‹ Hourrah!: ou la révolution par les CosaquesChapitre 21 sur 56 · IV. On dit que cette race n'aime pas la liberté, qu'elle · texte numérisé non relu

IV. On dit que cette race n'aime pas la liberté, qu'elle

a'esl poinl fière , et qa'abrutie par des despotismes sauvages^ elle ne se bat que sous le knout. Mais quels peuples ont donc plus souffert que les Slaves dans la poursuite de leur émancipation? Quels hommes ont été plus martyrisés qu'eux dans la Russie, la Servie, la Bohème et la Pologne? Quels pays plus impitoyablement dominés queles leurs par des races étrangères : par les Mongols, les Tartares, les Turcs, les Lithuaniens? Quelle famille nationale compta jamais plus dfe morts, d'exilés, de priscmniers? Quelle gémit plus longtemps sous la barbarie asiatique, l'orgueil allemand» l'autocratie orientale? De quelles guerres, sinon des leurs, retentit l'Europe depuis trois siècles, de la mçr Hanche à la mer Noire, de la Seine au Volga ? Sur quelles poitrines se brisèrent les épées des plus grands capitaines, de Charles Xn et de Napoléon? Quels guerriers surent épuiser, par leur patience indomptable, la fougue des ennemis les plus vaillants ? Les Slaves, toujours les Slaves î n semble que ces peuples mourraient s'ils ne pouvaient plus vivre au milieu des batailles, s'ils supportaient une tyrannie dont ils eussent conscience et iqui ne leur promit pas la gloire !

Et depuis un siècle^ quelles sont les nations dont les agonies furent le plus courageuses et qui ne purent jamais s'accoutumer au joug? Toujours des nations slaves : la Pologne, pendant un demi-siècle de guerres et de révolutions héroïques ; la Servie, la Moldo-Valachie, la Bulgarie, les HeHènes !

Dans ces séculaires révoltes, la fierté des Slaves s'est fortement trempée , leurs bras sont devenus forts , leurs cœurs se sont aguerris ; leurs oreilles se sont habituées aux hurrahs du carnage , aux gémissements des vaincus. Servitude obligée d'ailleurs ; les peuples restés longtemps esclaves sont capables de plus de sacrifices que nous pour conquérir la liberté !

Les Slaves sont Fairière-garde de la grande invasion barbare qui développa la civilisation chrétienne en Europe. Ce n'est pas pour rien qu'ils ont été laissés dans les vastes plaines qui entourent la chaîne des Krapacks , là même où les Goths, les Huns , les Vandales et les Tartares avaient dressé leurs tentes. Gomme ces peuples, ils se trouveront un jour à Tétroit dans les pays qu'ils occupent ; comme eux, ils voudront voir des terres nouvelle, et s'élanceront dans Te^pace, sans but marqué, avec une cavale entre les jambes et une lance à la main. Il faut qu'ils débordent comme les flots de la mer en furie. Dans la coupe de sang préparée pour les festins de la guerre, Nicolas a versé la dernière goutte. Le sang va couler sur leà nations transportées de rage !

V. Je transcris littéralement ici plusieurs passages du remarquable travail de A. Herzen sur fe Développement des Idées révolutionnaires en Russie, Personne ne peut donner une idée plus exacte du progrès des Slaves que ce profond observateui*, slave et révolutionnaire lui-même. M. Herzen rend ainsi compte du travail de l'opposition russe pendant les vingt-cinq dernières années :

... ce À l'intérieur de la Russie, il se faisait un grand » travail, un travail sourd et muet, mais actif et non » interrompu ; le mécontentement croissait partout ; les » idées révolutionnaires ont plus gagné de terrain dans » ces vingt-cinq dernières années qye durant le siècle y> entier qui les a précédées, et pourtant elles ae péné- » traient pas jusqu'au peuple.

