‹ Hortense de Blengie, comédie-drame en trois actesChapitre 66 sur 76 · ACTE III, SCENE Itt. 8t · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE Itt. 8t

Assez, monsieur.

DUPERRON

Cet amour, il est si dévoué et si soumis maintenant, qu'en vous demandant pardon du mal qu'il vous a fait, il ne vous demanderait pas compte des larmes qu'il vous a fait répandre, des dangers où il a pu vous exposer, du désespoir où il vous a peut être réduite. Enfin...

Enfin, monsieur?

duperron, tombant à ses pieds.

Enfin... il me semble que si vous l'acceptiez, il vous donnerait le bonheur dont je vous ai cxillée... et peutêtre...

Duperron!... (4 près un temps,) Duperron, ce que vous venez de me dire est si étrange, que ma pensée m'échappe, et que je ne sais comment vous répondre. duperron.

Sans doute vous trouvez odieux que je vienne vous demander la récompense de mon crime.

Non, Duperron, l'amour a son excuse dans sa violence. Et peut-être toute autre à ma place et dans la position où je suis, accepterait cet amour et ce nom que vous m'offrez*

duperron.

Oh! faites-le, Hortense, et je vous jure...

Mais, moi... je ne veux tromper personne, ni me venger de personne... cet amour, je le refuse. duperron, se levant.

Ah ! c'est que vous me méprisez et que vous me haïssez maintenant!

Non, mon ami, croyez-moi, je suis sincère. Je sais peut-être mieux que vous ne le pensez, que c'est déjà beaucoup que de ne pas manquer aux lois de l'hon-

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neur... vous les avez suivies en me faisant une destinée que beaucoup de femmes auraient enviée... Je ne vous tendrais pas la main comme je le fais... (Elle lui tend la main.) si je vous haïssais ou si je vous méprisais. Et si vous m'avez fait du mal, jevousle pardonne,

duperron, pressant de ses lèvres la main d'îfortensc.

Que dites-vous?

nORTENSE.

Et ce pardon, je ne vous le fais pas attendre, parce que je ne veux pas que vous puissiez croire que mon ressentiment entre pour rien dans mon refus.

DUPERRON

Quoi? ce refus...

Il ne vient que de moi, et alors même que vous ne m'eussiez pas fait cet aveu, eût été irrévocable comme il le sera toujours.

DUPERRON

Et vous partez?

Je pars.

Et ce désespoir qui vous exile, rien ne peut le consoler?

Duperron, vous avez respecté l'innocence delà jeune fille ; respectez la douleur de la femme qui ne vous reproche rien, mais qui ne veut rien répondre... duperron, avec colère.

Eh bien! je vous vengerai du moins!

Me venger ! de quoi? et de qui?

DUPERRON

Vous avez raison, je suis fou. Mais ce n'est plus l'amant qui vous parle, c'est l'ami 5 c'est moins que cela, c'est l'homme à qui vous avez confié le soin de votre fortune...

Duperron !

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