SUR LE DE»K)TI»«E
« lies prinow pemyent agir avec promptitude parce qu'ik ont les forces de l'Etat dans leurs mains ; les conspirateurs sont .obligés d'agir leotement parée <|ue tout leur manque . »
MoifTXSQIJIEU.
I. J'ai défini la Fatalité divine tout ce qui est plus fort que nous dans notre milieu. Je définis le Despotisme, THomme-Roi , ou Dieu, ou Gouvernant, ou Détenant, qui m'opprime dans la société actuelle.
Dans presque tous les actes de ma vie, ce Dieu est plus fort que moi. Mais il est plius Caible aussi quand je le poursuis avec le stylet et la torche, quand il me donne prise sur lui par ses exactions et ses coups d'état.
D'où résulte que , si j'ai à craindre la force du Despotisme dans les temps ordinaires , je sais aussi que je puis devenir redoutable pour lui dans beaucoup de circonstances. Loin donc de reconnaître l'autorité supérieure du Despotisme et de lui rendre hommage par une inaction lâche, mon esprit et mon bras seront toujours tendus vers les moyens de le détruire. Je chanterai la puissance de l'homme rebelle, la plume ou Tépée dans la main.
Et pour que la lutte entreprise me soit favorable, je chercherai à diviser, dans sa cohésion, la Fatalité terrestre» et à défaire une de ses moitiés au moyen de l'autre. Si je ne suis pas le plus fort, je serai du moins le plus rusé. A la guerre comme à la guerre! Tous moyeos sont bons contre Dieu 1 1
Le despotisme est la Fatalité sur terre. Homme, sus à luil tuel tuel
II. Toutes les fièvres, toutes les surexcitations nerveuses ne nous sont pas funestes ; parmi les inflammations et les
délires, U en est qui exercent sur nous une influence salutaire. La vieille médecine, qui ne croyait pas cela, opposait systématiquement les contraires aux contraires* Mais un grand philosophe est venu qui a dit : a Les semblables sont guéris par les semblables. » Et ce grand philosophe a opéré, dans la science, la révolution homéopathique! En promulguant ce principe, Hahnemann n'a vu, liû aussi, qu'une face du problème antinomique médical, dont la solution est entre les deux termes contradictoires posés par FAllopathie et FHoméopathie. Mais ce fut une découverte immense que la sienne^
De même , il est des despotismes et des réactions qur ne sont pas nuisibles au progrès et qui -sauvent l'humanité des autres despotismes , en les étoufi^nt. Tel est le rôle que jouera le Tzarisme septentrioi^lvis-àrvis du Bonapartisme corse. Si je croyais à la longévité ou même à la viabilité d'un despotisme quelconqifô en phase socialiste, je m'ef* fraierais, je Favoue, d'un système d'homéopathie politique. Mais les systèmes ne sont durables maintenant ni scientifiquement ni poUtiquement.
III. Le despotisme étant instrument de mal et noyau de forces, est plus propre que toute autre forme de fatalité gouvernementale à entreprendre les révolutions critiques nécessaires à la conservation des sociétés.
Qu'on relise l'histoire : celle des conquérants assyri^cis, égyptiens , mèdes et perses ; — celle des grands rois de Macédome ; — celle de Ja République et de l'Empire romains ; — cdle des dévastateurs barbares ; — celle des Etats modernes , des royautés française et anglo-saxonne, des empereurs et des papes, des républiques du Midi et de celles du Nord ; — depuis Cambyse jusqu'à Napoléon I*' et Napoléon III, l'homme aux coups d'état de la fin..... Et l'on se conyaincra que si toutes les rév<dutîons ont été
pensées par Tesprit , toutes ont éié exécutées par le bras ;
— que, m toutes ont été la révélation des philosophes les plus libres, toutes ont été le travail des concfuérants les plus puissants ; — que si Christ , Luther, Rousseau furent des initiateurs, Attila, Glovis, Louis XI, Gromwell, Jules II, Grégdre VH, Ivan ÏV, Pierre-le-Grand, Elisabeth, Catherine , Robespierre et le premier Napdéon furent des ouvriers Et que les uns ont été indispensables, comme
les autres, à Fœuvre humanitaire.