» Le peuple russe , continuait à se tenir éloigné des » sphères politiques ; il n'avait guère ' de raisons pour » prendre part au travail qui s'opérait dans les autres » couches de la nation. Les longues souffrances obligent à

» ^ne dignité de son genre ; le peuple russe a trop souffert

» pour avoir le droit de s'agiter pour une petite amëliora-

» tion de son état; il vaut mieux rester franchement un

» mendiant en haillons que de revêtir un habit rapiécé.

» Mais» s'il ne prenait aucune part dans le mouvement

» des idées qui occupait les autres classes, cela ne lâgnifie

» nullement qu'il ne se passât rien dans son àme. Le

» peuple russe respire plus lourdement que jadis ; son

» r^ard est plus triste ; l'injustice du servage et le pillage

» des fonctionnaires publics deviennent pour lui plus

» insupportables. Le gouvemementf a troublé le calme de

x> la commune par l'organisation forcée des travaux ;

» on a emprisonné et restreint le repos du paysan dans

» sa cabane par ^introduction de la police rurale dans lés

» villages même. Les procès contre les incendiaires; les

» meurtres de seigneurs , les insurrections de paysans

» s'augmentèrent dans une grande proportion. L'immense

» population des dissidents murmure; exploitée, opprimée

» par le clergé et la police, elle est bien loin de se rallier,

» et l'on entend parfois dans ces mers mortes et inacces-

» sibles pour nous des sons vagues qui présagent des

» tempêtes terribles. Ce mécontentement du peuple russe

» dont nous parlons n'est point visible au regard super-

» ficiel. La Russie parait toujours si tranquille qu'on a de

» la peine à croire qu'il s'y passe quelque chose. Peu de

Tf> gens savent ce qui se fait derrière le linceul dont le

» gouvernement couvre les cadavres, les taches de sang,

» les exécutions militaires, disant avec arrogance et hypo-

» crisie qu'il n'y a ni sang ni cadavres derrière ce linceul.

» Que savons-nous des incendiaires de Simbirsk, du mas-

» sacre des seigneurs organisé simultanément par un

» grand nombre de villages? Que savons-nous des révoltes » partielles qui ont éclaté lors de l'introduction de la nou-

» velle administration de Kisselef? Que savoi^s-nous des

» msurrectioQS de Kasan, de Viatka, de Tambow, où Ton 9 a dû avoir recours aux canons?

)) La soif de Tinstruciion s'empare de toute la nouvelle » génération ; les écoles civiles ou militaires, les gymnases, » les lycées, les académies regoi^ent d'élèves ; l^ en&nts » des parents les plus pauvres se pressent aux différents )) instituts. Le gouvernem^t qui alléchait ^encore en 4 804, » par des privilèges, les enfants à l'école, arrête par tous f> les moyens leur afQu^œ , ou crée des difficultés à » l'admission, aux examens, <m impose les élèves; le mi- » nistre de l'instruction publique liimte par une ordon- » nance l'instruction des serfs. Cependant l'université de » Moscou devient la cathédrale de la Civilisation russe ; » l'empereur la détesAe, la boude; il exile chaque année » uae fournée de ses élèves ; il ne l'honore pas de ses vi- » sit^ en passant à Moscou. Mais l'université fleurit, » gagne en influence ; mal vue, elle n'attend rien, pouri> suit 3on travail et devient une véritable puissance. » L'élite de la jeunesse des provinces avoisinant Moscou » se porte à son université, et chaque année, une pha- » lange de licenciés se répand dans tout l'état en fonc- » tionnaires, médecins ou précepteurs.

