MASSACRE DU EILS DU ROI ENVOYÉ AUPRÈS DES FERMIERS
Le premier calque, représentant un moissonneur, appartient à la collection de l'Œuvre Notre-Dame; le jeune homme élégamment vêtu et le perclus guéri, tenant encore l'un des deux escabeaux qui protégeaient ses mains, ont été trouvés parmi les papiers de feu M. L. Schneegans. Les trois figures, ainsi que le dernier groupe, une reine suivie d'une jeune dame, ont etc detachees de pages différentes. Tout isolées quelles sont, elles ont encore une valeur incontestable pour l’étude du costume du temps.
La grande scène, figurée dans la moitié inférieure, appartient à la parabole du père de famille, qui a affermé sa vfene et auquel les fermiers non seulement refusent toute redevance, mais dont ils massacrent les envoyés et jusqu’au propre fils1 2 3 4.
D apres mes notes prises en 1860, une première miniature représentait le moment de la location et portait la suscription :
’ , mneam"‘ A g™™* devant le .Roi», les fermiers touchaient respectueusement le manteau du bienveillant père
de famille. 1
Le dessin que nous publions d'après Engelhard!, donne la scène finale, le massacre du fils du roi. C'est avec la planche XI». reproduisant l'assaut de la ville de Dan et la bataille livrée par Josué aux troupes d'Amalec, celle de tout l'ouvrage qu. nous renseigne le mieux sur l’armure des guerriers du XH* siècle. Sans prétendre faire une étude de l'armement
de nos hommes de guerre de cette époque, nous croyons utile d'appeler l'attention sur quelques particularités qu'offrent spé¬
cialement ces deux planches, au point de vue de l’équipement, et des armes d'attaque et de défense. Nous y voyons la double forme du heaume usitee a cette époque, l'une conique avec pointe, légèrement recourbée vers le devant, l'autre presque hémisphérique, fort elevéeh Un nasal fixe protège le visage. Une autre pièce de l'armet parait deux fois sur la planche qui représente les guerriers protégeant le lit de Salomon. C'est la ventaille tenant au bord antérieur du heaume de fer et couvrant tout le visage', excepté les yeux; elle est en outre piquée de trous, pour aider la respiration. La cotte où le haubert de mailles, auquel est attache le eama.l qui enveloppe la tête, ne tombe que jusqu’au genou; il n'est pas seulement fendu derrière et sur le devant jusqu'à la ceinture pour faciliter les mouvements, comme cela parait surtout dans des hauberts anterieurs, mais il se termine en ample caleçon et couvre la partie supérieure des chausses de maille, qui sont
lacees derrière les mollets. La ceinture n'est pas fermée par le moyen d'une boucle. Une extrémité présente deux fentes
horizontales, autre est Avisée en deux lanières, dont on forme un nœud après les avoir fi.it passer par les deux fentes. Le harnais des chevaux est ferme de la même manière. Le bouclier, qui est pris dans un cylindre, a la forme d'un triangle allonge avec angles arrondis dans la partie supérieure; il est de grandes dimensions et peut, s'il est élevé à la hauteur des yeux, couvrir le corps jusqu au-dessous des genoux. L’éperon des cavaliers ne consiste qu'en une sorte de petit dard Le, seules armes offensives qu, paraissent dans le manuscrit sont la lance, les flèches et l'épée. Celle-ci, très-grande a la pointe arrondie et porte généralement une cannelure au milieu. Deux sont marquées d'une inscription, que l'état des calques ne
um1™™ ”eUSem“nt pas de préciser dW manièr0 amhc"tiflue' Nous avons déjà mentionné, sous toutes réserves, le mot ROVNVS grave sur lepee de l'un des satellites d'Hérode (Planche XXVII). L'épée que brandit le guerrier de »auche de
notre représentation porte un autre mot tout aussi difficile à déterminer; je propose de lire OROC. Engelhardt’ou plutôt
son graveur y a vu OPOC, dont d'autres ont fait OPOL. Le carquois ou la trousse, dont nous verrons Z échantillon dans le char de la Volupté, est dune forme singulière; on l’a comparé à une botte à chaudron sans pied.
Notons encore les pennons qui paraissent sur la planche XI». L'une est sans queue comme lés bannières- les autres
sont a deux ou à cinq queues.
PLANCHE XXXII. Jésus guérit un AVEUGLE. -
LE CHRIST DE LA TRANSFIGURATION. — UNE SCÈNE DE LA GUÉRISON DU PARALYTIQUE.
Le premier dessin n’est qu'un fragment d'une grande miniature, ainsi que le second, emprunté au tableau de la trans figuration du Sauveur. Ils sont suffisamment expliqués par le titre de la planche. Nous donnerons cependant quelque attention a aureole, qui est composée de seize rayons sans former roue. Cette disposition très-rare chez nous, mais fréquente en Orient est une nouvelle marque de l’influence byzantine, déjà trahie par le geste de la bénédiction*.
Le troisième calque, tiré des archives de l’OEuvre Notre-Dame, appartient à la série des miracles du Sauveur et fi=ure e paralytique que Ion descendit de la toiture, parce que la foule empêchait de le porter dans la salle où se trouvait Jésus (Luc. V, 18, 19).