‹ Hortense de Blengie, comédie-drame en trois actesChapitre 71 sur 76 · ACTE 111, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE 111, SCÈNE V

sortes de choses, la femme seule est coupable; et quelque malheur qui lui en arrive, c'est à elle a en souffrir; elle Ta voulu, tant pis pour elle. Je ne m'enoccupedonc pas...

d'ervillé. Où voulez-vous en venir?

DUPERRON

A vous dire que, cependant, (oui le monde n'a pas cette indulgence, ou plutôt cette fermeté: et qu'il est telle jeune tête exaltée, pleine de sentimens faux et exagérés, qui peut voir dans cette conduite, un oubli de l'honneur, une sécheresse d'âme...

d'ervillé.

Duperron !...

DUPERRON

Ainsi, je craindraisqueees sentimens ne fussenteeux de ma fille, si elle venait à apprendre votre liaison avec Mme de Blengie.

d'ervillé.

Ma liaison avec Mme Je Blengie!... je vous jure, Duperron, que jamais...

duperron, lui prenant la main.

C'est bien, et vous faites votre devoir en niant; mais dispensez-vous de jouer ce rôle, toujours honorable, mais inutile avec moi, je vous en préviens... ïl quitte d'Ervillé, passe de droite à gauche, et va se placer à gauche de la table.

d'ervillé, « part.

Hortense s'est vengée.

duperron, montrant la cassette à d?Ervillè. Voici une cassette renfermant unecorresponce entre vous et Mnie de Blengie... Je suis chargé de vous la remettre, et de vous demander en retour des lettres que vous devez posséder sans doute encore.

d'ervillé, tirant de sa poche une liasse de lettres. Au moment d'un duel, j'avais pensé à cette restitution; voici ces lettres que je comptais confier à d'Auterive.

duperron, quia ouvert la cassette.

Voici les vôtres.

88 H0RTENSE DE BLENG1E.

d'ervillé., très-vivement.

Donnez donc.

DUPERRON

Un moment !... (// fait signe à d'Ervillê de s'asseoir à droite de la table et continve.) Mrae de Blengie, et je comprends sa colère, comme je comprends voire conduite, a droit d'être cruellement blessée.

d'ervillé. Sanstloute, et, en ce cas, les femmes...

DUPERRON

Les femmes qui ont la faiblesse de céder n'ont que ce qu'elles méritent, quand on les abandonne : c'est trop juste; mais vous comprenez qu'elles ne soient pas précisément de cet avis.

d'ervillé.

Assurément, et je pense que Mme de Blengie a dû se plaindre.

Mme de Blengie est une femme d'un caractère fier, résolu, implacable, une femme qui ne se plaint pas, qui n'a pas versé une larme, mais qui a trop de résignation pour que je ne craigne pas une vengeance.

D'EhVILLÉ.

Une vengeance? et laquelle?

DUPERRON

Je l'ignore, mais je la redoute.

d'ervillé.

Ne s'est-elle pas désarmée complètement en vous remettant ces lettres?

duperron, alarmé.

Sans doute... si elle me les a toutes remises.

d'ervillé.

Craignez-vous donc qu'elle en ait conservé quelquesunes?

DUPERRON

Si elle l'avait fait, et si, humiliée aussi cruellement que femme peut l'être, elle les adressait un jour à votre femme, à ma fille ?

d'ervillé.

Ce serait un crime.

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