‹ Hortus MerliniChapitre 4 sur 16 · TROISIÈME LETTRE · texte numérisé non relu

TROISIÈME LETTRE

Réflexions (Pensées)

sur la composition de l’air et de l’eau.

/ « Eau est air condensé. »

Pliî^e.

Il ne t’est certainement jamais venu naturellement à la pensée que des deux milieux dans lesquels prospère la vie animale et végétale, l'un consistait en une combinaison chimique d’oxygène et d’hydrogène, l’autre en un mélange mécanique d’oxygène et d’un nouveau gaz, l’azote? Nous acceptons que la vie animale a pris naissance dans le sein des eaux et s'est élevé à la vie terrestre par le stade amphibie. Et alors les organes de la re.spiration ne devraient-ils pas (par le fait de la composition différente des milieux) montrer une différenciation bien plus grande que le présentent les branchies et les poumons. Ils sont presque de même construction, un assemblage de soufflets, dans lesquels le sang rencontrant l’oxygène s’y oxyde. Nous ne voulons pas consentir que les agissements de la Nature, en formant l’air et l’eau, aient eu égard d’aucune sorte à une vie postérieure animale et végétale ; malgré que la Nature, selon nous, travaille sur les faits acquis sans autre but, nous

pouvons néanmoins être assurés que la composition prétendue de l’air est inexacte, vu les animaux et végétaux adaptés aux deux milieux et étant suflisamtrent fondé que d’habitude la Nature travaille avec une certaine uniformité,

La Nature, en effet, n’a pas, qu’on sache, libre pouvoir d’élection. Elle ne pourrait pas avoir mis les deux éléments air et eau en si intime connexion sans leur avoir donné une constitution ou plus semblable ou plus diamétralement opposée.

Quant à ce qui concerne directement la prétendue composition de l’air, les preuves en sont encore assez barbares et l’étaient plus encore dans le commencement,

Scheele faisait deux expériences. Une fois il prit de la limaille de fer et de la fleur de soufre, les plaça sur une soucoupe, humecta la masse et recouvrit le tout d’un flacon gradué, renversé et reposant dans l’eau. Après un certain temps, il remarqua que 1 eau était montée d’environ un cinquième, par suite, qu’un cinquième de l’air était absorbé. Cette partie du gaz était alors air inflammable ou oxygène et les quatre parties restantes étaient air gâté, déjà connu comme azote.

Critique : La surface d’eau au dessous du gaz emprisonné évapore et l’eau abandonne de ses gaz. L’eau dont étaient humectées les limailles de fer et la fleur de soufre, vaporise aussi. Les limailles de fer sont oxydées par 1 eau et l’hydrogène est

mis en liberté; ces mêmes limailles condensent des gaz; la fleur de soufre renferme souvent de l’acide sulfurique libre; le 1er peut d’abord abandonner de l’hydrogène et aussi, comme il arrive ordinairement, se combiner avec le soufre et former du sulfure de fer et de l’hydrogène sulfuré. Le carbone de fer peut aussi, selon les circonstances, condenser l'azote de l’air et de l’hydrogène et donner dans un cas de l’ammoniaque, dans un autre cas du sulfure ammoniacal Le résultat peut être extrêmement complexe et, en fin de compte, il peut rester du sullate de fer, sel dont l’avidité et l’affinité pour l’oxygène sont connues, et qui est employé comme moyen favori de réduction (est aussi utilisé pour l’absorption de l’oxydulc d’az'ote [?] ).

Expérience I. — Dans une cornue graduée placée au-dessus de l’eau furent introduites limailles de fer et fleur de soufre.

Résultat ; Chasse de 3 grammes d eau, manifestement par expansion des gaz.

Expérience II. — Même essai sous la cloche de verse à compression (?) plus un baromètre. Pendant trois jours, le baromètre n’accusa aucun eflet thermique (?). Au quatrième jour, quand on laissa entrer l’air, le baromètre monta, quoique la température eût fléchi.

A la fin de l’expérience, les limailles tout fraîchement limailléesétaient boursouflées et noires,

mais non oxydées. C’était sans doute du sulfure de fer.

