‹ Hourrah!: ou la révolution par les CosaquesChapitre 34 sur 56 · SUR LE CROISEMENT DES RACES · texte numérisé non relu

SUR LE CROISEMENT DES RACES

XXXI. n faut entendre par le mot création une série de transformations successives. Avec deux vieilles choses on en fait une neuve : c'est créer. Le chiffonnier est créateur dans sa sphère ea mêlant le vieux verre et les vieux chiffons, — comme le philosophe en rap{Nrochant deux idées anciennes, — comme le chimiste en combinant deux éléments qui ont déjà servi, — comme enfin les puissances supérieures à nous que noiis désignons sous cette expression collective : ks Dieux,

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XXKtÊi Quand un terrain a porté pendant lèngues ah^ nées les mêmes cultures j ses sucs s'appauvrissent. Il faut qu'il soit labouré et qu'on lui confie deâ setnences nou^ velles qui croîtront là même où lés autres né faisaient que dépérir.

De ménie, lorsqu'une nation s^est ^Hiisée à développer un ordre social ancien, elle en demande un autre qui s^élève, fécond 9 sur les débris du passée C'est alors qu'il faut que les peuples soient retournés par l'épée comme les guérets par la charue^ ajQn qiie l'Humanité ne périsse pas«

J'affirme que i'Ëm*ope ne paît faire un pas de plus dans la voie civilisée sans mourir de honte et de misère; — j'affirme que la vague révolutionnaire monte formidable^ afifomée, ébranlant chaque jour les bases de quelque institution , secouant de leur torpeur les nations les plus paisibles, faisaAt passer sur les plus tièdes ardeurs l'écume salée de la misère ; — j'affirme que les questions négatives et affirmatives les plus formidables sont posées maintenant devant les sociétés, et que les sociétés doivent y répondre. J'affirme que déjà lé privilège a succombé sous la division, et l'autorité sous le mépris ; — j'affirme enfin que l'indi* vidu revendique la possession de lui-même, et que la société réclame une équitable distribution de ses richesscss^

XXXOI. Il faut que l'Europe soit transformée. — Ni* les sociétés européennes ne demeureront telles qu'elles sont aujourd'hui : l'immobilisme n'est pas dans la nature;

— Ni les sociétés civilisées ne retourneront vers la Barbarie : les sociétés ne rétro^adent pas plus que les hommes.

— Ni les sociétés barbares n'adopteront la Civilisation qu'elles ont repoussée jusqu'à pr^nt, et qui n'a servi qu'à les corrompre à leur surface. — Que pourrait-il résulter en eflPet d'une transformation qui replongerait l'Europe occictentale dans le Patriarchat et égarerait l'Europe

orientale dans liBS voiee maudites do Monopole? lieo aotre eèoee qu*im éternel parcours d'un cercle absolument vi*« deux, rien d'utile, rien de conservateur pour Thuniamt^. Or les vérilabieB fér^olutions sont des^xyoservatioDS.

Les hommes sont le sol où se développent les idées» é% grèce aux tempêtes que déchaînent la Guerre et la Révolte^ jamais sol et semences pareilles ne manquèrent dans le mopde. Il y a trop d^idëes neuves comprimées entre les frontières d'Occident; il y a trop de races nouvelles comprimées entre les fronlières de la Russie* €es deux troppleins déborderont dans le mémo temps. Les eaux , les nations et les hommes tendent sans cesse à prendre leur niv'eau.

Il fa«t que Ffiurope fasse le grand écart.

%xav. Cest an moyen des éléments les plus contrastés que la nature opère la régénération des races. DaiÈtè l'espèce humaine, comme dans les espèces animales et végétales, les mâles et les femelles se distinguent par lès caractère^ les plus opposés , et les sympathies qui attirent les êtres les uns vers les autres sont en raison directe de leurs différences. Toutes les grandes migrations humaineé fournissent des exemples de cette loi commune aux peuples et aux individus. C'est des extrémités opposées des conti- ^nents que partent les nations destinées à se confondre. La grande fomille japhétique s'élance des plateaux de TAsie centrale pour se répandre sur le monde par l'Europe et l'Amérique, chassant impitoyablement devant elle les der^ nlers descendants de la race de Cham. Sous la protection de l'arc-en-cirf, l'Humanité renaît de l'arche sauvée sur la cime d'Ararad.

