‹ Hortus MerliniChapitre 5 sur 16 · d’oxygène · texte numérisé non relu

d’oxygène

Les données sur ce qui se passe dans les poumons quand 1 air est inspiré sont tout aussi indéterminées. Les Français disent que l’oxygène n'oxyde pas seulement le carbone, mais encore l’iiydrogène, formant acide carbonique et eau.

Ce n’est pas invraisemblable; mais la question, si l’azote n’a réellement rien autre chose à faire qu’à diluer l’oxygène, pour prolonger la vie de l’homme, reste inéclaircie. Les savants en physiologie végétale ont, jusqu’en ces derniers temps, nié l’absorption de l’azote dans un but alimentaire • cependant, comme on trouva positivement que le trèfle fume le champ, il fallait trouver un compromis. Le plus récent livre classique de chimie agricole que j’ai vu accorde la possibilité et reconnaît aux plantes d’un certain âge la capacité d’em-

prunter Tazote directement à Tair et de le faire servir à la nutrition.

J’ai lu beaucoup de Chimies agriculturales et constamment trouvé que le compte de sortie correspondait toujours avec le compte d’entrée, spécialement au chapitre Azote. Mais j’avais depuis longtemps le compte azote en méfiance et il me vint en tête qu’on devait, à l’arrêté du compte, opérer simplement la cadrette des deux colonnes. Il me vint au.«^si que l’on passait aux profits et pertes pour dissimuler le manquant.

En Suisse, où je vivais chez un paysan qui avait une vache, je m’informai du fourrage et du produit du lait. Par jour, la vache recevait une (Liespfünd.^) de foin, quelques kilogrammes de pommes de terre et un seau d’eau. Elle donnait vingt litres de lait, plus fumier tant et tant. Dans le calcul du compte Azote je trouvais un grand Plus à la sortie, et cela va de soi, un déficit à l’entrée. Plus tard je réitérais les calculs chez un agriculteur dans une autre contrée et trouvais un excédent de 8 (ort.?) d’azote.

J’assure que le calcul était correct, cependant je ne donnerai pas les chiffres, car alors vient l’ennemi et saute le compte dont le manque disparaît. Un ami a fait l’essai de passer en sortie les tissus azotés usés ; , en ce faisant, il ne prit pas garde que ma vache, sous peine de ne plus compter après un certain temps parmi les vivants, devait avoir renouvelé les tissus avec excédent.

Que se passe-t-il dans le torrent circulatoire

de la vache ? Je ne veux pas m’en prendre à la prétendue composition de l’air,, car les'animaux possèdent déjà à un certain degré la faculté de s'adapter, aux circonstances, et s ils s’accoutument à telle composition de l’air, c’est apparemment qu’ils- ont acquis le moyen d’en mettre en valeur les éléments

Que dit-on arriver, quand le sang veineux rencontre 1 air dans le poumon? Le sang veineux contient en ce moment 13.1 ‘«/o d’azôle et quand il est devenu artériel 14.5. Une absorption de .1. .‘4 °/o d’azote paraît donc avoir eu lieu. Et puis?

Cet azote sera-t-il employé dans un but nutritif? La respiration n’est-elle qu’un procédé de combustion ? Non, car l’oxygène incorporé sert aussi à transformer les combinaisons hydro-carbonées en amidon, sucre, etc..,, à augmenter donc les principes nutritifs.

Ici je m’arrête, c’est trop fort pour moi. Je demande un répit. . .

Je m’asseois au bord du chemin pour me reposer un instant, car je suis en pleine obscurité et je • vais à tâtons, me heurtant- aux reproches de ma • conscience. Par endroits j’ai cru voir poindre des lueurs. Un instant j’ai vu une lumière -au plus profond de la montagne; je croyais l’atteindre, elle

s’est évanouie; une pensée flotte, je voudrais la saisir : cjest une chauve-souris qui volète et.se perd dans la nuit.

Je suis si enfoncé dans la montagne que je ne puis retourner. Aucune Ariane ne m’a donné le fil pour l’attacher à l’entrée.

