choix d'une méthode est incontestablement subordonné et à l'urgence des besoins et aux moyens d'y satisfaire, — ■ la fin théorique du scepticisme sera le régime du droit pur.

Le positivisme humanitaire, en éteignant chez l'individu le sentiment de son propre droit, a éteint du même coup le respect du droit d'autrui. Dans le conflit de la conscience et de la société il faut que l'individu retrouve la claire vision de son droit.

Que la rigueur du droit s'atténue un jour et s'efface dans \ une société fraternelle, c'est, j'imagine, le vœu de tous les individualistes ; mais une société fraternelle ne peut-être conçue que comme une société d'hommes sincèrement respectueux de toute individualité ; c'est sur le sens du droit que la fraternité repose. \

Peut-être n'est-ce point une tâche inutile de retracer, puisqu'elle s'oublie si vite, la définition du droit individuel. On gagne toujours quelque chose à s'élever au-dessus des débats dont l'heure qui passe est troublée.

En toute chose, petite ou grande, il faut penser en philosophe, agir par principes. La politique doit être une philosophie en action.

Le droit est l'instrument de l'action; l'action, la matière de la vie ; l'action, c'est-à-dire l'idéal, qui l'anime et la gouverne. L'idéal, sans lequel ni la vie ne vaut d'être vécue, ni la société n'aura la force de se maintenir, est l'œuvre de la conscience ; point d'idéal sans liberté. Voilà la raison définitive et du droit et de la liberté. On ne doit voir

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