L'Asie pénètre l'Europe par l'Hellade et le Latium : les civilisations grecque et romaine voient le jour. Elle la pénètre avec les barbares les plus redoutables, — Huns, Van-

dalles» Mpiigoia» Tai^tares^ ArabesétOsoifali^, toat-imissants révolutionnaires i^igîeul : — les égfises chrétienne el musulmane plantât la croK str le (Mme de Saint^ierre et lectoiasantâur celui de Sainte-Sc^ie; l'Europe entière $'9g^nouiUe et lesid les mains aux d^à emblèmes mm*

: En retour^ rEurope.pÔDèlre^ VAsîe aviso les Ar^nautes, aveo les pesantes phalanges d'AgpmemÎKNb ^ d' Ai^andrè, ^ Gésàr et' dç Borne jimpériaté!- -^ avee les bandes indisoipli&ées dés Citées; «^ avec les bardifs vaisseaux des Hollandais, des Portugais et des Espagnols; — avec le HéDéràl Bo&aparte^" avec! les trè$^U»gnifiques znardiands de la Cité de Londres , av^ liss hordes des CJosaques du Don.

Les Euiropéens posent te fied sat le cèntîneint d^ Amérique avec Golombv Fernand Gdrtès, Albuqiierqtté, Cabrai ^ les émîgratkins anglaiises qui fondèrent l'Etat de Massaebuasetâ* De leurs empires Jointains , les Eui^(^)éens navi- {^ura rapportent à leurs rïvages sombres d'immenses richesses pour aUmeniter leur avide industrie, pour satis> faire aux besoins de bien-être, de luxe, de pompes et d'art ^i tourmente ïeà natioins civilisées.

L'Afrique fait irruption dahs VEspagile) d'abord avec lés Carthaginois : ensuite avec Tarik ; le Maure redouté, le vamqoeur de Jérès, la ville aux vins dorés! En sept siècles les Sârriasins dotent la Péninsule de cette éclatante civilisation qui posa pour cachet sur l'Andalousie riche F Alhambra magnifique. En sens contraire, la Rome de Scipion, la Lisbcmne de Bartbâemy £^z , *l'Espaigne , la France et l'Angleterre ouvrent l'Afrique à leurs convoitises altérées.

D^à l'Amérique pââètre l'Asie par la Chine ; elle pénétrera l'Europe dans des temps qui ne sont pas loin de nous. Il y a toujours mouvenient élteiiiatif , réaction incessante dès oontiiMnts et des peuples les uns sur ies autres.

Et en Europe seulement, nous voycms Rome conquérir la Grèce ; les Barbares du Nord envahir PEmpire romain; PEspagne de Charles^uint déborder sur Fltalie ; le continent débarquer sur les rivages d'Âlbion-la-Blanche les Danois de Suémm et les Normands de Guillaume ; puis Âlbion-la^Blanche déposer ses plus héroïques pirates, Robert Guiscard i Edouard UI , Wellington , sur les càies les plus fortunées de TEurope. -^ A la faveur de ces chassezcroisez des peuples^ les civilisations païenne, chrétienneet moderne développent les germes de progrès qu'elles contenaient.

Tous ces croisements portait leurs fruits. Dans chacun d'eux le génie de l'humanité puise de nouvelles forces et prend un nouvel essor. Par eux rAmériqué est ouverte à la Civilisation ; du Nord au Midi die se couvre de colonies florissantes qui se détachent suécessivement de leurs vieilles métropoles, comme de jeunes chênes , de leurs troncs. A mesure que les croisements humains se rapprochent de nouS) ils sont plus féconds ; ils s'étendent à de plus grandes masses d'hommes, à des territoires plus vastes.

XXXV. ta dernière et la plus féconde de ces aBimioes entre peuples est celle de la race anglo-saxonne et de k race hindoue. A voir la nature rapprocher la personnification la plus exacte de la froideur septentrionale du type le plus parfait de l'ardeur du Midi, on se prendrait à douter qu'un pareil croisement f&t profitable. Cependant le résultat est incontesté. En un siècle, une compagnie de négociants anglais, aidée d'une poignée de soldats, a conquis au monopole l'un des plus riches et des plus vastes empires de la terre. Et ce résultat, (fevant lequel l'Univers s'extasie, est dû surtout au rap{»rochement des génies si profondément différents des deux peuples.