Repos pris d’un instant, allons plus loin ; peutêtre quelqu’un' se mettra à ma recherche et me trouvera mort ou vivant.

Il y a déjà longtemps que je réfléchis au sujet de l’azote dans l’air et plus je vais, plus s’accroît en moi le doute sur la composition respective de l’air et de l’eau.

J’ai asphyxié quantité d’innocentes bêtes et de mes expériences, je n’ai appris qu’une chose : c’est que les expériences ne prouvent rien.

J’ai commencé ma vie meurtrière avec des Bourdons. C’était au temps où, devant* mes fenêtres, s’épanouissaient les Cerisiers en fleurs. J’ai eu une huitaine de jours une permanente provision de l’espèce qu’on appelle (Jungferhummel .? ). Il advint que je pus les croire immortels’, car ils vivaient aussi bien dans l’acide carbonique, dans l’hydrogène que dans l’air, pourvu qu’ils eussent de l’eau dans la cloche.

Que démontre cela Je désire, quant à moi, que cela prouve que l’air est de l’eau raréfiée.

Je passai aux Reptiles. Une vipère noire vécut douze heures dans un courant continu d hydro-

gène. Je l’avais laissée libre pour prolonger son existence, ce qu’elle fit au-delà de mon gré. Il y avait aussi de l’eau à sa disposition fi).

Une jeune vipère à anneaux vécut cinq quarts d’heure sous l’eau. Sa mort dans l’eau était dans l’ordre, les poumons ne décomposant pas l’eau à l'état liquide.

Ecoutons ce que Bayle, un des Chimistes les plus éminents, dit de l’hydrogène.

Il « tira l’air » de l’eau et du fer et trouva que l'hydrogène était semblable à l’air ordinaire. La diversité des corps composés reposerait sur des inégalités de forme, grandeur, arrangement, mouvement des molécules élémentaires ; un ou deux Eléments primitifs suffiraient pour produire toutes les combinaisons possibles. « Qu’est- ce qui empêcherait bien, s’écrie-t-il, que les molécules de l’eau ou de tout autre corps puissent se grouper de manière à réaliser une nouvelle combinaison, celle même que porte le nom d’air ^ »

Bayle était d’opinion que l’hydrogène était une modification allotropique de l’air.

Lavoisier prétendait qu’un oiseau ne pouvait vivre dans de l’air où on brûlerait du phosphore. Marquer, le Roy, Cadet et Trondaine le confir-

(i) La présence de l’eau comme cause de prolongation de l’e.iistence ne s’est présentée que plus tard à mon esprit, et si tard que je n'ai pas eu égard à ce fac;eur dans les expériences suivantes avec les Souris.

maient au nom de l’Académie des Sciences de France.

Cela ne t a jamais étonné, que dans une chambre à ‘cheminée ou fortement insolée, on ressente un irrésistible besoin de vapeurs d’eau et d'humidité.? Et as-tu remarqué que sur un poêle de fonte qui brûle, un litre d’eau est évaporé en une paire d’heures sans que les murs, le plafond, le plancher se couvrent d’humidité, malgré l’énorme quantité de vapeurs fournies par un litre d’eau ? La vapeur d'eau devrait pourtant se condenser et se déposer, ce que tu n’as pas vu une seule fois sur les vitres cependant froides des fenêtres. Cette appétence pour l’eau et l’humidité dans les chambres chauffées au charbon est due. écrit-on, au grand besoin d’eau du corps. Mais i) pourquoi ne boit-on pas et a-t-on seulement le besoin de respirer de l’humidité .? 2). La teneur en eau du corps est si grande (70 et 90 °jo chez le fœtus), que le corps trouverait dans ses réserves une quantité d’eau disponible suffisante pour soutenir pendant une paire d’heures la perte d’eau éprouvée par les poumons.

