‹ Hortus deliciarumChapitre 102 sur 157 · Cf Engelhardt, p · texte numérisé non relu

Cf Engelhardt, p

7. Nous donnerons plus tard, pl. LIV, la figure isolée de Simon le magicien, où l’on pourra vérifier la tonsure en bandeau.

8. Nous donnerons également, pl. LIV, la figure de Saul recevant les lettres pour Damas.

Le folio 199 recto présentait d’abord saint Paul allant prêcher l’Évangile aux Gentils, puis venait le deuxième sujet de cette planche, saint Paul baptisant l’Éthiopienne, ou l’Eglise de la Gentilité.

Dans toutes les scènes de baptême de XHortus deliciarum, la personne à baptiser est placée dans une grande cuve de pierre ou de bois1; ici la cuve est de bois; elle est placée au sommet d’une montagne pour symboliser la dignité du caractère chrétien, conféré à la pauvre païenne par le baptême. On remarquera que dans cette scène l’Apôtre saint Paul présente le même type que dans la miniature précédente; comme aussi dans la suivante, c’est la même coupe de figure, avec une mèche de cheveux sur le front et une barbe épaisse descendant en pointe.

La troisième miniature de cette planche est une scène symbolique de grand caractère. C’est l’Eglise, l’épouse mystique du Clrnst, sous les traits d’une reine, présentée par les Apôtres à son divin Epoux, et recevant de lui la couronne royale. Le Christ est une majestueuse figure, il est assis sur un trône et porte une couronne royale avec le nimbe crucifère très orné. De la main droite il impose une couronne à l’Eglise, de la gauche il tient un phylactère. L’Église porte une robe à larges manches et un manteau royal sur lequel flotte sa longue chevelure; elle est debout, s’incline respectueusement pour recevoir la couronne, et tient elle aussi un phylactère. Il est regrettable que les inscriptions de ces banderoles n’aient pas été copiées. Après l’Eglise viennent les Apôtres qui sont au nombre de treize, dont sept entièrement dessinés, tandis que les six autres ne sont indiqués que par le nimbe. Ils sont treize, parce que saint Paul est parmi eux, il est même le premier et présente directement l’Église au Christ, sans doute à cause de son titre d’ Apôtre des Gentils, et parce que les fidèles de la Gentilité étaient plus nombreux que ceux de la circoncision.

Ainsi les Apôtres, qui par leurs prédications, leurs fatigues et leurs souffrances ont formé l’Eglise, ont l’honneur de présenter à leur Maître la réunion de tous les fidèles, sous les traits d’une digne épouse que le Christ se plaît à couronner. Quel magnifique symbolisme*!

PLANCHES XLIII et XLIV. combat des vices et des vertus. — attaque de l’orgueil contre

L’HUMILITÉ, - DE L’IDOLATRIE CONTRE LA FOI — ET DE LA TRISTESSE CONTRE L’ESPÉRANCE.

Le XIIIe et le XIVe siècles nous ont laissé, soit dans les voussures des portails, soit dans les peintures des vitraux ou des murs des églises, de nombreuses représentations des Vertus terrassant les Vices3.

Chaque Vertu est ordinairement figurée comme une reine tenant sous son trident ou sous sa lance le Vice contraire. Ces représentations de personnages isolés ne sont qu’une réduction des grandes scènes figurées dans quelques manuscrits anciens, et inspirées par la Psy chôma chie de Prudence.

Herrade, en particulier, l’a traduite dans son Hortus deliciarum par une série de miniatures d’un grand intérêt et d’une conception aussi hardie qu’ingénieuse. La mise en scène de cette bataille des Vices contre les Vertus, la distribution des groupes, les moyens d’attaque et de défense, les incertitudes du combat, le triomphe final des Vertus, la déroute des Vices, remplissaient dix grandes pages in-folio de son manuscrit et formaient une suite de trente-huit tableaux que nous sommes heureux de pouvoir reproduire complètement d’après les excellents calques de la Bibliothèque Nationale de Paris.

Nous donnerons l’explication de cette série de dix planches deux par deux, parce que dans le manuscrit les Vices étaient généralement figurés sur le verso d’un feuillet, faisant face aux Vertus représentées sur le recto du feuillet suivant, c’est-àdire qu’une scène commencée au haut d’un feuillet verso se continuait au premier rang de la page suivante, comme si ces deux pages n’en formaient qu’une; il faut donc juxtaposer chaque fois deux planches pour considérer à gauche les Vices et à droite les Vertus opposées.

Au feuillet 199 verso du manuscrit commence le combat des Vices et des Vertus par la représentation de l’Orgueil attaquant l’Humilité.

L’Orgueil galope à la tête de ses suivantes armées, pedissequœ, où l’on voit la Luxure, Luxuria ; la Goinfrerie, t'en tris Ingluvies ; l’Avarice, Avaricia; la Tristesse, Tristicia ; la Colère, Ira; l’Envie, Iiwidia; la Vaine Gloire, V ana Gloria. Toutes ont le casque en tête, le corps serré dans une cotte de mailles et la lance au poing4. La lance, comme l’indiquait une inscription du manuscrit, est le sy mbole de l’aiguillon de la tentation, spicula viciorum désignant punctiones temptationum.

C. Peintures murales : Schwarz-Rheindorf (rive droite du Rhin, vis-à-vis de Bonn), église inférieure.

Voir: Rheinlands Baudenkmale des Mittelalters. Erste Sérié. — Eglise de Kerraaria (Côtes-du-Nord, France). Voir: La Peinture décorative en France du XIe au XV1‘ siècle, par P. Gélis-Didot et H. Lafillée.

Peintures et tentures ou tapisseries dans les salles des châteaux. — Violletle-Duc, loco citato.

Voir aussi: Crosnier, Jconographie chrétienne, p. 237 et suiv.

4. Nous ne reviendrons pas ici sur la description du costume militaire, mais nous renvoyons le lecteur au texte de la planche XXXI, page 25.

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