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avancé des transformistes, prétend être germé du sol où le sang d’Ajax fut répandu.
Le cyanure de la Dauphinelle bleue produit par le sang et le fer d'Ajax ; Ferrocyanure ! On dirait qu’Ovide a connu la chimie.
Mais Bernardin ajoute : la poussière des ailes de ce papillon est très nuisible aux yeux.
J’ai sous le microscope, traité cette poussière avec des réactifs qui ont signalé un alcaloïde végétal; donc comme l’Atropine, laStrychine, etc., ce qui n’est pas plus merveilleux que les Cicindèles sécrètent la Triéthylphosphine, ou que les cantharides produisent la cantharidine, voisine de la digitaline.
Si je me pose en sceptique contre ces tentatives, de trouver un rapport entre la décoration de la Tête de-Mort et sa manière d’existpce, je connais fort bien la méthode dont je me suis déjà servi.
D’abord je dis : c’est un caprice de la nature sans importance. Soit ! Mais pourquoi pas avouer le droit de caprices, a la Nature qui sait engendrer une race bovine, par la négligence d’un bouvier qui ferme la porte sur la queue d’un taureau. Ou, en admettant le caprice, comme existant, reconnaissons-le aussi dans ce cas : c’est un caprice, mais ce n est pas un miracle qu un insecte accommode son extérieur au milieu ambiant, lorsque le papillon, appelé Feuille-Morte, a pris l’apparence d’une feuille sèche afin de se cacher.
Ce n’est pas un miracle, mais la transformation de la chenille dans la coque, c’est un vrai miracle qui équivaut à la résurrection des morts.
« Ainsi, pendant la phase d’immobilité de nymphe chez les insectes, les tissus de la larve subissent l’histolyse, c’est-à-dire la dégénérescence graisseuse, ou nécrobiose phylogénique. »
Traduisons : la chenille subit le même processus dans la chrysalide que le cadavre dans le tombeau, où il est transformé en une graisse ammoniacale.
Or, nécrobiose signifie mort-vie, et les physiologistes disent : nécrobiose est la forme de la mort qui précède la dégénération caséïque (tuberculisation).
Comment donc, la chenille est morte dans la coque, puisqu’elle est transformée en une masse graisseuse et informe, et elle vit tout de même, et ressuscite dans une forme plus haute, plus libre et plus belle.
Qu’est-ce donc que la vie et la mort. La même chose !
Pensez, si les morts ne sont pas morts, et si l’indestructibilité de l’énergie n’est que l’immortalité !