En outre : pourquoi sur toute la terre, en montagnes, en plaine, en ville et à la campagne l’air a-t-il la même composition proportionnelle.? Est-ce admissible .? On parle de la diffusion des gaz, d’une propriété de se mélanger ; mais un certain temps est nécessaire pour l’effectuation d’un mélange; il y faut certaine pression et une certaine tempé-

rature. .... et les gaz s’étalent d’après leur poids spécifique avant qu’ils ne dififusent,

T’es-tu jamais demandé comment il est possible que la terre, qui se meut, dans sa course vertigineuse, avec une vitesse de 4 milles à la seconde et tourne avec celle de 464 mètres par seconde, .soit la vitesse actuelle du boulet de -canon, puisse conserver sa douce couverture de gaz?

Comment est-il possible que le calme, règne un moment dâns de telles circonstances? N'as-tu pas eu la pensée hérétique et as-tu pu t’en défairè, que le voile de gaz serait nécessairement emporté dans la première seconde et que dans la deuxième seconde la sphère terrestre tournerait à nu dans réther, si réellement tout cela se réalisait?

Je demande encore : Comment la composition de l’air peut-elle rester constante avec la décroissance ascendante de sa densité? Pourquoi la. chute du baromètre dans les ascensions de montagnes ? Pourquoi la mort d’aéronautes par manque d’-oxygène a la hauteur d’une paire de kilomètres?»

L’air, ce que nous entendons par air, cesse déjà, à consulter le baromètre, à une altitude de mille mètres. L’air est une pure production terrestre qui' doit avoir une source de débit constant et renouveler.l’air couche par couche, car autrement le gaz se serait envolé dans l’éther subtil ou dans le vide, plus subtil encore (dont je n’ai pas du reste horreur).

Cette source ne peut être autre que l’eau.

Mais cette source se tarit, comme le montre la diminution des mers, bien que les condensations météoriques contrebalancent dans une certaine mesure l’évaporation.

Tu trouves cette opinion insensée. Il y a dix ans, je le trouvais aussi et j’étais en état d’expliquer l’adhésion de l’air à la terre par'la pesanteur, malgré qu’elle dût être plus grande que la force centrifuge, ce dont nos maîtres ne parlaient pas. Maintenant je trouve cette théorie indigne de fai.

Admettons provisoirement que Kant, d’où aussi Lâplace, avait raison, lorsqu’il faisait provenir 1^ Terre d’une condensation de gaz, Ce gaz originel doit bien avoir contenu sous forme gazeuze tous les corps connus. Nous ne savons pas tout ce qui s’est passé alors ; toutefois continuons à condenser avec Kant-Laplace. Finalement nous voyons tout le globe entouré de vapeurs.^ peut-être aussi d’oxygène et d’azote, qui, dans de formidables explosions, se condensèrent en eau. Quand l’eau eut enfin formé les mers, resta un caput mortuum, c’est-à-dire une couverture de gaz non condensé de 21 °/o d’oxygène et 79 °/o d’azote qui composèrent un alliage d’un caractère très constant, ce qu’on n’observe jamais dans les alliages.

Désormais cet état résiduaire de cette belle opération va rester sage et tranquille ;* la lubricité de l’oxygèhe ne lui fera jamais plus commettre

d’inconvenantes copulations avec une quantité de substances, désireuses cependant de se marier, cela afin que l’équilibre soit conservé ! Harmonie préétablie ! N’est-ce pas ?

Nous avons précédemment assez montré, pour n’avoir pas lieu d’y revenir, que la composition de l’eau et de l'air était approximativement homogène ; l’eau et l’air contiennent tous deux de l’oxygène et l’azote de l’air accuse par l’ammonium sa 1 arenté avec le potassium et le sodium, qui sont pour nous des condensations de l’hydrogène.

Comment sait-on au juste que l'eau a Iti composition admise? Par Electrolyse ^avec acide sulfurique) ! Etant accepté que l’acide sulfurique n’a aucune infiuence (ce qui n’est pas vrai), ne sais-tu pas que si l’un des électrodes réduit, l’autre oxyde? Ne sais-tu pas que si je décompose l’acide tartrique consistant en carbone, hydrogène et oxygène, je n’obtiens pas hydrogène à ün pôle, oxygène à l’autre et le carbone en reste, mais que j’obtiens ; Acide carbonique, oxyde de carbone, oxygène et acide acétique ?

