‹ Hortus deliciarumChapitre 141 sur 157 · Increpet Dominas in te. Satan.» Zach. III · texte numérisé non relu

Increpet Dominas in te. Satan.» Zach. III

6. « Auferle vestimenta sordida ab eo. — Ecce absluli a te mquitatem tuam. Zach. III, 4. — Ponile cidarim mundam super caput ejus, et induite eum mulatoriis.» Conf. Zach. LU, 4 — 5.

7. « Vidi et ecce candelabrum aureum tohun et septem lucernœ super illud.» Zach. IV, 2.

8. «Non in exercitu, nec in robore, sed in spiritu meo dicit Dominas.» Zach. IV, 6.

9. « Quis tu, nions magne, coram Zorobabel, ut adverscris ei ?» Conf. Zach. IV, 7. Zorobabel était le chef d’Israël qui, avec le grand-prêtre Jésus, se mit dès le retour de la captivité courageusement à l’œuvre, pour la reconstruction du temple.

10. «Ecce ego anferam iniquitatem universa terra in die una.» Conf. Zach. III, 9.

suivantes: «En cette seule pierre il y a sept yeux, ce sont les sept esprits du Seigneur envoyés sur toute la terre1». — «Cette pierre que Zacharie a contemplée dans sa vision prophétique, et qui avait sept yeux, c’est le Christ qui fut rempli des sept dons de l’Esprit-Saint2. » Les sept dons du Saint-Esprit, Sagesse, Intelligence, Conseil, Force, Science, Piété et Crainte de Dieu, sont encore figurés par des colombes placées dans des gloires, et reliées à la pierre par une traînée de feu qui s’en échappe; chacun des sept yeux semble suivre la direction de la colombe qui y correspond.

A la droite du Christ, mais en dehors de la gloire qui renferme la pierre aux sept yeux, paraît de nouveau le grand-prêtre Jésus, vêtu comme un évêque, chapé et mitré, avec cette inscription : «Jésus le grand-prêtre est la figure du véritable Jésus-Christ glorifié et délivré des embûches de Satan3». A gauche, nous voyons un ange tenant une banderolle, avec ces paroles que le Verbe du Père adresse au grand-pi’être : «Ecoutez, o Jésus, grand-prêtre, vous et vos amis qui sont auprès de vous, parce qu’ils sont destinés à être la figure de l’avenir4 5». Ces derniers mots sont écrits près de trois personnages figurant les prophètes qui sont abrités sous un figuier, et, pour faire pendant, au côté opposé de la miniature, il y a un groupe «d’ Apôtres, véritables branches du Christ». Ceux-ci se trouvent sous un pied de vigne, avec cette inscription (dont les derniers mots sont écrits près du figuier des prophètes) : «En ce jour-là, l’ami appellera son ami sous sa vigne et sous son figuier6», ce qui exprime évidemment la paix dont jouiront les âmes réconciliées avec Dieu par la rédemption du Christ. Mais pour que cette paix soit durable, le peuple réconcilié devra désormais s’abstenir des crimes qui appelleraient la malédiction de Dieu; ces crimes doivent être bannis et relégués dans la terre maudite de Babylone. C’est le sujet de la dernière partie de la vision.

Au bas de la miniature, sous le groupe des apôtres, se trouve le prophète Zacharie en contemplation. «Je vois, dit-il, un livre volant : c’est une malédiction. » Le livre volant est figuré près de là avec une inscription qui est répétée textuellement à côté du livre, sous les pieds du grand-prêtre : «C’est là la malédiction qui va se répandre sur la face de toute la terre ; car tout voleur sera jugé par ce qui est écrit dans ce livre, et quiconque jure faussement sera jugé de même par ce qu’il contient6 » . Au milieu, on voit, couchée dans un vase servant de mesure pour le blé, une femme, sur laquelle un ange laisse tomber une masse de plomb. Le prophète demande : «Qu’est-ce?» — L’ange lui répond : «C’est là l’impiété, et il jeta la femme au fond du vase et en ferma l’entrée avec la masse de plomb7». Selon l’Ecriture, cette femme symbolise surtout l’injustice par fausse mesure, ou l’usure à laquelle le peuple d’Israël était particulièrement adonné. Cette injustice doit être éloignée au plus vite et reléguée en Babylonie. Deux femmes ailées, que l’Abbesse Herrade appelle l 'Hérésie et la Synagogue , sont chargées de ce soin; elles s’emparent du vase et le transportent à tire d’ailes dans la terre de Sennaar ou de Babylone, figurée par deux tours, au pied desquelles croupissent des animaux immondes. Une dernière inscription nous dit : «L’impiété a été emportée à Babylone par deux femmes munies d’ailes semblables à celles du milan, afin qu’on lui bâtisse une maison en la terre de Sennaar, c’est-à-dire de Babylone et de la Confusion, et quelle y soit affermie sur sa base8». En plusieurs passages du Hortus deliciarum, l’abbesse Herrade présente Babylone comme la cité du monde opposée à Jérusalem, la cité de Dieu, comme la réunion des pécheurs opposée à l’assemblée des justes; ici, elle veut nous montrer que les âmes justifiées par la grâce du Christ ne doivent plus avoir rien de commun avec l’impiété.

Nous sommes heureux de pouvoir publier complètement cette grande miniature des visions du prophète Zacharie, perle très précieuse de notre supplément. M. Straub n’en connaissait qu’une faible partie : la pierre avec les sept yeux, qu’il a publiée sur la planche XXV, et dont il a donné une explication, page 19 du texte6.

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