‹ Hospitalisation des TuberculeuxChapitre 8 sur 31 · NP EE · texte numérisé non relu

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surtout le grand mérite de mettre aussitôt en pratique, en organisant son dispensaire Émile Roux, à Lille (1). »

Il ne saurait done exister de concurrence entre ces deux éléments de l'armement antituberculeux : tout au contraire, le rôle de chacun d'eux reste absolument bien délimité.

Combien de fois, en voyant sortir un malade amélioré de notre service, n'avons-nous pas émis le regret que notre dispensaire antituberculeux n'existât pas encore pour l'accueillir à sa sorte, le suivre au dehors, le surveiller pour qu'il ne perde pas par négligence etoubli des principes d'hygiène qu'on lui a inculqués, le bénéfice acquis par un traitement de plusieurs mois à l'hôpital !

La collaboration constante du dispensare et de l'hôpital nous fait prévoir dans l'avenir les plus heureux

résultats.

Avant d'entrer plus loin dans notre sujet, nous devons encore nous arrêter un instant.

Le D' Sersiron, dans la thèse remarquable qui marquera toujours dans l'histoire des débuts de la lutte antituberculeuse en France, émettait contre l'hôpital plusieurs arguments que nous devons examiner :

1° L'hôpital, démontre-t-1l, n'offre au tuberculeux que les moyens de traitement opposés ou contraires aux indi-

cations thérapeutiques tirées de sa maladie ;

(1) Dr Frorrier. Les dispensaires antituberculeux. Revue médicale de Normandie, n° du 25 novembre 1907.

> Les phtisiques encombrent les hôpitaux au détriment des autres malades qu'ils contagionnent. Ils s'y conlagionnent eux-mômes. Ils dépensent sans résultats de grosses sommes qui, normalement, doivent être affectées aux malades des services généraux (1).

C'est absolument juste si on considère qu'il s’agit ici des hôpitaux parisiens.

ITest bien certain que dans une grande ville comme Paris, l'hospitalisation des tuberculeux, telle que nous la concevons, c'est-à-dire comportant non seulement l'isolement mais aussi le traitement, ne laisse pas que de présenter des difficultés : l'air pur fait défaut ; les conditions hygiéniques sont moins bonnes.

«Nos hôpitaux, dit le P' Letulle (2), entourés de hautes maisons regorgent et regorgeront toujours de tuberculeux chroniques. L'aménagement y est défectueux, l'espace libre manque autour des pavillons; d’ailleurs dans Paris les arbres eux-mêmes disparaissent comme les jardins : la cité de pierre qui s'élève de toutes parts et emplit nos poumons de poussières pathogènes rend le séjour à Paris dangereux pour tous, à plus forte raison pour les bronches infectées par le bacille de Koch. »

C'est encore de Paris qu'il s’agit lorsque le D' Sersiron dit: GI arrive pour les hôpitaux et pour les phüsiques qui y sont soignés ce qui se produit pour la population urbaine tout entière : une accumulation, une condensa-

tion par trop considérable dont tout le monde souflre.

(1) G. Sersirox. Thèse, Paris.

(2) M. Lerurre. Presse médicale, 14 mars 1905.

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L'état de choses actuel n’est plus tolérable et il faut que nous imitions pour nos malades lexode des citadins qui se produit de plus en plus vers la banlieue où 1ls se réfugient. Il faut que nous fassions éclater à tout prix cette odieuse ceinture de pierre et de terrassements qui presse sur le cœur généreux de Paris et qui l’étouffe (1).»

Encore faudrait-il ne pas oublier que, dans un de ces hôpitaux, le plus aéré, c'est vrai, M. Letulle a jugé utile de faire faire la cure d’air à un certain nombre de tuberculeux.

Les résultats cependant, et de l’aveu même de l'éminent professeur, ne sont pas en rapport avec les efforts dépensés. Nous aurons l'occasion d'y revenir. Et, malgré tout, dit encore M. Letulle, (2) &sur le nombre de grands phtisiques qui me sont confiés, quelques tuberculeux n'arrivent encore peu avancés, parfois même au début de leur mal et sur ceux-là j'ai prise... Bien plus, la phtisie ouverte trouve dans mes salles, bien souvent, une accalmie réelle qui se manifeste non seulement par la disparition de la fièvre, mais encore par une augmentation de poids réelle, parfois même considérable ».

Dans les hôpitaux de province la situation est le plus souvent meilleure. Mais dans tous, quels qu'ils-soient, on devrait posséder une installation, aussi modeste soit-elle, permettant la cure d'air à un certain nombre de tuberculeux. Non pas que nous ayons en ce moment la préten-

tion de réaliser une cure véritablement complète, mais

) G. SersrroN. Thèse, Paris, p. 46.

2) M. Leruzze. Presse médicale, 16 juin 1900.

MES LUE parce que nous sommes persuadés qu'en quelque endroit qu'il soit, il sera toujours plus profitable au tuberculeux de vivre à l'air le jour, d'habiter la nuit une salle à ar renouvelé, que de rester à l'hôpital dans un air confiné, surchargé de miasmes pestilentiels, pire peut-être que celui qu'il respirait chez lui.

Notre conception de la cure d’air à l'hôpital dérive entièrement de cette considération. Aussi notre prétention est-elle des plus modestes et l'on ne saurait, après cette déclaration, nous reprocher de vouloir concurrencer le sanatorium.

Nous sommes entièrement du même avis que M. Letulle pour qui le service hospitalier de tuberculeux ne pourra (jamais être qu'un demi-sanalorium, au sens précis et hygiénique du mot ».

Nous verrons d’ailleurs plus loin que certains hôpitaux, dans les grandes villes de province, offrent des conditions véritablement favorables à la cure d’air et pour

ceux-là, du moins, son utilité ne peut être mise en doute.

Et maintenant, si nous résumons cet exposé de nos idées sur le rôle de l'hôpital, nous voyons donc que :

1° L'hôpital doit être suffisant pour accueillir tous les tuberculeux qui se présenteront à sa porte ;

9° Qu'il doit leur offrir, non pas seulement un lit pour y mourir, mais les moyens de s’y améliorer, si possible

même, d'y guérir.

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