‹ Hortense de BeauharnaisChapitre 38 sur 54 · Caroline d'Hvenville · texte numérisé non relu

Caroline d'Hvenville

LA toril CONSILAIRE. 237

toute la nation. La proclamation officielle en est faite, à Paris, par un cortège qui, pendant six heures, parcourt l($s quatre coins de la ville et répand la nouvelle à haute voix. Une foule immense l'accompagne et fait suivre, chaque lecture, de bravos frénétiques et des cris mille fois répétés de « Vive la République I Vive Bonaparte I » Le soir, le préfet de police offre un repas de trois cents couverts.

A la même occasion, le ministre des Relations extérieures donne une fête, le 'i9 pluviôse (18 février). « Les femmes qui embellissaient cette réunion, dit la Gazette de France, s'y trouvaient en grand nombre ; les parures y ont été brillantes et d'un goût distingué. »

Le 5 germinal, il y a illumination dans le jardin des Tuileries, où la musique de la Garde donne un très beau concert, et le palais apparaît constellé de lampions multicolores.

Mais rien ne peut lutter avec la magnificence que le ministre de la Guerre déploie en cette occasion : on a construit, dans le jardin du ministère, une galerie de fêtes, soutenue par

seize colonnes de bronze, imitant des canons de 24, timbrées des noms de nos victoires les plus célèbres et ayant, pour chapiteaux, des faisceaux de sabres, de drapeaux et de branches de laurier. Partout sont des attributs de la Guerre et de la Paix, il y a jusqu'à des bombes qui servent de vases à fleurs. « Dans le lointain, lil-on dans le compte rendu que donne le Courrier des Spectacles, on découvrait deux camps : l'un de Français, l'autre d'Arabes, los sentinelles, les tentes, les feux, tout contribuait à l'illusion. La soirée commence par une pelile pièce «pleine d'esprit », composée pour la circonstance par Picard et Andricux, puis « un souper splendide » est servi dans les appartements. « De jeunes ofTiciers, dit le Journal des Débats, avaient été chargés, par le ministre, d'oifrir la main aux dames à mesure qu'elles entraient, ces jeunes guerriers ont su unir la décence et la galanterie. »

Avec les fêtes, l'hiver a ramené, pour mademoiselle de Beauharnais, les mêmes occupations, les mêmes études, coupées, lorsque sa santé

LA COUK CONSULAIRE.

assez délicate n'y met pas d'obstacles, de petits voyages à la Mal maison et à Saint-Germain : « J'ai presque toujours été malade, écrit-elle à une amie, le tems est si vilain que je ne puis quitter mes rhumes... »

Cette année-là, madame Campaii doit faire jouer, par ses élèves, une comédie de sa composition, au moment des Jours Gras : « Je vous demande positivement de venir le jour où nous jouerons, lit-on dans une de ses lettres à Ilortense, il faudra prévenir le Premier Consul, lui dire que cela me fera grand plaisir, pour qu'au dernier moment il ne s'y refuse pas ; vous devez juger que votre présence et votre suffrage, pour une petite troupe dont vous avez fait nombre et pour une production de votre institutrice, est absolument nécessaire à mon amour-propre... Lolotte* a un petit rôle qu'elle joue à merveille, mais la petite Isabey -^ et elle ne pouvaient jamais retenir le mot de réplique. Pour obvier à cet inconvénient, je les fais tenir

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