Toutes les forces, toutes, conspirât à la révolution con» servatrice des sociétés. Mes témoins sont, entre mille autres : les despotes romains embrassant le Christianisme après ravoir fait saigner par dix larges blessures ; — les despotes satra&ms occupant PEspagne pendant trois siècles, la remplissant de gloire , de science et de splendeur ; — les despotes du moyen-âge, émandpant la Bourgeoisie pour s'en faire un rempart contre la Féodalité; — les despotes qui guidèrent les Croisades rapportant parmi nous les traditions scientifiques et les coutumes somptueuses de l'Orient, en même temps qu'ils travaillaient, sans s'en rendre compte, à la destruction de la caste seigneuriale; — le despote RicheUeu qui décapita la haute noblesse bien moins maladroitement que le despote Robespierre ne le fit plus tard ;
— les despotes d'Angleterre garantissant, par la grande charte, la liberté de chacun; — 1^ despotes de Rome amendant l'inc^pendance de l'Italie contre les empereurs d'Altemagne; — les despotes prescripteurs jetant dans les vents les semences de l'idée ; — les despotes du xvn® siècle â)auchant l'oeuvre de l'alliance des peuples par l'institution de la diplomatie; — les despotes constitutionnels de nos jours déveiqypant jésuitiquement les ccmséquences de la Révolution française pour se défendre contre les prétentions de droit divin ; — les despotes de droit divin devenus plus jacobins que les dettes oonstitutionnels ; — l'Anglais
et le Français da despotistne combattant, en Orient, pour la liberté tarqae'; — le despotisme tzarique enfin 1 1 1 in- ^troment de révolution sockile. — Les vents roulent Voiseau voyageur; les vagues, le poisson agile : comment rhomme, quelque grand qu'il soit, pourraifr-il résister au touii^Uon social?... Un despotisme, quoi qu'il fasse, n'est jamais que l'expression d'une société.
A l'appui de mon opinion sur le Dec^tisme, l'histoire entière dépose donc.
lY. La Physiologie dépose également. — C'est toujours au moyen d'une perturbation totale que les vraies crises agissent sur le corps de l'homme ; toujours c'est par un Dieu, par un mal quelconque, — variole, rougeole, crise dentaire, crise d'accroissement, de puberté, d'allaitement — que la vie se renouvelle plus complète et plus int^rale. Le passage d'un âge à un autre, l'apparition de toute fonoiion sont marquées chez l'homme par une crise, par une opération violente, despotique.
Vr Les Rrrévolutionnaires de la tradition, eux-mêmes, déposent aussi pour moi. Ces vigoureux citoyens ont tellement conscience du rôle révolutionnaire du Despotisme, qu'ils déifient Robespierre, le plus recors de tous les despotes, et que to\is leurs plans de réédification sociale se résument en ces mots : Dictature, Comité de salut public, Commune de Paris, Junte de salut. Commission executive. Gouvernement provisoire. Conseil fédéral, Convention, etc.
En eux cette monomanie gouvernementale est devenue chronique, fixe, incurable ; elle ne peut être modifiée par aucune leçon sévère, par aucune expérience funeste, par aucun examen de soi-même ou des autres , sous aucune latitude. En Angleterre, en Belgique, en Suisse, en Espagne, en Piémont, aussitôt que deux rrévolutionnaires frrrançais se trouvent vis-à-vis l'un de l'autre,' ils fondent
une junte de salut avec président et sec^rétaire. Cette junte s^appelle la Rrrévolution ou la Ciommune Rrrévolutionnairre; discute, dispute, hurle, se bat, émet des programmes grands comme le creux de ma main dans lesquels elle résume d'au^or les aspirations de THumanité ; cette junte n'agit jamais, tout en recommandant le régicide à la ferveur de ses fidèles et en écrivant à propos du scélérat de Décembre : a Assas^n qui ifs us tub pas ! »
En cela , la grande erreur des Rrrévolutionnaires de la tradition n'est pas de rendre hommage aux effets incontestables de la Force, mais de rêver pour eux-mêmes la puissance dictatoriale, tandis qu'il est dans la nécessité des choses qu'ils ne développent que l'Idée.