» Au fond des provinces, et principalement à Moscou, » s^augmentait à vue d'œil une classe d'hommes indépen- » dants n'acceptant aucun service public et s'oocupant de » la gestion de leurs biens, de science, de littérature; ne » demandant rien au gouvernement, si ce n'est de les » laisser tranquilles. C'était tout le contraire de la no- » blesse de Pétersbourg attachée au service public et à la » cour, dévorée d'une ambition servile, qui attendait tout » du gouvernement et ne vivait que par lui. Ne rien sol- » liciter, rester indépendant, ne pas chercher de fonctions, » cela s'appelle, sous un régime despotique, faire de l'op- » position. Le gouvérnem^t voyait d'un mauvais œil ces

» fainéants 0i en était tnéeonient. Os iormaient en effet » un noyau d'hommes civilisés et mai disposés à Tégard » du régime pétersbourgeois. Les uns passaient des an* i> nées entières en pays étrangers, important de là des -h idées libérales ; ks autres menaient pour quelcpies mois y> à Moscou, s^enfennaient le reste de Vaniâée dans leurs )> terres où ils lisaient tout ce qui paraissait de nouveau ^ et se tenaient au courant de la marche intellectuelle en )) Europe. La lecture devint un ol^et d» mode parmi les » nobles de province. On se piquait 'd'avoir des biblio- » tbèques, on faisait venir au moins les nouveaux ro- » mans français, le Journal des Débats et la Gazette » d'Augsbourg; posséder des livres prohibés formait le » suprême bon genre. Je ne connais pas une seule maison » bien tenue où il n'y ait eu l'ouvrage de M. de Custine » sur la Russie, spécialement défendu par Nicolas. Privée )> de toute action, placée sous Ja menace incessante de la » police secrète, la jeunesse se plongeait avec d'autant » plus de ferveur dans la lecture. La masse d'idées en » circulation s'augmentait. »

VJ. Je vais indiquer tous les éléments militaires que contient la Russie^ pour l'oeuvre de guerre et d'invasion d'abord, ensuite pour le travail de régénération sociale.

Entre l'autorité du Tzar et l'action du peuple russe, entre le commandement brutal qui pousse à la guerre et le bras qui l'a fait, il n'y a pas d'intermédiaires, comme dans l'Occident. L'aristocratie a été moissonnée par Ivan le Terrible , Pierre-le-Grand et Catherine , ainsi qu'un«»lys dans sa fleur. Depuis, elle se consume en conspirations inutiles contre le pouvoir suprême. — Pas de bourgeoisie en Russie ; le tiers-état n'y est pas constitué ; il manque des richesses, de la considération et des relations sociales qui font un ordre; les en&nts des marchands ne sont pas

admis dans les universités ; ils ne peuvent parvenir ni à la noblesse ni aux fonctions publiques ou tchinn. Beaucoup de négociants influents sont serfs. — Or, la Bourgeoisie, nous l'avons prouvé, est cette classe dont les intérêts détournent les pépies de la guerre et de la résolution. La soif de conquêtes de la Russie ne sera pas éteinte par sa petite bourgeoisie allemande ou juive, sans influence et misérable. Et plus tard, le peuple russe ne sera pas comj^mé par elle dfins ses soulèvements révolutionnaires.

Toute la Russie a été rompue aux mœurs des camps au moyen des colonies militaires fondées , sous Alexandre, par AracktchéieflF. Dans ces colonies, serfs et soldats sont réunis sous un patron qui leur commande despotiquement. Ce système a déjà mêlé 86,000 soldats et 400,000 habitants des campagnes, et son influence s'est étendue partout. Ainsi le peuple et Tannée s'habituent l'un à l'autre et s'instruisent l'un par l'autre ; le gouvernement russe fait avec une merveilleuse activité la propagande de la Révolution *. — On a donc raison de dire que la Russie est un camp prêt à déborder sur l'Europe.

L'armée russe disponible se compose d'un million et demi d'hommes ; Nicolas a dit que, s'il priait un peu le pays, il en aurait un million de plus, et que s'il ordonnait il lui en serait fourni trois millions, Eu outre, tout l'empire est une armée. La hiérarchie des fonctionnaires, le tchinn, a ses cadres et ses régiments. Le peuple est serf ; il y a des nobles qui possèdent jusqu'à 1 50 à 200,000 esclaves blancs. La Russie, c'est l'idéal de la discipline, des cités ouvrières, des ateliers nationaux, de l'organisation du travail par l'autorité ou le communisme, de la caserne