La deuxième expérience de Sclieele avec l’abeille est très pittoresque mais convient mieux à l’installation d’un escamoteur « rien dans les mains, rien dans les poches » qu’à un laboratoire scientifique. Avec de la poix, ii attachait une abeille à un fil d'acier ; l'abeille était ainsi mise aux fers dans la cloche de gaz avec un peu de miel comme nourriture de la prisonnière. Après sept jours (si ma mémoire ne me trompe pas) l’abeille avait consommé l’air vital et les 4/5 restants étaient de l'azote

Critique : le gaz d’eau : les produits d’expiration de l’abeille : 79 °/o azote, 3 à 6 °/o acide carbonique, ammoniaque, etc.

Lavoisier, qui s'attira tout l’honneur de la

découverte, chauffa du mercure dans une cornue

et pesa l’oxyde obtenu qui, dans une cornue d’un litre, doit avoir été très peu important. Puis il chauffa de nouveau l’oxyde de mercure et pesa l’oxygène émis et voilà^ cela concordait — vous entendez bien !

D’après les livres classiques de nos jours, oh combure un morceau de phosphore au-dessus de l'eau dans la cloche de verre; l’o.xygène se combine avec le phosphore eh acide phosphorique anhydre qui précipite et est absorbé par l'eau. Cela est tout aussi naïf, car la combustion peut être interrompue

et l) par les produits de la combustion qui empêchent l’oxydation prolongée, et 3) par l’oxydation même comme par Télévation de température, l’oxygène raréfié n’étant plus propre à la combustion du phosphore et celui-ci s’éteignant finalement avec la chute de la température causée par l’amoindrissement de l’oxydation.

;Du soufre qui brûle sous une cloche de verre est vite éteint, aussi bien par l’acide sulfureux tout d’a.bord émis et -qui a absorbé de l’oxygène pour former de l’acide sulfurique que par la chute simultanée de température).

Des méthodes plus récentes (méthodes gazométriques de Bunzen) ont placé l’air au-dessus du mercure, pour éviter les vapeurs d’eau : mais on a oublié que le mercure aussi vaporise à la température ordinaire et possède la faculté d’absorber des gaz et bien d’autres choses, (Le sulfure de carbone est épuisé par secouement avec du mercure, etc. . . ).

Ayant fait bouillir du mercure dans l’huile de lin, le rnercure qui bouillait d’abord, donna en quantité des bulles de gaz, dont je ne pus effectuer la recherche. L’huile de lin devint claire et limpide et d après cela fut empêchée par le mercure de s’oxyder.

J’ai chauffé aussi du mercure dans l'huile d’œillette. L’huile resta invariable en perdant cependant son odeur (absorption de gaz ou rapt d’hydrogène) ?

Il y a diverses méthodes pour prendre à l’air l’oxygène. Certains font passer l’air sur la limaille de cuivre incandescente. D’autres oxydent du chlorure de cuivre, les consciencieux emploient l’acide . pyrogallique en solution additionnée de potasse. Mais de beaucoup la plus sûre est la méthode de Bunzen , pour déterminer quantitativement l’oxygène de l’air. On sait qu’elle consiste à faire passer dans le tube de l’Eudiomètre une quantité déterminée d’hydrogène, telle que sous l’excitation de l’étincelle électrique elle forme une certaine quantité d’eau. Sur quoi on fixe la quantité d’oxygène qui a été nécessaire pour la formation de l’eau. Cependant cette quantité d’oxygène devrait, ce me^semble, être connue, a priori, pour servir à la détermination de la quantité fixe d’hydrogène. Par ailleurs, cela s’appelle une pétition de principe. Ajoutons qu’on lit la diminution de volume sur la graduation du tube-Corrections : les gaz ont pris sous l’effet de l’explosion et par ' échauffement d’autres consistances se traduisant dans le volume. Le mercure a émis des vapeurs ou en a absorbé; l’eau vaporise aussi et si la quantité d’hydrogène n’est pas en exacte proportion ou n’a pas été exactement mesurée, il restera un surplus soit d’ydrogène, soit d’oxygène, même d’ammoniaque, comme en témoigne l’ammoniaque de l’air due aux décharges électriques (en présence d’un alcali ?)

C’est assez : Que l’air contienne un gaz comburant, l’oxygène, cela ressort de toutes ces expériences et n’est pas rnis en doute ; mais que le gaz qui reste soit azote, peut être soumis à critique et à nouvel examen.

Qu’est ce que l'azote ? A quoi se fait-il reconnaître? Quel goût, quelle odeur, quel aspect a-t-il? Comment réagit-il dans les actions chimiques?

