Herrad von Landsperg, p. ni
L’extrait suivant, tiré d’un ouvrage souvent cité par Herrade, accompagne le premier sujet : IN GEMMA ANBIE • Abraham fuit patriarcha ■ hic fguram dei habuit qui filium suum pro nobis ut ille Ysaac obtulit • Aries immolatür et Ysaac evadit, et Caro Christi immolatür divinitas vero illœsa existit. Cette interprétation typologique se retrouve dans tous les anciens commentaires de la Bible. Le bélier figure l’humanité du Christ immolée avec les mérites infinis de la divinité, unie en une même personne : la nature humaine a été sacrifiée comme victime, la divinité n’a pas pu être atteinte par la souffrance et la mort.
Dans la scène de la bénédiction nous ferons remarquer la forme du bois de lit, dont les pieds sont faits au tour, l’oreiller aux coins ornés, le vêtement du vieillard, dont les manches justes sont relevées par des brassards en broderie. L’empeigne des souliers en cuir porte une grève blanche qui en prend toute la longueur chez Jacob, mais s’arrête au-dessus du cou-depied de sa mère1.
Il reste peu d’observations à faire sur l’échelle de Jacob, rarement figurée pendant le moyen âge, et fort naïvement rendue dans le Ilortus deliciarum. La tête nimbée, qui parait au-dessus du dernier échelon, figure Dieu, comme sur une tapisserie contemporaine suspendue au chœur de l’ancienne cathédrale de Halberstadt.
Suivaient sur le feuillet 37 : Joseph vendu par ses frères et Moïse parlant à Dieu dans le buisson ardent.