Sous le soleil des Indes le flegme de l'Anglais se fond,

son activilé indostrieUe s'endort, son intraitable in&vidoaMsme, son insolaire orgueil s'adoucissent forcément au contact d'hommes aux mœurs exparnives et de femmes aux seins orangés. Nous pouvons observer ces grands corps blonds s'acclimatant si bien sous le soldl de leur conquête qu'ils se détachent de leur métropole, fondent des Etats nouveaux et jettent , sur toute cette partie du monde, les assises d'une civilisation colossale.

De sfm côté, la racC' conquise subit ime modification analogue. Les pratiques sup^stitieuses du Brahttianbme se perdit aux faides ; les sacrffîces humains y deviennent infiinment plus rares ; il y a des milliers de conversions au protestantisme anglican; c'est là que feit le mieux ses affaires la Société pour la propagande biblique.

Dans les générations nouvelles on reconnaît de plus en plus les caractères confondus du peuple a^vahisseur et du peuple envahi. Les enfants qui résultent des alliances entre Saxons et Indiens sont âevés dans le pays ; ils parlent une langue qui n'est ni l'Anglais ni l'Hindou, mais une comU^ naîson des deux idiomes , dans laquelle l'Anglais douane comme appartenant à une civilisation plus nouvelle. Les Anglais instituent des écoles où ils s'efforcent de marier leur littérature nationale avec celle de l'Orient, où le positivisme du Nord se sature de plus en plus des vapeurs poétiques, des parfums ardents du Midi.

C'est c[ue, chez tous les hommes , à quelque race qu'ils appartiennent , il existe un fonds commun d'a^irations vers le mystique, l'extraordinaire, l'irrév^é; c'est que dans Ossian, Milton, et Byron , et Shakspeare , il y a bien des passages dûs à la même insfriration qui composa le Baghavad^lta et le Ramayana. Bien que modifiée par les climats et les habitudes, la nature humaine conserve tc^ jours, au fond, les mêmes instincts primordiaux. Il y a de la poésie chez les peuples du Nord, quoique ce ne soit pas

la dôminariie de leur caràdère. Il y a aiissî déFaotivité dans les races dn Sbd ; et quand elles sortent du repos qm lewr est e&er^ elles s'étendent snr le monde et font enpeo de temps ce cfue 1^ S^ptei^rionarox ne pourraient produire qu'au prix de lents efforts.

'lâxww.. L'homme n'est lou^ à Fhaimiié cpi'au flaker: Aussi n'est-ce pas en un secd temps que les invasioais pénètrent au cœor dés royaume» qu'elles sont destinées à détruire. D'abord les peuples se couchent en face les uoa des autres, à portée du canon^ sur la terre sanjglahte des champs de bataille; plus tard seulement, vainqueurs et Vaineos s'étendent côte-à*-cdte , sur le même lit» à portée des caresses de la main désarmée!

Ain^ se modifient les uns par les autres les peuples les plus diyers quand ils s^nt rapprochés sous un mteie €&màt. L'homme du Nord, témoin dii bonheur des Orienl^ux, devinai moins rèveqr, moins concentré dans l'observattob de luinnème, moins froid enfin. L'homme dé l'Oriofit» étonné des ^gantesques résultats de la science civibsiâiei» aequiert conscience de sa force et de son pouvoir, s'étudie, s'estime plus, et son e^rit, naturellement admiratèiir ùd la nature, se fixe cependant davantage sur la société.

Les croisements humains opposeront «t uniront eonti*nuellement le Mercantilisme à la Poésie, le Travail ô l'hadolence, le Nord au Midi, l'Industrie à la Contemplation, la Civilisation à la Nature, l'kidividu à l'Humanité, le Calcul à l'Inlprévoyancè, l'Utilité au Luxe, la Bè^ au Bonheur, la Froideur à l'Expansion, l'Homme à la Fenuné, tes Sarbines aux Bomains, Alexandre à Bôxane, Napoléon h Mdrie*Louise. Les fusions s'opéreront par la rencontre des extrêmes. Et comme sceau de ces fusions , le peuple nou-^ veau-venu parlera une nouvelle langue qui participera deè deux langues-mères ; il pratiquera une religion qui em-

pruûtëra seç caractères aux deux r^Hgîônà prlmiMvès; enfin il résatîiera , dans ses «MBors et dans son esptli, le génie des, dens: peuples qui lui ont donné naissance. tJeê parents revivent dans leurs enfiants; les petits des bëur-^ geofô resseiaûWent , verrues pour verrues , attx honôraM^ auteurs de leurs jours.

