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d!attrctction , d'intelligence, d'imagination, de génie, de sympathie. — Les deux séries s'engrènent.
C'est-à-dire qu'en pénétrant dans ces extrêmes profondeurs des phénomènes naturels, nous confondons complètement la Matière et l'Idée. C'est-à-dire que nous ne savons pas bien quelle différence il y a entre les phénomènes de l'attraction physique et ceux de l'attraction passionnée, entre les effets du Magnétisme et de l'Électricité et ceux qui accompagnent la production de |la[ Pensée. Tout ce que nous savons, tout ce qu'il nous importe de savoir, c'est que ce sont là des forces , et que ces forces conservent lef mouvement de FUnivers.
Bientôt, nous allons démolir de nos propres mains l'édifice de contradictions si péniblement élevé par la science théologo-philosophique. La différence créée par notre entendement entre la Matière et l'Esprit est sur le point de disparaître complètement, parce que nous allons deviner enfin le mode de pénétration de la Matière ei de ITEsprit. Le problème est bien près d'être résolu , par lequel nous découvrirons le mécanisme de notre pensée, l'assimilant à une réaction de deux éléments matériels et arrivant peutêtre à la r^roduireî.... La race humaine se croira bien puissante alors, et dans son oi^ueil, elle s'écriera avec l'empereur rotnain : « Je sens que je deviens Dieu î !... » Hélas I ces chants d'allégresse seront des cantiques de mort. L'étemelle et universelle transformation ne s'arrêtera pas devant l'orgueil de l'homme. Nous sommes assea cyniques et'assez libidineux pour descendre à l'échelon des singes et subir rabaissement de la captivité sous une race nouvelle plus puissante, plus forte, plus belle que la nôtre.
II. J'aj^lique les données précédentes à la question skivo-dviKsée.
Dans le milieu social comme dans le milieu de FUnivers, comme sur notre propre individ^^ ^ n^us établissons cette diflféreijce de matière et d'e^it suivant des données utopiques. Quand il s'agit de la société « nous désignons plus spécialement sous le nom de Force la puissance que nous pouvons connaître par les sens, et sous le nom dldée, celle dont pous nous r^idons compte seulement par la pensée.
D'où il suit que Parmée , la population , les richesses et nndustrie d'une nation seront dites des forces. Tandis que son influence intellectuelle, philosophique, artistique, entraînante, .socialisante sera réputée du domaine de Vidée,
Mais ce dualisme est aussi utopique ici que dans l'ordre universel. Car nos pensées et nos actions réagissent sans cesse les unes sur les autres et s'enchaînent de manière à ce que no% ne puissions dire que les unes soient plutôt K^ causes que 1^ effets des autres. Elevées à leur plus haute expression, elles se confondent. Employée par Napoléon, la Force ne fut-elle pas une idée? Appliquée par Robespierre, l'Idée ne fut-elle pas une Force? Et si, après avoir étudié un seul homme, nous observons l'humanité, si nous faisons la somme de ses idées et de ses actes, nous verrons que les unes provoquent les autres en vertu d'une solidarité forcée.
Le bras et le cerveau àont utiles à l'homme. La tète pense, le bras exécute. Mais toute action fait naître une pensée, et toute pensée produit un acte. L'être humain n'est complet que par le ressort de ce dualisme. Quand l'une des puissances opposées prédomine trop exclusivement en lui, il devient ou brutal par excès de force, ou nerveux par excès de pensée. ^
De même la Force et l'idée scmt indisp^asables à l'Etre jsocial. Les révélateurs sont complétés par les conquérants.
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Une indéclinable solidarité enchaîne toutes les manifestations de la vie, tous les tqmps et tous les iMHnmes. Voltaire et Rousseau , penseurs , communiquent les impressions de leurs âmes à leurs contemporains. Dans la génération qui leur succède, Témotion qu'ils ont fait naître se traduit par des actes. Qui oserait soutenir que la pensée de Voltaire et celle de Rousseau niaient pas eu autant de part dans la Révolution française que les bandes de Maillard et de Barbaroux? Ces deux philosophes n'ont-ils pas sonné le toci^ et battu le rappel de cette révolution, dans laquelle FEurope fut jetée tout entière sur les champs de bataille?
