‹ Hospitalisation des TuberculeuxChapitre 10 sur 31 · PE · texte numérisé non relu

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dances des terrains inoccupés, leur permettant de s’agrandir.

Il est hien certain que pour ces hôpitaux il sera toujours possible de construire de nouveaux pavillons et de les aménager en vue de lhospitalisation des tuber— culeux.

Et c'est alors que nous devons nous demander à quelles conditions doivent répondre cette construction et cette organisation.

Nous ne saurions mieux faire que de nous en rapporter à l'admirable rapport du P' Letulle, à la commission

extra-parlementaire de la tuberculose, en 1900.

& L'organisation d'un service hospitalier, dit M. Letulle, en vue de l'isolement et de la cure des tuberculeux adultes indigents, qui ne peuvent, pour une raison valable, quitter la ville, doit s'identifier, autant que possible, à celle du sanalorium populaire.

& L'installation et le fonctionnement d’un tel service doivent, avant tout, être basés sur les quelques principes suivants :

1° Tout tuberculeux hospitalisé, à quelque période de la bacillose pulmonaire que ce soit, doit être, jusqu'à la fin, réputé curable et traité comme tel :

2° Son isolement dans le service hospitalier sera organisé toujours en vue de sa protection et de la manière la plus favorable à son traitement.: isolement pour, jamais contre le malade.

& Quelques conditions fondamentales méritent d'être rappelées :

1° L'hôpital de choix doit être sur un point culminant de la ville, non dans un bas-fond. On ne saurait trop rechercher les hôpitaux construits dans les parties saines de la ville, loin des quartiers industriels et des usines : On assure ainsi aux poitrinaires, outre une atmosphère moins chargée de poussières malsaines, un horizon plus vaste, en même temps qu'une tranquillité plus constante.

Isocemexr. — Îl ne suflit pas que l'hôpital soit autant que possible isolé, au milieu d’un pare ou de vastes jJardins et entouré de rideaux d'arbres, 1l est encore nécessaire que le service des luberculeux soit isolé des autres services.

«Cet isolement sera, administrativement, aussi parfait que possible : malade, personnel médical et personnel secondaire formeront un groupement spécial, distinct du reste de l'établissement. »

Exposrriox Er OriENrarioN. — L'exposition et l'orientation des nouveaux bâtiments sont très importantes.

«Les malades sont destinés à suivre à l'hôpital le même traitement hygiénique qu'au sanatorium des champs. »

«IL faut donc choisir les locaux bien orientés, au Sud-Sud-Est,de préférence ou au Sud-Sud-Ouest, de façon à leur accorder, chaque Jour et en toute saison, le maximum de lumière et d’ensoleillement. »

Au point de vue de la construction nous prélérons le

système des pavillons séparés mais nous ne voyons pas

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re d’inconvénient, si on ne peut faire autrement, à ce que le bâtiment ait plusieurs étages.

de Ce qui est surtout important, c'est la distribution intérieure du service.

« Règle générale : un service de tuberculeux ne doit pas être grand ; 60 à 80 malades sont un chiffre maxi- Et) mum. Il est bon de noter, en effet, qu'à l'hôpital, on " n'aura plus affaire, comme au sanatorium, à des valides x qui s’entraînentsans peine au traitement hygiénique, mais bien à un grand nombre de malades avancés, en partie alités, atteints pour la plupart de quelque complication aiguë ou chronique et réclamant du médecin une surveillance méticuleuse et quotidienne.

3 « Les grandes salles de malades contenant par exemple 20 lits doivent être, autant que possible, évitées. Il y a à une promiscuité douloureuse, une gêne réciproque : 2 exercées par des valétudinaires toussant nuit et Jour. De plus les contaminations épidémiques, toujours à craindre

(grippe, broncho-pneumonie, pneumonie, etc.) ; enfin la

40 mortalité grande, qui frappe à certaines époques de l'an- P. née el par Cà-coups » les phüsiques habitant en commun, g. à tout plaide contre la grande salle.

Le € Il est donc nécessaire d'aménager un certain nombre hu de petites chambres, à 2, 3 ou 4 lits, d'une surveillance ;

‘ facile (chambres vitrées).

ÿ: € Inutile de revenir ici sur l'installation et les aménagements indispensables à la cure des tuberculeux ; le cubage ne d'air abondant (4o mètres cubes par lt au minimum), l'aération parfaite (ventilation, fenêtres à triple châssis),

le chauffage hygiénique (vapeur d’eau sous faible pression),

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le carrelage du sol (ou tout au moins la coaltarisation des parquets), la suppression des angles, les portes vitrées permettant une surveillance facile, les lavabos hygiéniques et commodes : les water-closets bien aérés, chauffés et à chasse d’eau automatique, les bains et les douches à proximité du service sont quelques-unes des conditions essentielles pour l'isolement et la cure des poitrinaires à l'hôpital.

CHAMBRES D'ISOLEMENT. — Dans un tel service quelques chambres, dites d'isolement, à un seul lit, sont nécessaires en vue, soit de la mise à part des moribonds, soit de la séparation des contagieux accidentels (érysipèle de la face, fièvre typhoïde, fièvre éruptive, etc.).

& Un réfectoire et une salle de jeux bien aérés, vastes et en pleine lumière compléteront l'installation du service.

Foncrionxemexr. — « A l'hôpital, même méthode et même discipline que celle du sanatorium. Trois points sont à signaler d’une façon particulière.

A. «L’asepsie médicale doit être aussi parfaite que celle du meilleur sanatorium. Elle doit même y être plus apparente, plus solennelle, les contaminations générales y étant plus aisées et plus directes.

« Les poussières y sont absolument interdites car elles portent avec elles les germes de la tuberculose. La propreté doit cependant être méticuleuse. Défense sévère de balayer et d'épousseter, ordre formel de n’employer que des linges humides, de ne faire que des lavages, répétés autant que besoin en est, pour rendre parfaite la propreté du sol, des murailles et de tous les objets meublants. Tous les meu-

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bles doivent permettre le passage des linges mouillés audessous d'eux, etc.

« Tous les vêtements des malades sont uniformes, fournis par l'hôpital, en quantité suflisante, à l'entrée du malade dans le service ; ils sont sévèrement surveillés et désinfectés.

« Les mouchoirs et les serviettes sont, en particulier, la propriété de l'hôpital qu'ils ne quittent jamais sous prétexte de blanchissage : de même pour les gilets de flanelle et autres vêtements du corps. Sitôt contaminés les linges sont, sinon soumis à l'ébullition, au moins immergés dans un liquide légèrement antiseptique. Ils tombent ensuite aussitôt dans des récipients étanches, car leur séjour dans le service est interdit.

« Les crachoirs individuels et les crachoirs généraux sont quotidiennement désinfectés. Les malades sont astreints à ne Jamais cracher ailleurs qu'au milieu du crachoir. Ils apprennent à ne pas contaminer de leurs crachats leurs lèvres, les bords des crachoirs, un mouchoir de poche, etc.

« Les visites des étrangers sont réglées et l'entrée des salles n’est autorisée qu'aux personnes revêtues de blouses hygiéniques.

B. Discipline. — & La discipline est l'un des éléments les plus importants de la cure. Les malades doivent se soumettre à un règlement intérieur, institué en vue de leur traitement.

« Le médecin directeur du service doit leur donner une éducalion hygiénique aussi complète que leur permet

leur état de santé...

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