Malheur ! L’azote n’est quasi défini que par une négation. On nomme azotç ce qui reste de l’air après le départ de l’oxygène. L’azote est l’air moins l’oxygène. On le reconnaît par cela que (sans être positivement poison), il ne peut entretenir ni la combustion, ni la respiration (Combien de gaz en sont là!) 11 n’a aucun goût, aucune odeur, aucune couleur (tout comme l’oxygène et 1 hydrogène), n’intervient pas directement dans les réactions chimiques et se montre d’une grande indifférence (peut spontanément s’allier au fer et au cuivre et se combiner directement avec le carbone, la silice et le bore, et ce n’est pas là certes’ un simple mélange).

Si l’azote était si indifférent, pourquoi ne pourrait-on pas, au lieu d’en extraire l’oxygène et laisser en reste l’azote, tirer l’azote de l’air en laissant là l’oxygène.

11 est admis que l’on obtient de l’ammoniaque quand, en présence d’un alcali, qn soumet l’air à de fortes décharges électriques. Mais d’où est

pris l'hydrogène, car ammoniaque = hydrogène azote? On ne nous le dit point. Certainement, l’air est toujours humide; mais étant humide, rh}^drogène est aussi là et votre azote alors n’est pas seul, n’est plus seul, comme il l’était quand il était ensemble avec l’alcali entre quat’z’yeux ! On a admis postérieurement que de l’ozone est toujours formé, quand des étincelles électriques sillonnent l’air.

Pour moi l’azote a toujours été d’existence douteuse. Il m’a toujours paru si insaisissable, si hypothétique, si embarrassant dans l’air et presque superflu que volontiers je le supprimerais. Pour le moins je voudrais, comme fait l’enfant d’un objet, le mettre en pièces pour voir ce qu’il y a dedans.

Il a été longtemps aussi une pomme de discorde.

Davy croyait (1809) que l’hydrogène était le premier degré d’oxydation d’un métal primitif, l’ammoniaque le second et l’azote le troisième.

Berzélius (1810) pensait que l’ammoniaque était à 50 °/o d’oxygène et que l’azote était l’oxyde d’un radièal hypothétique qu’il appelait nitricum.

Schœnbein croyait l’azote constituée par de l’hydrogène et de l’ozone.

J’essaierai de défendre un moment l’opinion de Schœnbein, parce qu’elle a pour moi cotte qualité de parler en faveur d’une homogénéité de constitution de l’eau et de l’air ; néanmoins, je fais mes réserves.

Air = Oxygène — Hydrogène (-}- Ozone ?).

Eau = Oxygène — Hydrogène.

L’air étant un alliage, l’eau est aussi un alliage, un autre état d’agrégation des éléments de l’air.

On a, dit on, démontré la composition de l’eau au moyen de l’électrolyse ; mais cela est complètement faux, car l’eau ne se laisse pas diviser par électrolyse, si elle n’est pas mélangée avec l’acide sulfurique Quel redoutable Révolutionnaire est l’acide sulfurique, on le sait! Sa présence ici rend toute l’analyse sans valeur, surtout si on retient que, dans la décomposition de l’acide .sulfurique, l’ozone-apparaît à l’un des pôles. En d’autres mots.: aussitôt l’acide sulfurique présent, l’eau à analyser a cessé d’être de l’feau. De plus, l'eau renferme toujours de l’air dissous et on ne sait pas si cet air est mis en liberté dans l'électrolyse. Une réelle analyse.de l’eau devrait être entreprise avec de • l’eau bouillie et dans le vide ; encore ne sait-on pas quel effet destructif peut avoir la cuisson, l’eau étant une matière organisée qui, à l’égal d’un ferment, est détruite à un certain degré de chaleur.

Au reste, on peut se demander si l’oxygène et l’hydrogène 'dégagés dans . l’électrolyse ont été soumis à d’autre analyse que celle par l’allumette. Le gaz à un pôle enflamme sensément l’allumette presqu éteinte, le gaz à l’autre pôle est enflammé.

P ourtant, en dehors de- l’hydrogène, beaucoup de gaz se trouvent qui brûlent; beaucoup de gaz aussi

éteignent, notamment ceux qui, se dégageant de l'eau, partant chargés d’humidité, couvrent de vapeurs d’eau la surface du verre.

Que dans l'hypothèse considérée, l’eau est un alliage, parle principalement pour cela l’observation suivante: les animaux supérieurs possèdent des organes respiratoires très compliqués pour opérer simplement avec l’air, alors qu’ils n’ont pas besoin d’un procédé chimique pour extraire l’oxygène. Au contraire, les animaux inférieurs aquatiques ont des organes beaucoup moins développés, pour opérer dans l’eau, où ils auraient à opérer une décomposition qui exige l’emploi d’un puissant courant galvanique, d’acides énergiques et de métaux facilement oxydables.