On dit force du caractère et force du bras, force armée et force du génie, i<>ree de conception et force de réalisation. <!e sont là en ^Eet autant de manifestations ultrapuissantielles de Tétre humain. Dans leurs e£^ comme dans leur essence, Tldée et la*Force sont identiques. Tour à tour vaincues Tune par l'autre, elles assurent le triomphe de notre existence. Voilà ce qu'il nous importe de savoir : que ce siHit deux puissances réelles et ccmservatrices pour nous.
Ne dites donc pas avec les despotes : La Force est tout. Ne dites pas avec les philosophes : Q n'est rien que l'Idée. Ne dites pas que l'Idée est toujours victorieuse. Ne dites pas ûon plus que la Force parviMit toujours à comprimer. Car toute force est bonne ; tcHite idée est bonne aussi : et chacune accomplit en son temps sa tâche humanitaire. La Force est-elle inutile quand elle éventre les montagnes et brûle les trénes? L'Idée est^Ue superflue quand die projette au kHQ les vives lumières qu'elle secoue de sa dievelure embrasée? La Force et l'Idée mârchei^t en sens inverse ; l'Epée et la Plume ne sauraient accomplir la même tâche. La Guerre précède la GiTiUsation, comme, au sein de la forêt viei|)e, la Hache fraie le chemin à la Bible. —
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Grotius et MaochiaYeili, Bernardin de Saini-^Pierre ei Gam* panella , tous les sûnplistes enfin, n^ont vu qu'on. cAté de la question^
m. MOMENT DE LA FOROE ET MOMENT DE LTDÉE.
« Ce qui têt utile an ^Mie ne s'iatroduit g«ère que par la forée, attendu que lee intérêts parti<»iiier8 y sont presque toujours opposés.»
J.-J. RoVSSBAiy.
Tout en reconnaissant rutîUté égale, Fessence id^tique de la Force et de Tldée , il nous est indispensable, pour raisonner, de maintenir aussi l'hypothèse de dualism^dams^ la nature humaine.
Ce qu'il n<Mis importe de bien déterminer , c'est le mo^ ment de chaque force. Car l'existence est un problème de statique, et pour le résoudre, nous deyons savoir dans quelles conditions les puissances humaines seront employées le plus avantageusement contre le milieu de l'uni* vers.
Par un incroyable abus des mots, nous- sommes arrivés à un déplorable malentendu dans les choses. Quand nous parlons aujourd'hui de Pùrce, en politique, noc» attachons à cette expression la p^uée de contre-révolution. Et quand nous parlons d'Idée, nous prenons ce mot dans une aoception exclusivement révohUionnmre,
Pourc[uoi cela? Estnce parce que l'Idée conçoèl les révolutions et s'engage, la preodière, dans leurs voies t Est-ce parce cpie la Force s'oppose à la réaUsatton des idées nouvelles autant qu'il est en son pouvoir, et ne les subît qu'avec le temps? ~ Mais si l'Idéa restait toujours en avant, isolée de la Force, elle ne prendrait pas de corps et demeci- '
rerdit stérile. De même la Force serait oondamoée à Tinacti<m , si la Pensée ne lui préparait sans cesse de nouveaux sujets de travail.
Lldée n'est pas toujours employée au service de la Révolution directe. De Maistre, Ifecchiavelli, M. Hom^ nous en donnent la preuve. La Force ne vient pas toujours non plus en aide à la Réaction directe, comme il est démontré par les révoluti<ms suisse, allemande, anglaise, française et américaine , par toutes les révolutions les plus grandes de l'univers.
J'admire en vérité les bourgeois progressistes de ce temps-ci, qui veulent opérer la révolution par les réfwines insensibles et l'absolution lente de la Pensée, sans commotion et sans désordres ; je les admire à l'égal de Brunswick et des émigrés qui croyaient, en 93, paralyser la Révolution par la Force î — - A toute oeuvre humaine doivent concourir l'action du bras et l'action du cerveau, l'important est de ne pas exiger du bras le travail de la tète et de savoir employer à temps l'un ou Pautre.
L'être humain n'étant pas complet sans ces deux puissances, la révolution dans laquelle touted" deux n'interviendraient pas ne serait pas durable*
J'avance seulement cette vérité paradoxale que la Force prépare les révolutions aussi «cuvent que l'Idée.