(1) N'est-il pas évident, en effet, que Thomme tendant, par sa nature, à la liberté et au bien-être, toujours le paysan finira par déteindre sur le soldat. — Les despotes seuls peuvent ne pas craindre ce rapprochement.

et de la prison. Les chefs supérieurs de l'armée, civile ou militaire, ne peuvent parvenir au commandement par le choix ou Tancienneté, de bas en haut, comme cela a lieu dans presque tous les pays d'Occidait; les grades sont tous conférés par le pouvoir suprême. Il y a une aristo* cratie dans l'armée comme dans la société, et des proprié-^ taires de serfs militaires, comme des propriétaires de serfe oivife. — Cette organisation est bien certainement favorable aux desseins de Tautocratisme, tant que la force commandée est aveugle; mais elle tourne forcément contre lui dès que cette force devient éclairée. Car, cette organisation n'a pas ses racines dans les masses ; elle est faite contre elles. Et le jour où les masses le comprennent, il leur devient facile d'avoir raison de la hiérarchie peu nombreuse qui leur est superposée. Les quarante millions de serfs russes deviendront les plus terribles des révolutionnaires européens, quand l'un des apneaux de leur chaîne aura été brisé. Ils ne souffriront plus qu'on coupe leurs longues chevelures pour les faire soldats. Et ils savent au juste ce qu'il faut; de bois pour rôtir un propriétaire boyard I — Patience ! bourgeois de France ! ne criez pas avant qu'on vous écorche I

Cette armée se recrute selon le mode le plus tyrannique, parmi les paysans les plus malheureux, les condamnés, les criminels, les gens sans aveu, les compromis politiques, tous les individus enfin que leur position hors la loi rend avides de vengeance et de bouleversements. L'armée russe est une grande et brave compagnie de discipline, — Dans l'état actuel des choses, ces soldats, privés de tout appui, ne sauraient rien entreprendre pour conquérir leur indépendance ; ils sont contraints de subir la loi de la force. Mais à l'aurore des sociétés nouvelles , qui changeront complètement les rapports entre- le^ gommes,

ils

ces derniers^Ià deviendront les premiers, et Farmée russe se convertira en bandes libératrices qui obtiendront raison de la propriété. Cette suprême revendication, que les civilisés ai^Jlent vol, est pratiquée sur une large base en Russie par la torche et le pillage ; le Busse n'y reconnaît de frdn que la peur d'être puni ; pour lui, tont est de bonne prise.

En raison même de la constitution de la Russie, les trente-cinq millions de Slaves russes réunis sous l'autocratisme domineront les soixante-cinq millions d'habitants d'origines et de religions diverses sur lesquels s^étend la domination des tzars ; ils comprimeront leurs manifestations, étoufiferont leurs voix. Les Arméniens, les Mahométans sont à peine supportés en Russie; les Grecs n'y comptent pas. Nicolas a chassé les Juifs de Pétersbourg et de Moscou, il leur a fait couper les cheveux, il a fermé leurs écoles, et les astreint à porter un costume particulier. A peine laisse-t-on ces divers peuples libres de faire du commerce. Les Polonais, les Finlandais, les Tartares sont traités en peuples conquis. Les Allemands sont abhorrés parce que c'est d'Allemagne que toutes les tyrannies ont été importées en Russie ; parce que la hiérarchie fonctionnaire et la noblesse sont allemandes, ainsi que le système gouvernemental; parce qu'enfin les taidances des deux nations sont complètement opposées. -* Le Cosaque est roi de Russie, et le Tzar doit être Cosaque, bien que flatté et gâté par la Civiiisati(Mi qu'il étouffl^a ! Le Tzar est un Cosaque doublé de Mettemich ! rusé, froid, cauteleux, entêté, médiocre, sans élévation de sentiments, ayant juste d'intelligence ce qu'il en faut à un bras pour frapper, affichant le plus impérial mépris de la vie des hommes. Le Cosaque déifie la fwce, et Nicolas l'utilise. — Touchante association !

