‹ Hortense Allart de Méritens dans ses rapportsChapitre 10 sur 28 · HORTENSE DÉRANGER, CHATEAUBRIAND ET LAMENNAIS · texte numérisé non relu

HORTENSE DÉRANGER, CHATEAUBRIAND ET LAMENNAIS

I. — Lamennais et les femmes. — Une lettre inédite de George Sand. — Pour voir Rachel. — Béranger et Lamennais se rencontrent chez Hortense Allart. — Le Conservateur de 1818. — Lamennais y collabore avec Chateaubrand. — Leur séparation momentanée. — Ils se rapprochent après la publication des Paroles d'an croyant. — Une lettre inédite de Chateaubriand à ce sujet. — Caractère de l'amitié de Béranger pour Lamennais. — Le chansonnier dissuade le prêtre de rompre avec l'Eglise. — - L'encyclique Singiilari nos. — Lettre inédite de Lamennais à Elie de Kertanguy à l'occasion de cette encyclique. — L'abbé Gerbet s'éloigne de lui. — Lamennais fonde le journal le Monde et s'y ruine. — Opinion de Béranger sur ses rapports avec Liszt et George Sand. — Lamennais chez Mme Clément. — Ses démêlés avec la police. — Chateaubriand lui offre un asile. — Lamennais à Sainte-Pélagie. — Béranger et Chateauljriand vont l'y visiter.

II. — Béranger à Passy. — Ce qu'écrivait Sainte-Beuve de ses entretiens avec Chateaubriand et Lamennais. — Cause de l'ennui de Chateaubriand, d'après Béranger. — Un mot de Talleyrand sur l'auteur des Mémoires d' Outre-tombe. — Le droit à la propriété d'après Pierre Leroux. — Ce que M. Thiers disait de Béranger. — Comme quoi les vœux de Chateaubriand et de Lamennais ne furent pas exaucés. — L'impénitence finale de l'auteur des Paroles dhin croyant. — Sa mort jugée par Béranger et Hortense Allart.

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Lamennais a fréquenté beaucoup de femmes dans sa vie, et de fort jeunes et de très belles; mais quelles qu'aient été leur séduction ou la facilité de leurs mœurs, aucune d'elles n'eut de prise sur sa vertu. Il ressemblait à la cigale d'Anacréon qui n'a ni chair ni sang et chante au haut des arbres. Vivant de l'idée et pour l'idée, il imposait le respect à tous, et, de même que les Messieurs de Port-Royal bravaient impunément la médisance dans leurs rapports avec les belles pécheresses du grand monde, de même Lamennais eut cette fortune qu'il ne vint jamais à l'esprit de personne de suspecter ses mœurs. Il faut dire aussi qu'il était d'une grande circonspection à cet égard : il évitait soigneusement de se produire en public avec les femmes de bonne ou mauvaise vie qu'il connaissait.

Au plus fort de ses relations avec George Sand, — et Dieu sait si Déranger les désapprouvait (i) ! — nous le voyons hésiter à aller entendre Rachel à la Comédie-Française, de peur que sa présence en cet endroit ne donnât lieu à des suppositions malséantes. George Sand lui écrit :

(i) Il écrivait à M""^ Lemaire, le 36 février 1887, à propos de la collaboration de Lamennais au Monde :

« ... Je crains qu'on n'ait spéculé sur ce brave Lamennais, qui finira par être la dupe de plus d'une façon. Quelle rage a-t-on de l'associer dans une feuille publique à George Sand ! Oh! amour du bruit!...» {Corresp. de Béranger, t. III, p. 6.)

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