L'Idée prépare la réforme religieuse d'Allemagne et la réforme politique de 93 ; ces révolutions sont réalisées par les princes contre les papes, et par les dictateurs révolutionnaires contre la royauté. Mais en sens inverse : la Force prépare les révolutions d^Angleterre et d'Amérique ; les puritains de Crorawell et les indépendants de Washington en sont les précurseurs ; l'Idée n'exécute ensuite que Iratement les promesses contenues dans un jour de vîctdre. — Les hommes ée la première révolution fran-
çafâe, qui était une révolution executive, furent obligés d'unifier au nwyen de la Force. Nous qui travaillons à une révolution pensante, nous sommes contraints de diviser par la Pensée — ce qui est toujours unifier.
A pr(q>rement parler, il n'y a aucune puissance absolu- < ment réactionnaire ou absdument progressiste : toutes sont révolutionnaires. Il n'est pas un h<Hnme qui ne fasse de la révolution sans le savoir. Les tyrannies les plus absolues et les démocra^ les plus anarehiques servent à la révolution soit directement^ par les réformes qu'elles opèrent, soit indirectement, par la terreur qu'elles inspirent. Les sociétés ne parcourent que par bonds le cycle de leur existence. Â mesure que l'humanité avance en ège, leis secousses deviennent certainement moins violentes, les guerres moins sanguinaires , les révolutions moins homicides. Mais toujours subsistera, dans la nature humaine, le dualisme entre le moi et le non-moi, entre l'âme et le corps, entce la Pensée et la Force. La vie, soit individuelle, soit sociale, est à ce prix. Ne pe^rdons jamais de vue le problème qu'il nous faut toujours résoudre.
En ce qui touche la Révolution organique et sociale de la fin de ce siècle, l'Idée a fait son œuvre ; partout elle a rassemblé les matériaux que la Force, ouvrière diligente, doit maintenant utiliser.
Les écoles allemande et française, Kant, Fichte, H^ei, Saint-Simon, Fourier, Pierre Leroux, Proudhon ont traduit, chacun suivant ses facultés spéciales, les aspirationi^ de la. jeune Europe occidentale. La semence est au sillon. Il faut maintenant que le fer des charrues et que le fer des lances puassent à travers le sol, et aussi à travers les hommes qui sont l'argile où germent les idées.
Je 4ésire que mes int^tions révolutionnaires ne puissent être m^nnues de personne. J'insiste donc sur le
moment de la Força, afin que tout le monde me comprenne bien. — Quand vous voulez démolir une maison qui menace ruine, mandez-vous Tarchitecte pour tirer des planis(? Non, mais vous plac^ le maçon au pied du mur, et le maçon fait sa tâche. Quand vous voulez entamer une barre de fer, allez-vous chercher un professeur de chimie en Sorbonne afin qu'il vous apprenne la pesanteur spécifique deTatome du métal? Non, mais vous mettez à Tœuvre le serrurier avec sa lime ou le métallurgiste avec ses réactifs, et la question est bientôt tranchée. Si vous avez à enfoncer un carré d'ennemis hérissé de fers de lances et de gueules de canons, vous ne faites pas non plus venir un élève de TEcole Polytechnique pour vous procurer la satisfaction de Fentendre discourir sur les X, savantisme nauséabond et de peu de ressources? Non, mais sur le mur de bronze vous lancez Tartillerie, le génie et les sapeurs qui font la trouée.
I^s paraboles sont des naïvetés, disent les savants en tirant une prise de leurs tabatières d'or. D'accord, Messeigneurs les Scribes ! Mais avec ces naïvetés là, Jésus le Révolutionnaire a tué vos maîtres de Jérusalem. Et moi qui vous hais, je veux vous tuer aussi avec les paraboles. '- Or donc, peuple ! comprends-tu celles que je te propose ? Et la société actuelle ne te semble-t-elle pas assez hérissée de privilèges, de lois, de prisons, de fusils et de guiUoiioes dirigés contre toi? Charge d<mc sur elle sans répit, sans pitié I Et que, frappée au cœur, elle tombe!!... Hosannahll!..*
A l'heure qu'il est, je le répète, il n'y a plus que deux puissances réelles : le Despotisme qui représente la force, et l'Anarchie qui représente l'idée. Quant à la République et au CoDstitutionnalisme, les bourgeois ont bien parlé de ceU en grec, en latin et en anglais. Mais les peuples sont las de ces balançoires politiques organisées par unq époque
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où tout était Monopole, Epargne et Fiction. La République gouyemementale n'est pas plus possible aujourd'hui que ne le sont Fintérét du Capital , Taubaine de la Propriété et le monopole des fonctions, *-* fictions organiques ; -^ pas plus possibles ne sont aujourd'hui les amis de la Cons- HttUion que ne le deviennent chaque jour 4e banquier, le propriétaire et l'intermédiaire quelconque, — fictions personnelles. — Le Mensonge a fait son t^nps !
