XXVII. Au point de vue du résultat social, guerre et
(1) Je me suis laissé dire qu'il existe, en ce moment, quelque part, dans le monde, un Napoléon UI dont les journaux font grand bruit. Qu'a C&it cet homme pour qu'on en parle? Deux parties de chienlit et un travail da bourreau ! Qu'a-tril pensé ? Le parjure I Que parle-t-il ? Un mauvais jargoo tudesque ! Quelle nation le subit? La plus vantarde et la plus courbée des nations ! Que cette espèce d'homme fasse fouetter jusqu'au sang les bourgeois de ce grand pay», et que les bourgeois de ce grand pays célèbrent k l%nvi la gloire de ce grand homme : ce ne sont pas là me» aOaires. Les Français sont les plus bafoués et les plus grotesquement ridicules des hommes. Il y a longtemps que j'ai renoncé à mon dividende d'illustration française.
La glorieuse nation, en effot, que celle qiti iait enrooer tous ses curés pour célébrer la prise d'une bicoque abandonnée par kM^^Mts t La riche, la florissante nation avec ses bourgeois mourant de faim et de honte 1 L'illustre nation que celle qui, dans trois mois, sera prise entre les glaces du dehors et la banqueroute du dedans, et ne trouvera plus ni un sou ni un hon)me peur suivre une guerre à peine commencée ! Mais chantes donc la gloire de la patrie, booT' geois de France, bourgeois aux truffes et au Champagne à bon marché ! Imbéciles! N'entendez-vous pas les éclats de rire de l'univers qui répondent aux salves des canons des Invalides ?
révolution sont un. Or , dans tonte guerre comme dans toute révolution, deux choses sont, à considérer : le fait d'une part, et de l'autre, l'enchaînement des causes de oe fait avec ses ccmséquences. Le fait militaire n'est rien; les conséquences auxquelles il donne Keu sont tout. L'importance des résultats d'une guerre est toujours en raison inverse de la cruauté, de la fréquence et de la durée des engagements. La guerre perd chaque jour de son caractère destructeur pour devenir de plus en plus un instrument de transformation. Toutes les inventions faites pour dé^ truire les hommes ont abouti en définitive à les conserver.
Dans un milieu semblable au nôtre, la guerre, qu'elle soit civile ou nationale, est le précurseur de la Liberté. Nous ne pouvons rien construire que sur des ruines; la guerre les fait. Aussi, plus la Liberté devra s'étendre en surface et en profondeur, plus la guerre qui l'amènera embrassera de nations et de classes sociales. Voilà pourquoi la guerre, qui n'était autrefois que l'affaire de quelquesuns, la gloire et la dépense de quelques autres, est devenue forcément aujourd'hui fléau , recrutement , impôt et emprunt sur tous.
L'humanité, bien qu'elle pleure, et murmure, et s'insurge, et souffre quand on lui parle de la bataille, l'humanité, bien qu'elle n'en veuille plus et n'en puisse plus, l'humanité doit verser cependant encore le plus pur de son sang et les plus épargnés de ses écus entre les mains des hommes de sabre. Le désastre de la guerre a pénétré jusqu'aux entrailles profondes des hommes en même temps que le besoin de la Liberté. A mesure que la masse des citoyens se substitue aux classes privilégiées, les guerres civiles remplacent les guerres nationales. Maintenant, il s'agit réellement, pour chacun, de prendre l'initiative du combat dont le prix est son affranchissement.
XXVIII* Les guerres internationales ont feit leur t^oaps. D^uis quarante années, les rues des capitales ont bu plus de sang que les plaines fertiles. S'obstinera-t-on à nier aussi cda? Nous yerra-t-on longtemt)s encore, im*bécile procesâon de pleureurs, nous lamenter sur les troubles civils de notre temps et voiler de crêpe les statues de la PaUie vénérée?
Je vous dis, md$ que toutes ces ululations sont superflues, et qu'il faut prêter de bon gré vos bras à la Guerre civile; sans quoi, mon Dieu! la Guerre civile les prendra sans voCis demander permission^. Depuis Juin 1848, j'ai pris bien résolument mon parti de faire feu de toutes armes sur tous privilégiés, de quelque nation qu'ils fùss^it. Je veux ma liberté; tout homme qui veut la sienne est de ma patrie; ses intérêts, ses efforts répon-^ dent aux miens ; je comprends mieux un seul signe de son petit doigt que le plus long discours des avocats français. G'^t que l'Idée, c'est tout le langage, c'est tout l'homme.