Si, daiis TEurope continentale, Il est deux Etats dont les asjinraftions et les mœurs soient aussi opposées que pos* Stble , té sont bien certainement la Russie et la France, là première au Nord-4Est, h seconde au Sud-Ouéstdtt ooB^ iinent ; toutes deux i^llement importantes aiiQoûFd'lidi qu'elles isittirent Tattenlion de Tobservateur à premi^ë vue d'une carte. C'est de leur cboc que résultera le prochain croisement des races européennes.

HXXni. Dans le rapprochement des sexes, finftMiVe; l'audace , la décision , l'énergie , la poursuite , sont le rôle de l'homme; la timidité, la crainte, la faiblesse, l'hésitation, une sorte de résistance involontaire contre sespropres désirs appartiennent à là femme. Entre l'homme et là femme qui se recherchent , il y a d'abord gèfcie, froideur, indéfinissable inquiétnde, jusqu'à ce que la vie commUile ait faif naître chez eux des sentiments ou tout au moins dés habitudes plus intimes.

De même dans le croisement des races. Le peuple cottquérant est plus neuf ; il se montre moins effrayé de l'avenir, plus apte à la réalisation des demi^*s principes entrevus par l'esprit humain ; il est plus entreprenant, plus l»*utal, plus dominateur. Le peuple conquis est plus passif, plus défiant, plus séducteur, plus adroit, mais moins fort; l'action lui répugne , la conséquence d'une transformation Fépouvante. C'est plus tard seulement que les différences s'engrènent, que les distances sont teomblées, queles'caractèress'bs^moalsent enfin par les rdations de chaque jour.

U y a des goures parmi les peuples comme parmi les individus. Il y a les peujdes m&les qui sont propres à Texécuitton parce qu^ils ont la vigueur en partage^ parce que la guerre est leur état normal, parce qu'ils ne reculent pasj devant le meurtre et ne craignent pas d'aspirer Todeur fumeuse de Tincendie. Il y a aussi les peuples femelles qui sont propres à Télaboration des idées parce que, avec le temps et le développement da la Civilisation, leurs mœurs se sont adoudes et qu'ils ont appris à penser. Par cela même ces peuples ne sont plus propr<?6 à la guerre et aux conquêtes , et quand on prononce ces mots devant eux , il s^nÛe qu'on évoque des souvenirs d'autre monde. — Le Fer est masculin , la Prisée , féminine. La Russie est le peuple mâle de l'Europe, la France en est le peuple femelle. Et de même que les hommes et les femmes se marient, de mêma il faut que les races slaves et les races franoo-latiBes secr<Hsent.

xxxvïïou Dans Tbooime, comme dans Thumanité, les puissances matérielles et int^tectudles s'équilibrent ; de là résulte l'harmonie de l'existoice. D'où il suit qu'à toute transformation la Force et l'Idée prendront part. L'homme n'est pas comi^et quand l'un des éléments de son dua^ lisme est développé aux dépens de Tautre. D'où la tendmice constante de toutes les parties de notre être à s'équilibrer. — De même pour les nations. Elles brillent de toute leur splend^ir quand leur t^ritoire est étendu , leur' population nombreuse, leurs richesses considérables^ et quand la science et les arts, qui sont leur Âme, vivifiât ces diverses manifestations de leur grandeur.

Les nations jeunes et les nations anciennes sont incomr plètes, non-viables, parce qti'^i elles les deux éléments de la vie ne se font pas contre-poids. Toute la vitalité des peuples jeunes est employée à leur développement phy-

f iqitô ; ils grandissent comme de noaTedu-^nés , comme d^ planles trOtumeDlées par la sève. Mais l'âge vi^it où réduoalion doitcompléter Foettyre de la nature ; et comme les enfants apprennent de Texpérience des anciens, ainsi les peuples j^nes empruntent leurs c(mnaissances à ceux qui les ont précédés. Au conU^ire, les peuples âgés ne vivent ptui^ que par la mémoire, opmme les vieillards» Alors , le temps est venu où leurs descendants rqpi«ennèiit Vœuvre, Pcêuvre toi^urs pressait, toujours madievée du bonheur à réaliser ici-baâ.

Aimi se complètent sans cesse les deux moitiés^ de l'humai^té; les enfants par les vieillards, les forts par les laiUe$, les feinmeà par les hommes, les peuples anoittis par les peuples jeunes.