A l'heure qu'il est sont en présence : le Sodalisme ceci* dental, c'est-èKiire l'ensemÛe des idées les plus audadeuses et les plus diversifiées de l'Eun^; — et la Monarchie moscovite, ç'est^-nlirelerassénblement des forces les phis rétrogrades et les plus unifiées du continent.
Et pour que le Problème Social ait une solution, il faut de toute nécessité que ses deux termes contradictoires soient poussés à leurs consécpiences les plus extréméB. H faut que le Socialisme occidental se divise, comme parti, et progresse, comme idée, chaque jour davantage. Il faut, d'autre part, que le DespotLsone moscovite se serre, tasse ses forces et s'opiniàtre chaque jour plus dans ses projets de guerre. Car en science sociale, comme en science mathématique, un ressort ne produit tout son effet que par son extrême tension. La Force ne peut pas être où est FIdée quand le moment d'action contradictoire de l'une ei de l'autre est arrivé.
En dépit de toutes les déclamations, proclamations , réclamations, contestations, conciliations, discussions, Unions, réunions, désunions; parlementarisations , prc^rammeçet ultimatums, les événements eourent à leur destinée révolutioimaire avec uzke dàneace providentielle. D'une part, toutes les conciliations t^itées entre les sectes socialistes ont abouti à néant ; toutes les conspirations , toutes les in^ surrections r^ubUcaines <Hit été étouGEées dan& le sang. D'autre part^ toutes les génuflexions des diplomaties oec^
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déniâtes auprès de Nicolas, l'autocrate, n'ont pu désarmer 9a vanité brutale.
Il y a quelque chose de bien raisonnable et de bt^ rigoureusiement lo^que dans cette providentielle démence des événements. N'en étes-*vons pas effrayés, civilisés? Hommes ^hémères , eh ! que savez-vous de la folie et de la raison? Si Nicolas, qui met le sac à votre civilisation, si moi qui signale les tempêtes se détachant sur Fhorîaon lointain, ^ tous deux nous sommes des fous : qu'étes-vous donc, civilisés, vous qui vous préoccupez des banquets, des mac^nes infernales et des fmji d'artifice dressés sur le passage d'un bdmme empanaché? Nie la Fatalité qui veut, ferme les yeux qui veut sur les mouvements des peuples et des mondes : moi je soutiens que ces phénomènes généraux forcent des situations que jamais n'oseraient braver des hommes humblement courbés sous la lourde charge des intérêt.
n faut que la Révolution fesse le grand écart ; qu'dle devienne Européenne &à étendue, anti^monopoliste en profondeur. Malheur à nous si l'orgueil naturel à l'homn^ abandonnait le tzar dans son ambition énorme, et les so* cialistes dans leurs vaniteuses susceptibilités ! L'extrême dissolution du monde occidental prépare la Liberté (te l'Individu ; l'ettr^xiie cohésion du monde oriental prépare la solidarité des contrats. Et tels sont leslleux résultats que la Révolution doit atteindre pour établfar l'Ordre des choses et assurer le Rien-Être des personnes. Malheur à nous si l'un de ces deux ressorts venait à se détendre l. .. Mafâ j'ai trop foi dans l'àmour-propre humain pour le craincfa'e.
Je lé répète donc à tout révolutiomiaire de bonne volonté et de franchise :
Sépare4oi des partis. Romps avec la tradition et le nationalisme. Marche ton chemin sans regarder si Ton te
précède, si Ton te sait. N'attends de mot d'ordre de p|ersonne; celui qui te le donnerait serait ton maître. Crie ta pensée comme elle te vient , quand elle te vient , dans les termes qui te paraissent justes ; proclame-la dans les rues larges et sur les hautes tours. Il n'est pas bon que l'homme soit muet; celui qui écoute est désarmé bien vite. Ecris ta réflexion de ta propre main, de ta propre orthographe; signe-la de ton nom et jette-la aux quatre vents. Ne dis pas que tu n'es ni assez savant ni assez célèbre pour cela. N'as-tu pas mesuré la hauteur des grands hommes de ce jour, et te croirais-tu, par hasard, plus petit qu'eux? Ré-^ pands dans l'air tout ce que tu as sur les lèvres , lumière ou flamme. Il nous faut marcher avec la torche d'une main et le flambeau de l'autre.
