HORTENSE DE B E A U II A R N A 1 S
plafond, par Romanelli. Là, sont réunies les statues des divinités champêtres : le Faune au repos, le Tireur (Tépine, Vénus sortant de Vonde. Dans la seconde salle, dite des Hommes illustres, se trouvent le Philosophe (qui, découvert en 1701, à Civita-Lavinia, passa d'abord pour 7^énon),Démosîhène, Jra/'an,etc. Viennent, ensuite, la salle des Romains avec Auguste revêtu de la toge, la Prêtresse d'Isis, dite la Vestale du Capitole, le fameux Antinous du Capitole; et la salle de Laocoon où, avec le célèbre groupe en marbre du Laocoon, sont exposés la statue dite à^Adonis, le Discobole au repos et le Discobole dans l'action de lancer le disque, F Amazone, etc.. Voici, maintenant, la salle des Muses, puis celle d'Apollon, où, entouré des statues de Junon, de Mars, de la Vénus du Capitole, de la Vénus d'Arles, trône l'admirable Apollon-Pythien, dit r Apollon du Belvédère. Une inscription manque au socle de cette statue, Vien, membre du conseil du Musée, la présente à Bonaparte qui la pose à la place voulue. Les applaudissements éclatent, des vers sont récités et l'on félicite
vivement Foubert d'avoir improvisé cette cérémonie intime.
Mademoiselle de Beauharnais semble passer, dans la vie, comme à travers une fête perpétuelle. Quelle est la jeune fille qui ne l'envierait pas à cet instant? qui ne souhaiterait son existence si facile et à la fois si brillante? Hélas I si l'on pouvait deviner ce que le destin lui prépare dans l'ombre, sans doute son sort ferait moins de jaloux.
Nivôse approche, le théâtre de la République et des Arts est à la veille de donner une audition à laquelle tout Paris s'intéresse, et destinée à marquer dans les fastes de la musique. Il s'agit de faire entendre la Création du Monde, oratorio d'Haydn arrangé, par Steibelt, pour le grand orchestre de l'Opéra, et dont le poème, traduit de l'allemand, a été « mis en vers français par le citoyen Ségur jeune ».
Au programme figurent les noms de nos plus grands artistes : madame Barbier-Walbonne remplira les personnages de Gabriel et d'Eve, Chéron, ceux de Maphaël et d'Adam;
2'2(j IIORTENSE DE BEAUIIARNAIS.
Garat fera Uriel. Lasuze, Guichard, Candeilles, Kalkbrenner, dirigeront les chœurs et « le citojen Steibelt tiendra le piano pour conduire l'oratorio » .
Le concert, fixé au 3 nivôse, veille de Noël, commencera à huit heures du soir.
Mademoiselle de Beauharnais, comme bie*i on pense, ne saurait suivre d'un œil indifférent tous ces préparatifs qui lui promettent de hautes jouissances artistiques. Aussi, dans la soirée du 3 nivôse, aux Tuileries, attend-elle le moment de partir pour le théâtre avec une vive impatience.
Dans le salon, avec elle, se trouvent madame Bonaparte, madame Murât, Lannes, Bessières, Rapp et l'aide de camp de service Lebrun *, que la musique passionne peut-être moins, mais qui sont, quand même, très désireux d'arriver de bonne heure à cette fête où l'élite de la société parisienne et toutes les beautés à la mode se sont donné rendez-vous.