HOTEL-DIEU D'ANGERS
A Angers l'administration des hospices vient d'organiser un service de tuberculeux qu'elle a rattaché à la clinique interne de l'École de médecine.
En 19071, sur la proposition du D' Lepage, une commission fut nommée par la sociéty de médecine d'Angers et chargée de rechercher les moyens propres à combattre la tuberculose dans cette ville.
Cette commission présenta à la société plusieurs travaux, dont un, le rapport de M. le D" Jagot, demandait « la création d’un service spécial, dans lequel les malades puissent profiter largement des trois facteurs les plus puissants de la guérison, ou tout au moins d'une amélioration de quelque durée, à savoir : 1° l'air et la lumière : 2° le repos ; 3° la bonne nourriture. Les conclusions de ce rap-
GEORGES
port furent adoptées et son envoi à la commission administrative des hospices voté par la société dans la séance du b mars 1902(1). »
La commission, avec une largeur de vues entièrement à son honneur, ayant pris l'avis du corps médical, organisa aussitôt un service de tuberculeux à l'Hôtel-Dieu.
Une salle contenant 22 lits est exclusivement réservée aux phtisiques.
« L'aération de cette salle, dont l'éclairage est parfait, est assurée par des carreaux Castaing placés à la partie supérieure des impostes. Une salle annexe de deux lits est destinée à recevoir les malades les plus gravement atteints. »
Une vaste pièce, faisant suite à ces deux salles, a été aménagée pour servir de réfectoire.
Cure D’air. — Une galerie de cure d'air a été organisée dans laquelle les malades peuvent se rendre directement à couvert.
Longue de 25 mètres, profonde de 5 mètres elle est exposée au levant. Elle est bitumée et plafonnée: des rideaux défendent les malades contre les intempéries de l'atmosphère. !
Sous cette galerie on a installé 18 chaises longues à dossier mobile, ce qui permet une inclinaison plus ou moins accentuée de la tête et des épaules. Entre chaque chaque chaise une petite table à elaire-voie est destinée à
supporter le crachoiïr. Un matelas en varech recouvert
(1) Dr Jacor. Le nouveau service des tuberculeux à l'Hôtel-Dieu d’Angors. Archives médicales d'Angers, n° du 20 mai 1908.
d'alèzes, un oreiller, des couvertures en nombre suffisant complètent le fourniment de cure de chaque malade.
La vue est agréable, s'étendant sur les jardins fruitiers de l'établissement jusqu'à la Maine : des images d'Hugod'Alesi ornent le mur de la galerie.
La durée de la cure varie avec l'état de la température, la gravité de la maladie, etc.
En midi à
« Les malades trouvent dans ces conditions l'aération
général elle se fait de 9 heures à 11 heures et de o heures.
suffisante et nécessaire à leur guérison. Ils auront aussi le repos, car le ménage des salles sera fait pendant qu'ils seront à la cure d'air (1).»
ALIMENTATION. — L'alimentation des malades de ce se service reçoit des soins spéciaux : la viande crue, le lait, la bière, le chocolat, le thé, le café ne sont pas économisés.
Chaque malade entrant a son observation prise, très scrupuleusement, sur des feuilles spéciales. Les températures reclales sont prises deux fois par jour, et constgnées sur la feuille d'observation. Tous les huit jours les malades sont pesés et leurs poids reportés également sur un graphique spécial.
Le D" Jagot espère beaucoup de ce service.
« Loin de nous, dit-il, la pensée de croire que les malades parvenus à un degré avancé de la maladie y retrouveront la santé. Mais nous avons la ferme conviction que les malades moins sérieusement atteints y seront
(1) Dr Jacor. Loc. cit.