QUATRIÈME LETTRE
Supplément
La réduction des forces naturelles à une seule force, dont les autres seraient des modifications allotropiques, entraîne, semble-t-il, comme conséquence, la réduction des corps chimiques à un seul.
De même qu’il n’y a qu’une unique électricité avec deux pôles, de même oxygène et hydrogène pourraient être deux faces d’une même énergie inhérente à tous les corps.
L’eau, prise comme type, ne consisterait pas en oxygène et en hydrogène ; mais, par électrolyse, on engendre de l’oxygène et hydrogène. Par d’autres méthodes, on obtiendrait d’autres corps.
Le fait que l’air donne oxygène et azote, au lieu de oxygène et hydrogène, pourrait être attribué à l’emploi d’un trop violent procédé de séparation de l’oxygène.
Si on arrivait à liquéfier l’air, on obtiendrait
peut-être par électrolyse oxygène» et hydrogène (-f quelque chose d’autre).
Quand on fait passer l’air sur des copeaux de cuivre dans un tube au rouge vif, l’oxygène en est enlevé par oxydation du cuivre et on obtient aussi de l’azote, mais encore de l’acide carbonique.
Présomption : au lieu de l’hydrogène attendu, le jeu des forces moléculaires, les effets de réciprocité subséquents des nouveaux arrangements intervenus en ont amené finalement une petite partie à l’état de carbone lié à de l’oxygène et une plus grande partie à l’état dit d’Azote.
Observation : La densité de l’azote := 0,9 ; celle de l’oxyde de carbone = o,g. Compare les propriétés de l’azote, de l’oxyde de carbone et de l’acide carbonique.
Théorie provisoire :
Eau = H2 O = Hj-i. Air => Hjj O4 =>4 X 18 = Nj O = 72 ;
mais Hg O4 se réduit à Hg O ; donc :
Eau = O; Air = Ha O.
Air hydrogène.
' Carbone.
Carbone oxygène.
Azote.
L’hydrogène douze fois condensé devientdu carbone, dont l’atome est 12. Un élément de carbone ou 12 se lie à un élément d’oxygène 16 pour former élément d’acide carbonique = 28 ; pour arriver à l’élément azote pesant 14, précisément la moitié de l’élément acide carbonique. L’azote serait ainsi à désigner par CxO>4.
I lO
Observation : Azote a été longtemps confondu avec acide carbonique. Berzélius croyait que 1 azote était l’oxyde du Nitricum (carbone).
Dans l’analyse spectrale, l’azote montre aux deux pôles deux spectres dilTérents et le spectre varie avec l’intensité du courant.
La face hydrogène '(de l’énergie chimique) ou face passive (que j’intitule négative) manifesterait : Hydrogène, Carbone, Bore. Silice et tous les métaux.
La face oxygène traduirait : Fluor, Chlore, Brôme, Iode, Cyanogène.
Dans les combinaisons binaires : hydrogène prépondérant = Bases ; oxygène prépondérant • = Acides ; les cornbinaisons deux à deux = Sels.
Il y a deux accrocs, faisant obstacle à la recherche, d une part, de la composition des métaux primordiaux, d’autre part à celle des corps dits Halogènes.
Le radical ammonium, qui est analogue au potassium, sodium, possède, ainsi qu’il est admis avec une grande certitude, la composition N Hj (A3 H4) avec le poids moléculaire 18 Paranalogie, s’établirait la série suivante :
'Ammonium = N = 18 Sodium = N Hg = 23 Potassium — N H^^rrr 39
La grande affinité du potassium pour l’oxygène serait expliquée par sa considérable teneur d’hy-
drogène, comme aussi sa propriété de se liquéfier en alliage avec le sodium, quand le potassium est introduit en excès.
Partant de là, que l’azote est du carbo-oxygène, CO, je cherche à réduire les formules précédentes et j’obtiens :
Ammonium = N H.^ Cj^ O,^ = i8
Sodium = N Hg C,^ O Hg r=r 23 Potassium = N O ^^2;, — 39
Si j’admets, comme plus haut, que le carbone = 12 Hydrogène et l’oxygène = 16 Hydrogène, j’obtiens une formule H O réduite à sa plus simple expression ;
Ammonium = Hj O = 18 Sodium — H- O = 23
Potassium = 0 = 39
De cette manière, l’ammonium aurait la même formule et le même poids moléculaire que l'eau ; ce étant, je ne vois aucun empêchement que l’ammonium, ainsi que tous corps organiques isomère.s, possède à la fois cette même composition chimique et de toutes, différentes propriétés.
