INSPECTEURS
Avant l’Ordonnance de 1892, chacune des deux sections du Bureau d'Education avait la nomination des Inspecteurs de ses écoles. De cette façon il n’y avait ni défiance ni conflit. Les Inspecteurs étaient de la foi religieuse des écoles qu’ils avaient à visiter, et par le fait même, inspiraient toute confiance aux Maîtres et aux élèves.
Empêcher tout prétexte de susceptibilité, de crainte et de mécontentement, n'est-ce pas un grand avantage pour le bien général ? Et l'Etat n’a-t-il pas tout intérêt à voir ses sujets jouir partout et en toutes choses, des mêmes droits comme des mêmes privilèges!
C'est exactement ce que nous avions dans le Nord-Ouest, en fait d'éducation, sous les Ordonnances antérieures à 1892. Majorité et minorité avaient réellement le contrôle de leurs écoles respectives : majorité et minorité rivalisaient de zèle et d’énergie pour le bien de ces mêmes écoles.
Qu'importe après tout, objecte-t-on aujourd’hui, que les écoles protestantes soient inspectées par des Inspecteurs Catholiques, et les écoles catholiques par des Inspecteurs Protestants ?
‘* Pour moi, me dira Mr Haultain, Président du Conseil, je ne vois pas pour quel motif un ministre protestant n’inspecterait pas vos écoles, aussi bien qu'un prêtre catholique inspecterait les nôtres. Ce qu’il nous faut c'est une inspection impartiale, sans acception de personnes, d'écoles, de dénominations religieuses.”
C'est fort bien, très facile à dire, mais bien plus difficile à mettre en pratique, comme nous allons le prouver tout à l’heure. En attendant le Lieutenant Gouverneur, sur la recommandation du Conseil de l’Instruction Publique, nomme quatre inspecteurs dont deux sont pris parmi les instituteurs protestants, le troisième dans le clergé de l’église anglicane et le quatrième, un prêtre catholique.
Ces quatre inspecteurs visiteront et inspecteront à tour de rôle les écoles tant catholiques que protestantes, avec cette diffé-
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