Homme déshérité ! afiirme-toi dans ta personnalité, dans ta dignité I Sur ta tète proscrite pose , d'une main ferme, le plus brillant des diadèmes, celui que portait l'homme Kbre au grand jardin d'Ëden et qu'on lui a ravi joyau par joyau. Debout dans ta propre cause, pour tes griefe, pour ta revendication ! Lève-toi seul , sans parti , comme s'est levé l'héroïque braconnier de Saône-et-Loire ! Le rôle de bourreau historique n'est pas fait pour nous.
Et je dis à Nicolas :
Descendant des plus puissants révolutionnaires qui furent jamais , maître de la moitié du monde, homme du Nord, organisation de fer et de glace, volonté tenace, vanité mesquine, influence de hasard et de naissance !... Ni trêve ni merci à l'Occident ! Suis la voie que vont t'ouvrir des milliers de cadavres , la ismb qui conduit au cœur du Vieux-Monde, à Paris!... Frappe par l'Epée et par le Poison, par l'Incendie et par la Surprise ! Achète la Trahison ; déchire les Traités ; fais la guerre en Barbare I Le Choléra, la Peste, les Fléaux et les Famines sont avec toi î La division est au camp des civilisés ; on y parle toutes les langues
comme à Babel : on y parlé aussi la timme. Us sont nombreux ceux qui convient les Cosaques au sac du Vieux- Monde ! I
Machine, fais Tingrat travail des machines t Maître de soixante millions d'hommes, obéis servilement à soixante millions d'hommes ! Frappe sans écouter, frappe sans répondre : que les multitudes soulèvent et abaissent ton bras I Frappe I la Destruction a passé dans les airs, et de ses ailes mutilées , des gouttes de sang ont tombé sur toi ! Aux révolutionnaires socialistes que la Fatalité te donne pour alliés, ô Tzar, peut-être la Torche et le Glaive échapperaient des mains. — La Révolution a parfois besoin d'instruments terribles : la Révolution t'a choisi, Nicolas f
Quand je dis que, dans la Guerre sociale présente, la Russie est la forcer, et l'Occident, l'idée , qu'on ne me fasse pas dire autre chose.
Je ne dis pas qu'if n'existe pas d'idées révolutionnaires en Russie : je sais là-dessus tout ce que M. Herzen nous a appris. — Je ne dis pas non plus qu'il n'existe pas de forces révolutionnaires en France : je ne suis pas de ceux qui méconnaissent le caractère et la portée des jours de Juin 48 1 — Je répète seulement qu'à l'heure qu'il est, la Russie est plus forte et l'Occident plus penseur, — et que le moment de la Force est venu.
Je ne dis pas non plus que la Force sera toujours à la Russie, et l'Idée toujours à l'Occident : entre les puissances les rapports changent , dans, les sociétés comme dans l'univers. Ce qui est Dieu, Majorité, Nation conquérante aujourd'hui, sera demain Esclave, Minorité, Nation vaincue. — Je me suis suffisamment élevé, j'en ai la conscience, contre les prétentions de ces politiques du Pont-Neuf qui attribuent à une nation une supériorité absolue et éternelle
sur les autres. J'ei^père bien , Dieu merci , que rinflueuce de la Russie d'aujourd'hui ne sera que passagère. — Je répète seulement que dans la phase de Destruction et de Ruine que nous allons traverser, la Jlussie sera l'arbitre des Destmées du Monde.
Toute guerre est un problème, et pour en prévoir l'issue, il faut se rendre compte du côté fort et du côté faible des deux adversaires. Car on ne résout aucun problème en supprimant un de ses termes, comme font les despotes et les journalistes absolus.
Force russe. Idée occidentale : le problème humanitaire se présente à nous dans ces termes pour la fin du siècle. Nous pouvons, nous penseurs, poser ce problème par la Science, mais il ne nous appartient pas de le résoudre par la Force. La Fatalité est exigeante comme le feu : il faut savoir lui faire sa part.