Les conséquences de l’isomérie de l’eau et de l’ammonium peuvent conduire très loin. Sans aller loin, je remarque que si l'on tient le vif-argent pour un descendant du sodium et qu'on le ramène à la formule HO, son pouvoir par ailleurs inconcevable de dissoudre les métaux ressort du rap-
CL aq
Quinone, que l'on désigne C« O.^ . C’est une combinaison volatile qui fent l’iode, fond à ii6° (iode fond à 1150), qui brunit à la lumière solaire, comme l’iode et ressemble à un superoxyde , comme l’iode et le chlore.
Le Quinone étant noté C« H, O, avec poids moléculaire 103,78, j’écris en manière d essai Iode Ci H; O3, ce qui donne poids moléculaire 127 (=r 126,54).
Acceptées H; O3 pour l’Iode, le Chlore serait alors C Hs O et réduisant à H O, j’obtiens H4 O., égal à deux fois H2 O ou eau, ou encore égal à Hj O2 , c’est-à-dire au superoxyde de l’eau h 2 H.
En efTet, cette parente du Chlore avec le Superoxyde d’hydrogène se confirme par l’incroyable ressemblance des deux corps (propriétés oxydantes et décolorantes). Et sa teneur propre d’hydrogène expliquerait sa capacité de former avec les métaux directement (c est-à-dire indirectement) des sels. L’acide chlorhydrique prendrait alors la formule H5 O2 = 37. Grâce à quoi s’expliquerait aussi que les sels chlorurés manquent visiblement d’hydroxyle, parce qu’ils sont l’hydroxyle même.
Revenons maintenant à la première formule du Chlore dérivée de celle du Quinone et de l’Iode, C H O Telle, elle n’est pas inacceptable. L’ Iode devrait figurer en nom dans un système généaloique (.^j après le Tellure, qui est un proche parent U soufre. Si Quinone est C H O, Iode est C H O;
si Iode est C H O, Tellure est C H O. Tellure étant C H O, Soufre est aussi C H Ü, ce que j'osais déjà prétendre dans ma première lettre.
Cela étant, le Soufre, dont le poids atomique est de 32, doit prendre la formule C H4 O — 32, laquelle réduite est ramenée à élément de Soufre 32 = deux éléments d’oxygène 32. Mais deux éléments d’oxygène, c’est de Tozone ! Oui, et c’est le pourquoi de l’incroyable capacité d’oxydation du Soufre, qui n’a d’égale que celle du Chlore ? Le Chlore est du reste, par l’Iode et le Tellure, parent du Soufre. Compare maintenant les réductions suivantes :
Chlore = C Hs O. Chlore = H4 O2
Soufre = C H4 0. Soulre = — O2 ou H2 25 O (Si O est exactement représenté par i5 96) » = H2/25 O
» = Hi6
Il est à propos de rappeler que l’hydrogène sulfuré S a le même poids moléculaire 33.98 que le superoxyde d’hydrogène (?), ce qui s’explique, si S, le soufre, et O2, l’ozone aperçus tout-à-l’heure comme équivalents, sont deux isomères. Leurs mêmes propriétés réductrices rendent la chose encore plus compréhensible.
De même l’acide sulfurique SÜ4 a le même poids moléculaire que le supersulfite d’hydrogène,
L e délaissement du poids atomique comme expression du poids des fictives particules insécables et son utilisation exclusive comme exprès-
Quinone, que Ton désigne Q H4 O.^ . Cest une combinaison volatile qui sent l’iode, fond à 116° (iode fond à 1150), qui brunit à la lumière solaire, comme l’iode et ressemble à un superoxyde , comme l’iode et le chlore.
Le Quinone étant noté C5 Hj, Oj avec poids moléculaire 103,78, j’écris en manière d essai Iode C(j H7 O3, ce qui donne poids moléculaire 127 (= 126,54).