Il faut une force quelconque pour substituer un ordre nouveau à un ordre ancien , pour faire passer une idée à l'état de fait. Or, aucune force n'appartient aux révolutionnaires qui ont déclaré la guerre à la Force. Comment eux , qui nient toute autorité , s'y prendraient-ils pour constituer un gouvernement? Comment eux, qui nient tout privil^e, rétabliraient-ils l'aubaine sous toutes ses formes? Comment voudraient-ils détruire et conserver à la fois tout ce qui existait avant eux? Comment le feraient-ils, lorsqu'ils seront poussés en avant par la Révolution?
La Force despotique fut, jusqu'à ce jpur, l'instrument de toutes les révolutions conçues par l'Idée. Tant que l'humanité aura pour cerveau le Privil^e, elle aura pour bras l'Epée.
VI. Pour accomplir leurs destinées, les sociétés doivent présenter un faisceau unitaire. Deux voies leur sont ouvertes pour parvenir à cette unification.
Ou elles y arrivent par l'absence complète d'autorité et par l'extension de la liberté jusqu'à l'Individu ; — ce vers quoi nous tendons. — Ou bien, par l'absence complète de
la liberté individuelle et la réunion des droits de tous entre les mains d'un seul ; — ce que nous soufilxms encore.
A cette différence près que Textréme Despotisme nie la nature de Thomme et l'abaisse vers la terre, tandis que Tanarchique Liberté affirme le plein développement de nos facultés et nous élève aux cieux , ces deux extrêmes se touchent pour les résultats égalitaires qu'ils produisent. Jean*-Jacques avait observé ces efifets identiques , sans se rendre compte de cette différence fondamentale. Mais Jean-Jacques n'avait pas , comme nous , l'expérience des révoluti<»» qui secouent FEurope depuis un demi-siècle ; il n'était pas volontairement ou stupidement aveugle comme les Rrrévolutionnaires.
Pas un maître, ou rien qu'un maître. — Ainsi, moi bandit, je comprends toute organisation sociale, d'accord en cela avec l'autocrate Nicolas. Anarchie ou Tzarisme. Les gouvernements constitutionnels écjuilibrés , pondérés, sont des embarras dans le monde :• leur dernière heure a sonnée.
Tant que les hommes ne se sentiront pas assez de caractère pour s'affirmer chacun dans sa liberté, je préférerai, pour ma part , le Despotisme absolu à la République de Washington qu de M. Marrast. Au moins on sait ce que l'on a et ce que l'on peut faire ; c'est moins traître. J'en sais quelque chose, moi qui ai été honoré de la sollicitude toute particulière des boui^eois rrrévolutionnaires frrrançais.
Yll. On peut dire que le Pouvoir propose, mais que le peuple^ la réelle majorité, dispose, quand il lui plaît. Vous objecterez que rien ne sanctionne le despotisme? Noncertes, au milieu d'hommes libres. Mais si vos concitoyens ne désirent pas la Liberté, ou si la désirant, ils n'ont pas la force de la prendre ; s'il convient à tout un peuple de
s'abandonner, vous particulier, \om n'avez pas le pouvoir de Ten empêcher et vous ne pouvez pas avoir la prétention de lui faire des reproches. Vous devez vous esti^ier bien heureux déjà quand vous pouvez vous soustraire à la tyrannie et garder votre liberté de penser.
Qu'on soit bien convaincu que la forme de gpuvememenfe supportée par une société répond toujours exactement aux profonds ressorts de s(m organisme. Un peiqple peut se laisser surprendre un jour par un coup d'état ou une cou- ^iration. Hais encore qu'elle réussisse momentanément, toute tentative de ce g^nre succombe bientôt quand elle n'est pas l'expression résumée des tendances sociales. En dépit des hurlenfients de toute l'émigration frrançaise, je soutiendrai toujours qiie le gouvernement de Basile^Narpoléon III convient à la France boursicotière, bavarde, intrigante, avilie, rachitique, à la France des épiciers. Les asticots ne prospèrent que sur la fange !
Il y a des despotismes que je nommerai d'EnthouSîasBEie, et d'autres que j'appellerai de Lassitude.