Tout ce qui est en dehors de Nicolas, des Cosaques et du tchinn civil ou militaire n*est rien en Russie. Le commerce, qu'on regarde comme une occupation d^adante, est laissé aux étrangers et à une bourgeoisie pauvre qui cherche à se rendre imperceptible. L'industrie est à l'état d'^fance, les arts sont le moyen de vivre de quelques pauvres diables; la littérature sert de passe-temps aux grands quand ils ne peuvent obtenir la permission de voyager. La poésie, Tart véritable de la Russie, sont dans Pàôoe du peuple; ils sont célébrés par les Slaves des steppes. L'aristocratie, msdgré la teinte de civilisation occidentale qu'elle prend dans ses voyages, est forcée de s'harmoniser, en apparence, avec les mœurs du peuple au milieu duquel elle vit ^.

Et se figure-t-on bien ce que les mugics à la barbe vierge feront de tous les bourgeois d'Occident quand ils seront déchaînés sur eux? Se figure-t-on ce qu^ils feront de notre art et de notre littérature mercantiles? Qui pourrait deviner la portée de la révolution qu'ils opéreront parmi nous? Gens d'Occident, vous lisez bien des livres sur la Russie, vous faites bien des vaudevilles avec les Cosaques. Mais vous n'en savez guère autre chose ; vous ne pouvez pas comprendre le génie de l'homme du Nord, parce que vous êtes déchus de la liberté sainte. Le serf GS^ plus libre que le bourgeois, vous dis-je î L'homme qui reçoit le knout n'est atteint qu'à la surface de son corps ; celui qui se prostitue au trafic est maculé dans les profondeurs de son éme. Le civilisé se vend volontairement au dernier enchérisseur ; le Cosaque n'a pas même le choix entre la liberté et l'esclavage ; il est né serf, et serf il d(Mt naourir. D'ailleurs, le servage n'est pas slave ; il est d'origine orientale et vient des Tartares. Boris Go-

(1) Cette opinion m'a été laite par la lecture du livre de M. de Tourgueneff.

dunow, Pierre P' et Catherine II, la Grande, donnèrent force de loi à cette coutume de lèse-humanité ; le Slave subit le servage en chantant des hymnes à la Liberté. La guerre de conquête Ten affranchira. Pour les esclaves, la Guerre, c^esi la Révolution et la Liberté. Rome ne se releva jamais de la blessure que le grand Spartacus fit saigner à son flanc I !

VII. Dès qu'une nouvelle fonction apparaît chez Thomme, ellie préside en souveraine à tous les actes de la vie ; pendant tout le temps qu'elle met à se développer, elle imprime son cachet spécial à l'existence entière. Dès-lors, les organes qui dominaient jusque-là n'ont plus d'autre mission à remplir que de se laisser guider par la fonction nouvelle, et de concourir secondairement à l'évolution qu'elle fait parcounr à l'économie. Ainsi, dès les premières manifestations de l'intelligence chez l'enfieint, les fonctions organiques d'absprption,-de nutrition et de respiration cèdent le rôle principal au cerveau, qui s'en désiste à son tour en faveur des facultés génératrices lors de leur éclosion, chez l'homme pubère.

De même dans l'Humanité. — Quand une nouvelle civilisation doit être développée, un peuple nouveau paraît qui lui impnme son caractère, et les peuples qui brillaient le plus avant la venue de celui-ci sont éclipsés par lui , et travailleront désormais, sous seis ordres, à la régénération humanitaire.

Le fonds emporte la forme ; il faut de nouveaux moules à des idées nouvelles, et à des tendances diverses, des peuples différents. L'histoire est le registre où sont inscrites successivement les races qui tour-à-tour s'attèlent au char humanitaire. Egyptiens, Mèdes et Perses, Grecs, Romains, Francs et Saxons, chacun d'eux y a sa page. Les honimes meurent à la peine, comme les chevaux ; le

mouvement social s'accompagne toujom^s d'un mouvement ethnique correspondant. Les races» se croisent en même temps que les idées. — Le salut est dans la Révolution !

Page 1