Accepté C3 H; O3 pour l’Iode, le Chlore serait alors C Hs O et réduisant à H O, J’obtiens H4 O., égal à deux fois H2 O ou eau, ou encore égal à O2 , c’est-à-dire au superoxyde de l’eau f 2 H.
En effet, cette parenté du Chlore avec le Superoxyde d’hydrogène se confirme par l’incroyable ressemblance des deux corps (propriétés oxydantes et décolorantes). Et sa teneur propre d’hydrogène expliquerait sa capacité de former avec les métaux directement (c’est-à-dire indirectement) des sels. L’acide chlorhydrique prendrait alors la formule Ho Oi = 37. Grâce à quoi s’expliquerait aussi que les sels chlorurés manquent visiblement d’h}'-droxyle, parce qu’ils sont l’hydro.xyle même.
Revenons maintenant à la première formule du Chl ore dérivée de celle du Quinone et de l’Iode, C H O Telle, elle n’est pas inacceptable. L’ Iode devrait figurer en nom dans un système généalogique (?j après le Tellure, qui est un proche parent du soufre. Si Quinone est C H O, Iode est C H O;
si Iode est C H O, Tellure est C H O. Tellure étant C H O, Soufre est aussi C H O, ce que j’osais déjà prétendre dans ma première lettre.
Cela étant, le Soufre, dont le poids atomique est de 32, doit prendre la formule C Hj O — 32, laquelle réduite est ramenée à élément de Soufre 32 = deux éléments d’oxygène 32, Mais deux éléments d’oxygène, c’est de l’ozone! Oui, et c’est le pourquoi de l’incroyable capacité d’oxydation du Soufre, qui n’a d’égale que celle du Chlore ? Le Chlore est du reste, par l’Iode et le Tellure, parent du Soufre. Compare maintenant les réductions suivantes :
Chlore = C Hs O. Chlore = H4 Oi
Soufre = C H4 0. Soulre = — O2 ou H2 23 O (Si O esi exactement représenté par 10 96) » = H2/25 O
» = Hi6
Il est à propos de rappeler que l’hydrogène sulfuré Hj S a le même poids moléculaire 33.98 que le superoxyde d’hydrogène {?), ce qui s’explique, si S, le soufre, et O2, l’ozone aperçus tout-à-l’heure comme équivalents, sont deux isomères. Leurs mêmes propriétés réductrices rendent la chose encore'plus compréhensible.
De même l’acide sulfurique SO4 a le même poids moléculaire que le supersulfite d’hydrogène.
L e délaissement du poids atomique comme expression du poids des fictives particules insécables et son utilisation exclusive comme exprès-
sion des poids relatifs, font découvrir d’assez remarquables liens de parenté, confirmant la mutuelle parenté de tous les corps.
L atome de l'aluminium est 28, égal à celui de la silice, d ou éclaté pourquoi les plantes qui vivent principalement sur sol d’alumine presque toujours d argile, offrent dans leurs tissus souvent de la silice et toujours du carbone. Silice réduit à CH, donne C-2 H»,, mais Cj est Ethyle, un carbone d’hydrogène, d’où le carbone peut être facilement éliminé. Ainsi s’expliquerait d’où les plantes tirent leur carbone, spécialement quand toute assistance de carbone leur est ôtée, comme dans le cas des cultures sur eau. Dans ce dernier mode d’opérer, on a privé les plantes du secours du carbone de l’air, en faisant passer l’air sur de l’acide sulfurique et de la potasse hydratée ; les pauvres plantes en parurent chagrines et moururent. De là, il fut conclu que 1 acide carboniquede l’air était la source du carbone végétal. Ce faisant, on ne s’est pas rendu compte de 1 action qu’un tel traitement à l’acide sulfurique et à la potasse hydratée devait avoir sur la délicate constitution de l’air.
La potasse hydratée pèse 56, autant que le fer, l’oxyde de calcium (?), le double de la silice, partant le double de l’aluminium (2 X 28). L’oxyde de manganèse, lui, pèse autant que le potassium et le calcium, soit 40.