Va donc faire encore une fois l’électrplyse de l’eau ! Sans acide sulfurique ! Et si tu réussis, n’oublie pas de faire entrer en ligne de compte l’azote et l’acide carbonique que l’on admet exister toujours dans l’eau ! Et n’oublie pas aussi le superoxyde d’hydrogène ou ozone, que l’on trouve

à l’un des pôles et aussi l’air de la partie-du tube au-dessus de l’eau ! . . .

N’oublie pas, si tu constates la présence de l’hydrogène, de prouver que l’on est bien en présence -de l’hydrogène. De ce que le gaz brûle, rien ne se peut conclure : le gaz ammoniaque,' les hydrogènes sulfure, carbone, etc., brûlent aussi. Que le^’gaz, quand il brûle, donne réellement de l’eau, doit être démontré et aussi que l’eau recueillie sur le verre au-dessus de la ffamme est bien due à la combustion et non à la condensation de la vapeur d’eau, partout présente. Et si, réunissant l’hydrogène et l’oxygène obtenus, tu en opères l’explosion et obtiens un liquide sans couleur, fais tout d’abord les recherches néce.ssaires, avant de prétendre que c’est de l’eau.

Suis cette méthode et fais de même avec l’analyse de l’air. /

Je reviens aux réalités; pour te montrer avec quelle science* et sage esprit de critique, j’opère avec les faits, je vais étaler devant toi quelques proces-verbaux de mes expériences sur des Souris, qui quelque peu prouvent, quelque peu contredisent et dans d’autres mains pourràient ouvrir des aperçus; il ne m’a pas été possible de les pour-

suivre en raison des conditions extraordinairement désavantag-euses dans lesquelles je travaille.

Expdfience I. — D’une bouteille de verre blanc qui contenait 3240 grammes d’eau, je fis sauter le fond. Pour éviter les vapeurs de l’eau et du mercure, je lutai la bouteille sur une grande soucoupe de porcelaine et entourai d’eau l’appareil. Dans le col de la bouteille, je fichai un bouchon de caoutchouc muni d’un tuyau d’ébonit avec robinet. Sous cette façon de cloche se trouvait : baromètre anéroïde, manomètre, thermomètre,’ une soucoupe avec du chlorure de calcium pour l’absorption de l’eau, une autre de potasse hydratée pour 1 acide carbonique; du papier sensible était assujetti aux diverses hauteurs, etc...

Pour éprouver l’obturation de la cloche, je retirai une partie de l’air,, fermai le robinet et examinai le baromètre et le manomètre ^J’avais moi-même confectionné le manomètre et chaque millimètre avait la valeur de deux millimètres du baromètre]. Le baromètre tomba aussitôt, puis maintint invariablement sa position trois heures durant. Cela suffisait pour les expériences.

a) Un morceau de papier buvard imbibé avec une disso.lution de pyrogallate de potasse est introduit dans la cloche. Le baromètre, qui rnontrait 77orara^ tombait aussitôt à 765 (Faute: l’expérience a peut-être été trop tôt interrompue).' Le pyrogallate a ainsi absorbé presque instantanément

l’oxygène, l'oxygène compris dans 3 1/4 litres d’air étant exprimé par 5“™ barométriques ;Correction : les vapeurs d’eau du liquide ab^rbant). J’allume alors une boi’gie que je pose près de la cloche. La chaleur en fait monter le baromètre de

La cloche est soulevée et une bougie introduite jette une lumière claire (Que signifie cela.^)

d) Le baromètre indiquait 769""", lorsque le papier imbibé de pyrogallate de potasse fut introduit. En une demi-heure, il tombait de ii™'". Six heures plus tard, il était de i""" plus bas, mais la température de la chambre avait baissé de plusieurs degrés.

Par là se montrait que l’absorption de l’oxygène de 3 1/4 de litres d’air était exprimée par 1 1""" du baromètre et l’absorption était complète en une demi-heure (maximum).

La cloche fut levée ; une lumière fut glissée - dedans et brûla claire pendant une minute (« Baromètre immobile », ai-je écrit au procès-verbal. La pression de l’air surélevée par la chaleur devait avoir justement égalité — quoi.^ — et pourquoi brûlait la lumière

c) Baromètre 769“"'.— Une lumière était introduite. — Le baromètre tomba à 47"“'“.