Nous sommes d’avis que les poissons et autres animaux aquatiques ne peuvent pas réellement vivre de l’air renfermé dans l'eau, dont l’existence, du reste, est fortement problématique!

Pour qu’un liquide accepte un gaz en quantité notable, il faut que le gaz y soit introduit avec ou sans pression. L’eau a en outre une tendance spéciale à rejeter les mélanges de gaz accidentels, ainsi qu’on l’observe dans une carafej où l’eau se gâte aisément, c’est-à-dire perd son air ou son acide carbonique. L’air ou l’acide carbonique que l’on obtientdans Panalysedel’eau est vraisemblablement naissant, ce qui se laisse accorder rivec une composition sensiblement analogue de l’eau et de l’air.

Pour rendre vraisemblable une telle composition, il faut que je retourne à l’azote et que j’essaie, avec Schœnbein, de l’apparenter avec l'hydrogène.

Dès que l’azote sort de son mystérieux repos et se manifeste dans le travail de la Création, il revêt la forme ammoniaque, base énergique, combinaison d’azote et d’hydrogène (avec prépondérance d’hydrogène) reposant sur un In'pothétique radical N Hj . Ce radical hypothétique, ammonium, se relie, par ses fortes propriétés alcalines, au potassium et au sodium, lesquels sont des dérivés de 1 hydrogène (ammonium forme comme potassium et sodium un amalgame caractéristique avec le mercure). L'azote étant momentanément pour nous dans le domaine de l’h}’pothèse, admettons sans conditions qu’ammonium est un dérivé de 1 hydrogène, d’autant mieux que l'ammoniaque est semblable à s’y tromper à la potasse et à la soude hydratées. Si ces deux derniers corps sont bien des oxydes, Berzélius n’était pas si mal fondé de déduire de l’analogie que l’ammoniaque contenait aussi de l’oxygène (même dans les 50 °/o et au-dessus).

Y a-t-il encore d’autres motifs compréhensibles qui rendraient vrai.sembl.able que l’azote se tient en relations de parenté avec l’hydrogène.?

Oui, l’azote a aussi la capacité de former, en combinaison avec l’ox-ygène, un des acides les plus forts, l’acide nitrique; de plus, comme chez

tous les hydracides, un hydroxyle (l’oxyammoniaque) s’intercale avant l’acide.

Si cela était vrai.^ L’air serait bien un alliage d’oxygène et d’azote plus vapeurs d’eau et il pleuvrait vraisemblablement de l’acide azotique sur la terre, dès qu’entre l’air et les nuages brillerait l’éclair et tonnerait l’orage. La pluie d’orage- contient toujours en liberté de l’ammoniaque et de l’acide nitrique, mais en si faible quantité que la pluie ordinaire et la neige en contiennent presque autant.

L’oxygène et l’hydrogène seraient-ils alors si nettement opposés.^ Faudrait il les tenir pour des adversaires pointe à pointe ou l’oxygène pour le principe mâle actif, attaquant, et l’hydrogène pour le principe femelle, passif, se laissant attaquer dans la base.^ Oui, répondraif-on.

Un chimiste moderne a émis le paradoxe suivant,' qui contient peut-être plus de vérité qu’on ne le croit:

« Un acide peut être regardé comme- un sel d’hydrogène. »

Il est ainsi d’avis qu’un oxacide doit avoir un hydroxyle, que cet hydroxyie peut être tenu pour une base analogue à un oxyde métallique et que l’acide anhydre joue le rôle d’acide. La conséquence en serait que la présence de l’hydrogène n’aurait aucune influence sur les propriétés acides de l’acide, car déjà l’oxygène libre pos'sède les propriétés

acides, quoiqu’il ne puisse pas, à la première attaque d’un métal, en neutraliser complètement les propiétés négatives (pour les acides je dis positif, pour les bases négatif); mais s’il revient à la charge amenant l’hydrogène, c'est la force toute puissante déchaînée A l’autocratie de l'oxygène dans le royaume des acides, on a opposé l’hydrogène sulfuré, qui est un acide faible, et les hydracides, chlore, brome, fluor et iodhydriques. Mais d’abord est-il vraisemblable que le soufre luimême, que le chlore et l’iode puissent déplacer (?) l’oxygène. Ensuite, l’hydrogène n’a que le rôle secondaire d’un témoin de mariage, quand il entre dans les combinaisons hydriques du chlore, etc. . . Il n’a pas le pouvoir, en tout cas, d’entrer dans une combinaison dont on chasse l’oxygène de l’oxyde, mais au contraire est saisi par l’oxygène et entraîné avec lui sous forme d’eau.