Il est présentement inexplicable que la potasse,
ii; —
le fer, la chaux, le talc qui se trouvent toujours dans les cendres des plantes et se manifestent pendant la combustion, ne puissent être retrouvés (dans les tissus vivants), que I on retrouve dans les impuretés de la chaux, argile, talc, acide silicique, fer et oxyde de manganèse, que le chlorure de potassium et le carbonate de fer pèsent I12, que l’acide silicique pèse 8o = 2 éléments calcium et 2 éléments oxyde de fer ? Que dans les trass de pierre ponce détritique, on trouve de la chaux, du talc, de l'argile, de la potasse, de l’acide silicique? Que dans le fond des lacs où a végété Potamogeton lucens, on ait trouvé dix ans après, des lits de chaux, d’oxydes de fer, d’oxydes de manganèse et de silice ? Qu’après les tourmentes dans les Alpes, on trouve sur la neige une poussière tombée de chaux, magnésie, oxyde de fer, silice, potasse, qu’au bord de la mer le sable de nouvel apport contienne 0,7 % de chaux, 1.60 °/o d’oxyde de fer et argile, et 96.41 de silice, tandis que le vieux sable compte 0. 01 “/, de chaux, 3.16 d’oxyde de fer et d’argile, 96,03 de silice ou en d’autres mots, que la chaux exceptée, l’oxyde de fer et l’argile se sont accrus et la silice a diminué ?
J’ai plus haut exprimé l’avis que le plomb, l’argent et le mercure étaient si proches parents que je pensais que le plomb en fondant passait par l’état de mercure et que l’argent se formait du plomb même par
raréfaction répétée pendant l’opération de l'extraction.
Ceci parle en faveur ; le Cinabre pèse autant que 1 oxyde d’argent, ce qui tend à faire admettre que l’oxygène du soufre a si bien dilaté (?) le mercure, qu’il est devenu équivalent à l’oxyde de l’argent. Cela n est-il pas encore fortifié par le superoxyde d’argent, qui pèse autant que le sulfure d’argent, soit exactement 247.30, d’où ressort que les combinaisons du soufre sont des superoxydes et que le soufre de l’acide sulfurique et des sulfates existe en forme latente, comme le salpêtre dans l’acide nitrique ? N’est il pas vraisemblable, que le plomb, dont le poids relatif 207 tombe à la fusion de 207 à celui de 200 du vif argent, soit alors du vif-argént ? L’unique moyen de le constater que j’avais a ma disposition, était d’ajouter du soufre au plomb en fusion. Il devint en effet pendant un moment rouge de cinabre. Etait-ce en ce moment du cinabre ou du minium ? Ou supero.xyde de plomb ?
A — 40° et au-dessous, le mercure est comme du platine brut.^ Le mercure pèse alors 15.6, tout comme le platine brut.
J’ai depuis longtemps déjà remarqué l’incroyable ressemblance extérieure entre l’Iode et l’iiyperacide de manganèse, mais je n’osais pas prendre l’apparence violette pour critérium d’une relation interne. Toutefois, en raison de la souvenance que le chlore et l’iode sont parents et que l’acide hyperchlorique
et rhyperacide de manganèse sont plus qu’analogues, je trouve vraisemblable la parenté de l’iode et du manganèse.
Comment s’expliquer que dans l’eau de la mer du Nord, l’iode ne peut être constaté et cependant qu’il se trouve dans les algues de la même mer ? Oui, après que les algues ont été brûlées et que les cendres ont été traitées avec le superoxyde de manganèse et l’acide sulfurique !
Pourquoi l’acide muriatique (chlorhydrique) est-il toujours souillé par du fer ?
Chlore et fer : iode et manganèse !
L’azoturede fer pèse 127, l’iode pèse 127.
Dans un temps ultérieur, on trouvera une (étroite) dépendance entre les cinq corps suivants, qui à — 40'’ C modifient leur état d’agrégation, soit qu’ils solidifient ou liquéfient.
Poids reUtif
Arséniure d’hydrogène = 83
Acide nitrique =- 63
Chlore -« 36
Ammoniaque = 17
Cyanogène = 26
Dornach, Janvier 1894.
FIN DE LA dUATRIÈME LETTRE