C^tte e.xpérience peut donner sujet à des interprétations particulières.

Le pyrogallus cause une chute de 1 1""" ; la lumière

en amène une de 47'"'", et cependant on se serait attendu à la montée du baromètre par le fait de réchauffement de l’air et des gaz de la combustion. La cloche était mal close, répond Zoïle ; mais si, elle était bien close, car lorsque le robinet fut ouvert, le baromètre monta au staiu quo ante, c’est-à-dire à 76g'"" (Cela exige recherche;.

d\ Trois charbons incandescents sont mis dans la cloche. Le manomètre monte d’abord, en conséquence de la chaleur et de l'oxyde de carbone, à quelques millimètres.

Ensuite il fléchit de 21'""*. Une"lieure après, il avait monté de 2'""'.

Huit heures après il était rem^onté jusqu’au point de départ (pourtant avec une différence de 2'”'",

Comme chaque degré du manomètre en exprimait deux du baromètre, j’obtenais ici une absorption équivalente à 42 millimètres barométriques, donc presque autant qu’avec la lumière dans" l’expérience c). A comparer le' pyrogallus avec 1 1 millimètres.

e) Le baromètre, dans la cloche, est à 757'“"'. Un chiffon trempé dans l’éther est introduit. Le baromètre monte de 33'”'". Le bouchon est enlevé et le baromètre était tombé de 7'"“ (par absorption d’acide t ).

y") Un spécimen de la Souris commune de maison (que j’appelle le rat), enfermée dans un récipient spécial est placé sous la cloche Le pyrogallus est

— lOO —

introduit (Dans ma relation, j’avais écrit : « En six heures, le rat doit être mort, » conséquence d’un calcul oublié depuis et tout à fait inexact).

Le thermomètre, qui marquait-}- se main-

tint sensiblement fixe pendant l’expérience; il s abaissa une fois d’un 12 degré, lorsque j’ouvris une porte et remonta de nouveau.

Il est sept heures après midi quand l’expérience commence. Le baromètre indique 768"'" et monte de 1/2 millimètre par la manipulation delà cloche.

En sept minutes, il descend de 5 millimètres (Cela concorde* avec Exp. a)

Rat agité, pouls élevé, œil clair. Après 1 5 minutes (comptées du commencement), le baromètre est tombé de S"”". Le rat est plus agité, se gratte le museau, l’œil est encore clair. Après 19 minutes, le baromètre est tombé de lo'"™. Après 23 minutes, de 13“™ !

L’intéressant commence! D’après l’expérience^) indiquait la disparition totale de l’oxygène; or, le rat vécut encore deux jours durant — sans oxygène! (et la cloche était close, car le baromètre ne fléchit pas un instant .

Après 27 minutes, le rat est tranquille; dans les dernières quatre minutes, le baromètre n’a pas bougé (Correciion : les gaz d’expiration et de transpiration de l’animal; la vapeur d’eau (.^), etc.; avant absorption par le calcium et la chaux hydratée;.

lOI

Après 32 minutes, le baromètre est descendu de 14 1/ 2^™.

Après 37 minutes, le rat se met à ronger après la paroi de verre; le baromètre est tombé de 16 f /2“™ (Pause).

A 8 h. 21 min., soit i h. et 21 min. depuis le commencement de l’expérience, le baromètre est descendu de 19'""’. Le rat gît enroulé sur lui-même avec des yeux demi-clairs.

Après I h. 42 min., le baromètre indique 742 1/2 ; il a en tout baissé de 25 r/2""^ et dès lors reste immobile jusqu’à la terminaison de l’expérience, c’est-à-dire environ encore une heure, pendant laquelle le rat vit, mais épuisé, pouls élevé et happant çà et là et à diverses reprises après l’air.

A 9 h. 30 min. après midi (soir), la mort est certaine : le rat a cessé de respirer et le cœur ne bat plus.