L’azote ne se comporte-t-il pas comme l’hydrogène? De lui-même quasi indifférent, il est comparse au cortège (?), quand l’oxygène entre en jeu (i).

(i) Un chimiste français a, dans les soixante dernières années, décomposé du chlore et obtenu j “/’« d’oxygène, mais on enterra sa découverte, parce qu’elle aurait conduit à l’œuvre pénible d une révision de toute la chimie. Lavoisier posa que l’oxygène entrait dans la composition de tous les acides, et par suite on attribua à l’acide chlorhydrique un radical muriatique. Berthollet croyait qu’en, oxydant le chlore on aurait de l’acide chlorhydrique. Berzélius reconnaissait l’existence du Muriaticum, de

Dans l’analyse spectrale, où l’azote montre deux spectres différents, on s’est trouvé'forcé d’admettre deux modifications allotropiques de l’azote et cette suspicion a encore été renforcée quand on eut remarqué que le spectre de l’azote se modifie avec la force du courant.

L’analyse a encore établi que l’air sec donne le spectre de l’azote, apparemment parce que l’air est composé pour la plus grande part (79 %) d’azote-

L’air est-il humide, saute aux yeux toujours la raie rouge de l’hydrogène !

Saisissons-nous de ce dernier fait et représentonsnous un moment que l air consiste en oxgyène et en une modification de l'hydrogène, qui ne donne pas un gaz explosif à cet état d’air et voyons si toute une série de phénomènes n’est pas éclaircie. L’humidité de l'air représenterait la conversion commençante de l’oxygène et de 1 hydrogène en eau et la transformation de l’azote en cette modification de l’hydrogène qui entre dans la constitution de l’eau.

Avec ce postulat existe ordre et repos dans la Nature. L’eau délie les liens qui retenaient ensemble

manière que le g.wî liydrochloriq'»c sec possé lait deux .uomes d’oxygène. Dins un chloryde, le chlore peut en partie être icmplacé par de ro.'tygène. L’oxygène n’est-il pas présent, 1 azote devient une forte base avec drs propriétés alcalines. L azote ne serait-il pas alors une condensation d’hydrogène ou réeltement un corps composé?

les particules et devient air ; l’air se resserre et redevient eau. La formation des nuages a enfin son explication, qui avitrement est bien difficile, étant donné que des nuages se forment et se dissipent par un ciel serein. La raie rouge de 1 hydrogène, qui traduit l’air humide dans le spectroscope, serait inconcevable et sans raison d’être sans la présence de l’hydrogène en état de liberté.

Et les phénomènes inouïs et pleins de violence du coup de tonnerre que révèle l’éclair et que la dépression de l’air ne peut explique/, seraient alors dues à la déflagration d’amas de gaz explosifs. Les amphibies passent sans gêne d’un élément plus dense A l’autre plus léger. Il n’a pas à leur opposer les baleines et autres animaux de mer munis de poumons, qui doivent venir respirer l’air et qui ne sont que d’anciens animaux terrestres ayant lait régression vers l’élément marin.

Dans l’eau, le milieu le plus imparfait, les plantes’ phanérogames devraient considérablement être déchues Or, les modifications morphologiques constatées sont loin d’être ce à quoi l’on devrait s’attendre, si l'eau et l’air avaient la différence prétendue de composition. Dans les prairies inondées jusqu’à submersion, les Parnassia, Ranunculus, Flammula, Galium, Leontodon sont aussi fraîches sous l’eau qu'antérieuremeiit à l’air.

Batrachium et Trapa ont des feuilles immergées fibrillaires, intermédiaires entre feuille et racine ;

celles couchées dans la vase se ;mutent) transforment en racines.

Maias, Ceratophyllum, Ruppia ont, comme les Mousses, de simples vaisseaux à l'état rudimentaire et, comme les Algues, tirent leur- nourriture par toute leur surface, Potamogeton a des espèces avec ou sans laisceaux compliqués de vaisseaux, selon qu’elles se dressent dans l'eau ou y restent plongées.