Ces deux formes du pouvoir absolu sont parfoilement en rapport avec les milieux- dans lesquels elles s'exercent. Les nations jeunes qui marchent à la vie, qui affirment et agissent, adoptentdes premiers. Les seconds sont subis par les nations vieilles qui nient , radotent et roulent convulsivement à la tombe. — Exemples de ces deux despotismes : les Césars de Rome et de Byzance, Bonaparte, le Rhéteur apostat , d'une part ; — et d'autre part , les premiers rois de Rome et de France, les tzars de Russie, Nicolas.
VIfl. Le Tzarisme actuel est un despotisipe de conquête, d'action , d'audace ; il est soutenu par ses peuples dans son œuvre d'invasion. L'empire français, au contraire, enfouit son règne comme un crime ; il rèffie sur l'agio,
rimii¥>bilisme, Fbypocrisie et la peur; les bourgeois civilisés Tabandoanercmt à ses propres ressources avant mèsoe que la lutte soit sérieusement commencée. Les gouvernements d'Occident s'en vont en guerre comme le général Blaser, Quand ils regarderont derrière eux, au moment d'ouvrir le feu, ils ne trouvercmt plus ni. canons ni soldats ; ils le pressentent et demandent la paix à deux genoux au mal léché du Nord. On commence à voir, comme moi, que les guerriers d'Occident sont tout au plus bons à auner du caKcot, Vous verrez que les Français en riront beaucoup et en accuseront le gouvernement. Pauvre gouvernemept ! comme s'ils ne l'avaient pas fait à leur image, laid, lâche, louche, menteur, et violateur de serments !
Je maintiens donc que le peuple russe ne pe^t faire autrement que d'envahir l'Europe occidentale; — que l'Europe occidentale ne peut faire autrement que de s'agenouiller bien bas devant le despotisme cosaque ; — et que les tyrannies russe et française s'élèyeront et s'abaisseront, l'une et l'autre, au niveau de leur tâche.
IX. Au pouvoir, l'homme est forcé d'agir, d'agir beaucoup, d'agir pour tous. Or, l'homme agissant pense peu. Pour que l'action soit prompte, il faut que la réflexion soit nulle. Car la Réflexion engendre le Doute à la paupière tremblante, fatal à la passion et aux actes.
Il en est de même dans les sociétés. Les factions, les partis, les sectes, les assemblées , comités et conseils délibèrent, discutât, morcellent les décisions, gaspillent les
ressources, et en définitive n'agissent point. Plus les
sociétés sont sérieusement menacées , plus elles sont rapprochées des deux termes de la vie, plus aussi elles exagèrent l'autorité. Le Despotisme est le rempart des sociétés iniques ; il sert de nourrice aux peuples nouveau-nés et de garde-malade aux peuples en décrépitude.
Le croirait-on? L^objection princi{)ale que font les Civilisés à mon idée cosaque est la pauvreté que voici : Mais les peuples de Russie sont trop stupidement grossiers pour renouveler des races aussi finement délicates que sont les
nôtres Ces bourgeois ! Voilà des gens qui se prétendent
savants, qui discutaillent politique du matin au soir et qui ne peuvent même pas trouver, dans Tampleur de leurif ventres, ces réjQexi(His si simples :
Que pour renverser, il faut des hommes forts ; — que pour fonder, il faut des hommes croyants; — et qu'eux, les Bourgeois , ne sont ni croyants ni forts comme les Cosaques.
Ces gens qui s'épousaillent sans déroger d'un écu , ces mêmes bourgeois aux passions prudentes, seront ébahis si vous leur démontrez que les croisements les plus féconds sont ceux que la nature provoque entre les peuples les plus divers.
Les rrrévolutionnaires de la bourgeoisie comptent sur le Suicide pour dépeupler la société de ses privilégiés ; moi, Je compte sur l'Homicide et crois me tromper moins qu'eux. A la rigueur, l'hofnme est anthropophage des autres ; de lui-même, jamais.
Quand ma terrible idée s'exhala dans un premier scandale, ces mêmes bourgeois chantèrent en chœur que j'étais un pauvre fou qu'il fallait renfermer. Race d'oiseaux de
nuit ! Vous verrez qu'ils ne conviendront de la force
supérieure de la Russie que quand les Cosaques viendront, avec la torche, leur mettre le feu au derrière. — Le bourgeois frrançais se peint en deux mots : Insolence et Lâcheté!