Bref, le rat est mort en deux houres et demie, alors qu’il aurait dû mourir en vingt ou au plus en trente minutes, en conséquence de la disparition de l’oxygène. On relève dans l’expérience b), dans laquelle l’absorption de l’oxygène était exclusivement effectuée par le liquide employé, que trente minutes étaient nécessaires pour amener une chute barométrique de Dans cette expérience- ci, on relève dix minutes de moins, d’où semble apparaître que le rat a consommé pour sa part un tiers de l’oxygène. Ce qu’il a respiré pendant les

deux dernières heures ne peut être autre chose que X azote et il faut admettre qu’il l’a raréfié, puisque le baromètre, dans l’heure et les vingt minutes suivantes, fait une chute de 14™™, soit plus que celle produite par l'absorption d’oxygène. L’immobilité du baromètre pendant l’heure et les vingt minutes finales est difficile à expliquer. Le rat ne respire que de nom, mais il expire (transpire) et la dépression a dû augmenter l’évaporation.

(La relation ajoute que le baromètre dans la cloche monta dans la nuit suivante de 8'"'").

A mettre en regard : poumons remplis de sang rouge; l’oreillette (ventricule.'’) droite du coeur, bleu-noir; le cerveau injecté de sang rouge; foie un peu foncé avec transgression par dessus l’estomac. D’où : la cause de la mort n’était ni l’acide carbonique, ni l’azote, mais le manque d’oxygène, partant la suffocation.

Expérience 2. — A 9 h. 15 min. du matin, dans la même cloche, est emprisonné un Rat, cette fois sans l’yrogallus.

Baromètre 765"”". Une heure 10 minutes après, chute de 4™'" (Conférez : 5"”“ en sept min. avec Pyrogalhis'.

Le rat est gai, mais le pouls est élevé.

Après une heure 42 minutes, le baromètre tombe de 5 I ' 2™'“.

Le rat s’est tiré de son logement de verre, est

assis au bord du verre sur les pattes de derrière, celles de devant autour du cou et les yeux fermés.

Après 2 heures et demie, le baromètre a baissé de lo'"™ (cf. lO"”" en 19 minutes avec Pyrogallus). Le rat est immobile, les yeux clos, pouls élevé.

Après 3 heures 21 minutes, le baromètre est tombé de 14'"™ (le thermomètre, malgré cela, a monté de 3°).

A 1 heure 4 minutes après midh le rat est mort, donc en 3 heures 49 minutes, avec une chute barométrique de 14“™ (Le baromètre est. resté ihvariable dans lesderniers troisquarts d’heure). D’après l’expérience d), l’oxygène est absorbé avec ici le rat, pour cette absorption, a employé deux heures 3 4 et a vécu une heure sans oxygène.

Bref, mort du rat :

Avec Pyrogallus, en 2 heures 30 min., avec chute barométrique de 25 et i/'2m'", le thermomètre invariable ;

Sans Pyrogallus, en 3 heures 49 min,, avec chute barométrique de 14"’'", le thermomètre ayant monté de 3°.

Cette recherche peut ou beaucoup témoigner ou ne rien témoigner, les chiffres étant à tenir en défiance, comme à l’ordinaire. Je termine par une paire d assertions scientifiques : Pyrogallus est poison; il absorbe oxygène, donne malgré cela lieu à la formation d’oxyde de carbone !

Aurai-je perdu de vue cette dernière circonstance

clans mon analyse qualitative élémentaire?. Mais Bunsen ayant omis l’oxyde de carbone dans ses déterminations quantitatives du Pyrogallus , on voudra bien me pardonner.

Un autre rat de la même espèce mit six heures pour mourir avec le Pyrogallus ei une chute barométrique de

Un gros rat brun, quatre fois aussi gros que’les précédents, mourut dans la même cloche en une heure et demie avec le Pyrogallus (le baromètre, malheureusement, n’avait pas trouvé place. dans la cloche).

Un petit rat fut tué avec de l’éther, imbibant un petit morceau d’éponge. Il mourut en deux minutes et l’autopsie indiqua une simple sufTocation. On admet que Péther enlève l’oxygène avec la rapidité de l'éclair.