Que m'importent, en vérité, les mœurs, le costume, la physionomie et l'accent différent de celui dont le cœur bat à l'unisson du mien? Les races ne se croisent-elles pas ainsi que les idiomes et les tendances? Les homm^ ne se confondent-ils pas chaque jour davantage? Quand il s'agit de faire la guerre pour la justice et la liberté universelle, il ne peut plus être question ni de patrie ni de traître à la patrie. Il n'est pas d'émigrés, de proscrits, d'étrangers, de Cosaques, dans la famOle humaine ; les gouvernements seuls et les partis se servent encore de ces mots. Ce qu'il y a d'éternellement vrai , c'est que tout homme est mon voisin sur la terre, et mon frère en révolution ; c'est qu'il n'y a, dans le monde, que deux sortes de gens : ceux qui exploitent le travail et ceux qui le font.
Honmies d'avenir et de pensée ! loin de nous Uétroite et cancanière tradition du chauvinisme I Quelle gloire y a-t-.
il, dites-moi^ à être hé de ce cMé-^ des Alpes ou de ce côté-là du BMa^ Croyez^^vous rédlemepi qi|e le Gfxnxù d'un wAAe Castillan, ne bondlsae pas apisâ lôrt^joe ceM d'un fermier de Pontoise? Ahl tous les hommes «ont di» m^ine sang^ et las transporls d'ao^ocir sont brûiapts soi» tous les cieux I
Le véritable, le seul ennemi, c^est )e maître! .fitke maîtres ne sontiamais contents! Relises /eela dans vos 4uteui:s français, dans La Pontaiûe et dans M^i^ t si vouq ne voulez pas croire h ma parole universelle ; majà donner, domiez vite la mamà toos les peuples d» monde* Detnain, ce serait trop tard I ^
Sl2(IX. Dans. les révolutions qm s'étendait à de grande masses d^liommes et dont le mouvement est pltécipité, ks nations croissent et déclinent rapidement, oorame les indl^ vjdus dans les luttes civiles. On voit alors passer sur le monde ces d^uges de paiples, fléaux destruoteiHrs qui se dispensent après avwr accompli de grands désordres et des croisem^its féconds. Us ne semblent paraître sur la soè«e que pour prépara la demeure de ceux qui viendront après eux. Tels furent lesPélasgesqai préeédèreot les Grecs, les Latins et les Etrusques qui vinrent avant les Romains, les Celtes qui frayèrent aux Germains , aux Francs et aux Saxons tant de chemins vers la gloire, les Huns et les Avares qui traînèrent après eux les Slaves, Tartares et Mongols, formidables tourbillons d'hommes! . Et quand .on parle de ces immenses fcnrces armées, (m n'entend pas seulemaat par là Ja masse des soldats, la matière humàme, la semtne des muscles, le total de» gouttes de sang. H y a plus que eçia, car le corps ne petit pas être conçu sans àme, nm plus que les armées sans le ^^ntiment qui les pousse aux grandes eotreprises. Une nation qui se livre aux hasards sanglants des batailles est
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mu» par une p^sée proionde. Celle de la Russie» c'esi le bouleveri^eCQeQt de rOccideoty ce cpie ks autres appeiki^ Déserdrey ce que j'appelle A£touiTi0R !
Il vous faut épargner, dites-vous, et garder à peine de quoi vivre, pour pouvoir faire parade de bracelets d'or, de plats d'argent, d'un luxe plaqué, d'une prodigalité menteuse. Mettez donto d© côté, serre»-vou& le ventre , faites retourner vos vieilles culottes , brossez vos habits, rongez vos ongles, mangez du sinf, soyez parcimonieux, dvares, avkks et voleufrs autant qu'il voo& plaira. Afin que Mesdames vos épouses puissent envebpp^ leurs charmes dans des châles de cachenoère ; afin que Messieurs vos fils coosonsinent leur part du poison de l'Université ; afin que Messieurs vos amis soient priés une fois tous les ans à vos festins spkendides.
Mais, pour Dieu! ne vous plaignez pas, ne vous plaignez pas, bourgeois de malheur et de misère, si vous êtes tordus
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par restomad et par les entrailles, si vous succrnnbes maigres et désossés avant l'^e, à la phtbisie, à Pétisie , à la cachexie, au marasme, comme les épis venus dans des terres maigres qui penchent sous le tourbillon dés vents. Ne vous étonnez point, ne vous lamentez pas si les |dQs grands désastres pleuvent sur vous. Ne les attirez-vous pas? Les Malheurs et la Maladie ne sont-ils pas les conséquences forcée de Plnjustice et de la Itfisère? Aht que tout homme qui conserve dans sa conscience un ferment de justice fasse entendre des cliants d'allégresse sur les hétacopibes de bourgeois qu'immole le Choléra ! Ressentir dans son cœur une profonde haine contre le mal, n^estroe pas aimer passionnément le bien? Encore que tous les hommes de ce temps-ci disparaîtraient sous l'étreinte ie la Misère, dans les angoisses du Désespoir, moi compris i pas une larme ne tomberait de mes yeux. Dans quel monde , sous quelle forme pourrions-nous être plus malheureux qu'aujoj^rd'hui? Et que vaut la vie dont let^ heures étemelles sont employées à évoquer la Mort?