Les plantes d’eau, à peu d’exceptions près, manquent de stomates sur les feuilles ; sur les feuilles nageantes, les stomates ne se voient que sur la face supérieure. Nous devons nous souvenir que ces plantes amphibies ont toutes été autrefois des plantes terrestres, et qu’elles devront s accommoder à la résfression d'ans l’autre élément comme les animaux marins pulmonés durent le faire. Ils rétrogradèrent en partie dans des stades antérieurs, en partie ils maintinrent leurs relations avec l’air. Ce qui va à l’encontre de l’assertion que les animaux aquatiques munis de branchies vivent de l’air contenu dans l’eau, la richesse admise de cet air en oxygène. Si cela était, l’oxydation du ^sang chez les Poissons serait plus intensive et la température de leur corps plus élevée (que celle respective des animaux vivant de l’air atmosphérique moins oxygéné). En même temps on prétend que l’eau de mer est privée de gaz à 1200 mètres (Clève ; Chimie), comment alors peuvent vivre à une profondeur de 1500 mètres les animaux de fond

(Marschall : Mer profonde), s’ils ne décomposent pas l’eau. Ce qu’on a trouvé dans l’appareil aérostatique, des poissons, la vessie de poisson, est si hétérogène que chacun peut aller y puiser suivant ses besoins. Quelques-uns ^Français) y ont trouvé de l’oxygène libre," d’autres (Allemands) de l’hydrogène, de l'acide carbonique, de l’azote et quelque peu d’oxygène.

Il est remarquable que nos anciens, qui croient à la marque d’une sage Providence dans l’ordonnance de la Nature, croient aussi le Créateur capable d'une chose aussi sotte que celle impliquée dans leur explication de l’air. Empruntons un moment le langage des Théologiens et des Téléologues ; Dieu dit : Que l’air soit et soit de telle sorte qu'il ne brûle pas trop! et Dieu mêla 21 °/o d’oxygène à 79 % d’azote, gaz indifférent et absolument superflu. Cette cruauté inutile de prolonger la vie de l’homme n’est pas, ce semble, sans gêner un peu les Téléologues; aussi, quand ils écrivent leurs livres sur la respiration et y analysent l’air de nos habitations, ils se taisent sur l’azote expiré et font beaucoup de vacarme à cause de l’acide carbonique.

Sachant qu’une habituelle haleine consomme d’un cinquième à un demi-litre d’air, qu’une inspiration. plus forte peut aller jusqu’à trois et quatre litres et demi, soit moyennement (suivant Pettenkofer) 360 litres d’air par personne à l’heure.

fio-urons-nous une pièce de famille avec six paires de danseurs, l.a chambre est agréablement sur chauiïee, les clapets des appareils de chauffage sont tirés et deux livres de bougies brûlent dans le lustre et les appliques. Les danseurs font emploi en une heure d’une quantité minima de 4,320 litres d’air, les douze bougies peut-être autant d’oxygène.

L’air est renouvelé d’une façon insignifiante par les joints des fenêtres et par l’ouverture des portes. Sans recourir à des chilTres discutables, trouvonsnous croyable que 21 °/o de l’air clos suffisent à la respiration, tandis que 79 °/o sont sans valeur ? La consommation de l’oxygène doit aller plus vite que le renouvellement. Si l’analyse admise de l’air était exacte, les danseurs périraient non de l’empoisonnement par l’acide carbonique , non plus que par l’azote qui, du reste, n est pas poison, mais par manque d’oxygène.

Pensons en outre à une famille paysanne de six personnes qui est en hiver (dans les contrées septentrionales), huit heures durant, porte close, bouche du poêle et fenêtres fermées, dormant dans une unique pièce.

Un centième pour cent d’acide carbonique et l’air, dit le livre, devient un poison pour l’homme et les animaux. Pourtant nos six paysans vivent après leur nuit de huit heures, n’ayant eu à consommer que 17,280 litres d’air et ayant produit 912 litres d’acide carbonique, poison positif. Le

calcul est évidemment plus compliqué, mais commence-t-on à en examiner les éléments, aussitôt on est arrêté par quantité de grosses questions.

Les livres disent : L’air expiré renferme de i6 à iS.Vo d’oxygène, de manière que la quantité normale d’oxygène a été diminuée d’un septième à un quart.

Et là dessus, on continue :

Le sang artériel contient sur cent . 14,5 J’azo'te.

62,5 d’aciJe carbonique.

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