Expérience 3. — Le 6 mars 1891, loh. 15 min. du matin, une petite amaryllis et du pyrogallate dépotasse dans un récipient d’une part, de la chaux hydratée dans un autre d’autre part, sont posés sous la cloche.

Baromètre 752”«, thermomètre + 13“ C.

Le baromètre tombe aussitôt de 2“'™. A 2 lieures 13 minutes après midi, le baromètre était tombé de 5“”‘' 1/2; 8 heures, le baromètre n’a pas changé, mais le thermomètre a baissé de 5° 1/2.

Le / mars matin, thermomètre 4- 8“ (départ 13°), baromètre au fixe (746 1/2); ii h. 30 min. matin,

thermomètre + 4°, barom 736 BreT, en 2 li. 1/2, une chute barométrique de 10 millimètres.

9 h. après-midi, therm. -t- 9'', barom. monté à 750 (14 mill.).

Le 8 mars, 6 h. après-midi, baromètre 759, therm. -|- 9’. Donc montée du barom. du point de départ du premier jour, 7 mill., du jour précédent au soir, 9 mill.

Le 9 mars, 12 h. midi, barom. 760. Depuis la veille, a monté de l mill.

2 h. 30 m. après-midi, la cloche est plâcée, au soleil. Aussitôt baromètre 765, puis 767. Plus tard il tombe.

6 h. soir, therm. -f- 13'”, barom. 745.

10 h. soir, therm 70, barom. 736.

Le romars, 8 h. matin, term. -f- 7°, barom. 746. Beaucoup de vapeur d’eau sur les parois de la cloche. Le flacon de pyrogallus commence à se remplir ; la chaux hydratée augmente de volume, mais pas beaucoup.

1 h. après-midi, barom. 761, therm. - 8° ; I h. 30 m. après-midi, therm. -|- 8", barom. 762. Cela à l’ombre.

Mise au soleil. Le baromètre monte de suite à 770 et retombe plus tard (comme la veille), quoique le thermomètre indiquait + 18°.

4 b- 30 rn. après-midi, therm. -f- 15“, barom. 752 (= point de départ du premier jour).

7 h. 35 m. soir, therm. -f 12°, barom. 742.

io6 —

9 h. 15 m. soir, therm. + 12°, barom. 744 3/4

Le baromètre monte le soir, pourquoi ?

Il mars 6 h. matin, barom. 750, therm. + 10°.

Il h. m. matin, barom. 752, therm, -j- 90.

I h. après-midi, barom. 760.

Cette expérience paraît au premier abord toutà-fait sans valeur ; elle ne l’est peut-être pourtant pas, si l'on regarde plus attentivement.

La plante ne paraît pas en 5 jours avoir en rien soufTert du manque d’oxygène, d’acide carbonique et de vapeurs d’eau.

Le matin, le baromètre habituellement monte, et, vers le soir, descend.

En 1 état, les corrections n’en finiraient pas, parce que la plante était en pot avec de la terre, qui pouvait aussi bien émettre ou absorber les gaz, y compris les solubles dans l’eau.

J’ai mis en tête de la deuxième lettre une citation, sans employer les signes usités : « Tout est dans tout ». C est la formule du moniste. Donc quand je farfouille pour trouver l’origine mystérieuse de 1 azote, je n'en suis pas à penser qu’il puisse être un nouveau corps de plus incorporé au magma d ailleurs uniforme de la création.

J ai eu des heures de doute, pendant lesquelles j 'était amené à nier l’existence individuelle de 1 azote. Parfois j’ai cru que l’azote, ce reste de l’air après l'extraction de l’oxygène, n’était qu’un oxygène raréfié (dilaté.^) et par suite impropre à la

respiration et à la combustion. Mes expériences rapportées plus haut donneraient à penser que chaque procédé entraînait des absorptions différentes d’oxygène ou en d’autres mots à corps différents, quantités différentes.

Il y eut des moments, où je croyais trouver dans l’azote la même racine qu’offre le carbone à l’égard de l’acide carbonique, pendant si longtemps confondu avec l’azote (.?).

Brüm, novembre 1893.

Page 1