JÉSUS APPARAIT AUX SAINTES FEMMES
La première miniature est une des plus anciennes représentations de Notre-Dame de Piété, que ' les siècles suivants, notamment le XVe, ont ti'aitée avec une prédilection et un succès marquants. Il paraît certain que nous avons sous les yeux une imitation d’un de ces canons grecs, qui ont longtemps servi de règle aux anciens peintres. Dans le guide de la peinture du mot Athos, cette scène est intitulée 6 éraraçtoç 2rpî\vo-, complainte de la sépulture, et décrite avec plusieurs détails exactement figurés sur notre dessin, comme la pose de Jean, qui baise la main du Sauveur. Sans aucun doute, en peignant ce sujet sur les murs de l'église de Saint-François à Assise, Cimabué a puisé aux mêmes sources, comme le prouve l’ordonnance du groupe, qu’on reconnaît du premier coup d’œil dans le nôtre7.
La deuxième miniature emprunte un intérêt spécial à divers détails de costume, tels que les chaussures des saintes femmes, la coiffure rayée quelles portent sous le voile et que nous avons pu observer plusieurs fois. Comme le prescrivait un antique usage, tant pour la réception que pour l’offrande d’un objet, leurs mains sont couvertes du manteau qui voile les vases de parfums8. Ainsi que dans la miniature supérieure de la planche suivante, le Christ fait le geste de la bénédiction grecque, qui n’est ici probablement 'que le signe de la pai'ole.
1. Notre miniature porte sous la tombe d’Adam l’inscription: Ihcronomus refert, qitod Adam scpultus fuerit in Calvarie loco, ubi crucifixus est dominas.
2. D’autres monuments représentent le premier homme se dressant dans la tombe et levant les mains vers la croix, comme la miniature du sacramentaire de Metz, du IXe siècle (Mélanges areb., Ire série. II, p. 52), la croix de Clairmarais, du XIIIe siècle (Annales archéol. XIV, 288), celle d’Ahetze, du XV® siècle,
(Ibid. XV, p. 199), et à Chartres et à Beauvais on voit dans les vitraux Adam, élevant une coupe pour recueillir le sang du Rédempteur.