Oui, bourgeois ! race bavarde et parcimonieuse, le Tza- RisME est brutal, oppresseur, ignorant de vos belles manières et de vos leçons académiques. Et c'est pour cela que le Tzarisme vous tuera. Le Deux-Décembre n'eut besoin ni
d'tifbdûîté ni de science pour vous fouetter jusqu'au sang ! Exk vérité je vous le dis, ces gei»-là s'agenouillent avec reconnaissance devant leurs bourreaux ; on n'en fait plus rien que par la. peur. OhJ DÉCRÉnruDE, vieille aux sans noirs et flasques, es-tu satislaite des derniers enlants de teâ afiK>URimau(Ute5? I
X. U est de l'essence de l'autorité de tendre sans cesse au plus G<moentré des pouvoirs, au pouvoir d'un seul , à l'AUTocRAtiB. Celte temlaiice nous est expliquée par la nature humaine.
Ajtoç — moi-même ? — dit l'homme, en se dressant sur la pointe des pieds , en s'avaûçant pour saluer, en se faisant annoncer dans un salon , en apposant sa signature au bas d'un décret.
Àût^ç — md-mêmè ! — De par moi ! comme dit la frandie autorité. — De par nous ! de par Dieu I comme dis^dt les gouvernements hypocrites. — lo! comme l'accentue le Castillan. — // majuscule, comme Pécrit l'Anglais. — Moi! comme le grossit le Français. — Ich! comme le savoure l'Allemand. — Tous ces mots sont toujours de la première personne, la personne principale, absolue, tandis que le reste de l'humanité est secondaire, superflu, accessoire. Les premiers mots , les mots les phis coui'ts, les plus élémentaires d'une langue, ceux auxquels on a pensé tout d'abord, sont ceux-là. Ce sont les exclamations de l'homme sauvage. C'est toujours l'expression la plus forte de l'orgueil bipède : outôc, moi-même, moi qu'il ne faut pas confondre avec un autre, moi seul, bien moi , rien que moi. Nie qui voudra que l'homme soit titré surtout en intérêt, en amour-propre et en orgueil. Il me sufiit d'entendre le premier cri d'un enfant pour l'afiu'mer.
Par ce seul mot aùtôc qui répond à ses aspirations les plus irrésistibles, rhomoie annonce à ses semblables qu'il en-
tend rest^ différent d'eux. Or, dans les sociétés en guerre, comme Fa été jusqu'à ce jour, la sodété humaine, vouloir rester diffi^rent des autres, c'est se ccmstituer leur enneoii ; c'est leur faire la guerre par tous moyens , justUié qu'on est par la fin vers laquelle on tend^ la victoire !
Tant que l'organisme social opposera ies hommes el ks intérêts les uns aux autres au lieu de les faire valoir les uns par les autres, il résuUera de cet antagonisme @itre la Nature et la Société que les in^incts les plus imprescrip* tibles de Vhomme toumearont ccmtre scfn hiHiheur .
XI. Dès que l'homme a posé son autonomie, son moi, son authenticité, il veut en faire reconnaître la supériorité par ses semblables ; il aspire à l'at^torité, à l'au/ocratie. Il n'est pas un homme qui ne recherche sur les autres une supériorité quelconque. L'otitocrate de l'empire russe .n'est pas plus coupable que Vautocrate de ma famille ; je n'ai jamais autant souffert du despotisme de Napoléon III que de celui de mon père.
Dans tout milieu hiérarchisé l'homme obéit à son intérêt et à son penchant en tendant à l'absolu pouvoir. Comme il faut qu'il soit dessus ou dessous les autres, il préfère être dessus. Il y a plus de la nature de l'homme chez le tzar Nicolas que chez le roi Léopold. Car tous les rois désirent le pouvoir absolu; et quand ils ne le prennent pas, ce n'est pas la bonne volonté qui leur manque. Je ne crois au dévouement et à la vertu de personne, pas même des rois. . ,
XII. De ce que je viens de dire il résulte : que l'homme s'affirme dans son moi ; — qu'il tend à faire prédominer sa supériorité partout ; — que le Despotisme est dans les entrailles de tout gouvernement.