L. Mais si la Force et Tidée se confondent par leur but qui est le même, la conaervation de l'Humanité, elles diffèrent essentieMement quant au moment de leur wtion, C'est ce dont se convaincra , par l'étude de l'his*toire, à chaque page, à cbaqitô ligné, tout homme dont le jugement ne s^a pas faussé par l'esprit de parti. Il apprendra : Que toute révolu^(^ qui est dans le besoin des temps s'^écute malgré les intérêts , les partis , les forces et la morale conventionnelle qui s'y (^posent ; -r- que l'action de la Force seconde l'influence de l'Idée ; — que les peuples ne peuvent être mêlés sans le tranchant du glaive ; — que, A ridée révèle les principes d'une Révolution, elle est impuissante à la faire triompher ; — que fatalement enfin, la Force réalise les doctrines contre lesquelles elle s'est le plus raidie.

XEu Ainsi que je l'ai déjà fait remarquer ailleurs, le travail de formation de l'homme, dans le sein de sa mère, s'accomplit des extrémités ver^ le pentre; le cœur est

r^uvrage du sepfcièine joUr« le sceaivqaela Tran^f^rimlMm appose «nr ses œavr^ d'kumaûie ar^la. La Vi^ et la Mort «on^ doiiteuaas eneoro quand le cœuç n'a pas oommeacé jQ«.oe^ ses baMÉmenta. .

De oaéiDe» kMracpi'mie vie nouYdlle s'imptaBta mr 4iii oairtîaeniy eHeFeBTabii delà eircûDféreiU)6 vers le centre* Lesi phi$ grandis empires, à leur début, n'wi^ièrf^ poui* Y^Ies ^p»e des campa, des nids d'aigtaa ou de pirates : Aoeae» Lulàee, Loncbres de yH^tarcbie:aai(opi»e* Le$ grandes capitales ne s'élèvent que bien plii9 tard au intliett dTtats è^ bien gardés ; elles ne suœombent que les deraièras^ qvand la vie a cessé dans les provinces ireoulé^ quand tes pays conqiBS «e détaobent de là mélropole^et qu'un empire se démembre.

Par- ses rivages éloignés , l'Asie pénètre l'Europe encore inculte : Athènes, Rome, CoB8taatû)o|ftle nVirriirevt^ii leur plus grande splend^r. qu'à l'époque où eUe&sont le plus près de leur décadence. ^^ L'eni|>ire de& PerseseBt plua flodssant que jamais quand Alexandre le Macédonique reavâbU et tr^ie daiis Ecbataoïe et Suse renommées. — Les royaumes d'Asie ont atteint à des proportiosos gigantesques (piand les Romains leur af^rtent d'une autre terre à& l'acier et des batailles en échange de l'or, des sciences et des arts qu'ils raioèoent en triomphe dans l'^oceinte des si&jfi collines. — Du huitième au onizièinfe siècle, TOnent pénètre l'Occident par le littoral espagnol. Hélas ! depuis l'expulsion des Maures, jamatis Gordôue, Séville, et Tolède, H Grenade ne revirent les jours de grandeur des Aimeravides. — Au quinzième siècle» Mahomet II , le Turc envahisseur, pénètre dans Constantinople, foyer des lumières du monde. Aujourd'hui, l'Europe déborde sur l'Asie qu'elle envahit au Nord par la Sibérie russe, au Midi par l'empire Hinda-Britannicpie ; — sur l'Afrique qu^elle civilise par la France au Nord , par TAnglet^re au Sud ; -^

sfor Vktoénqaé esifin (plel)çspei^les.ori^iiiaii^dfB^)agàè èi de Portai réTolutmineait dans sa paortie inéridiètiaH iîHidi&qiie les Anglo^ATaéncakis y jeltenli, ati Nord^ iéJB aBsises g^aptescfues de la Confédération des-iltata^UiiiSi .

Xlil. Les peuples qui ont vécu dans les payS' du Si^eil ne remontent jamais vers les glaces du pôle. La Civilisation ne retourne pas à la Barbarie ] ce serait reculer dans la pénible voie qui conduit chaque génération à Faccomplissement de ses destinées. Le Nord est la pépinière des nations, offlcina gentium; c'est le camp où les races conquérantes font leur plus longue et leur dernière étape. Tant que lëfe contrées du Septentrion ne seront pas embellies par la main de la Culture et aplanies par les pieds du Temps, les hommes n'y resteront qu'en passant, le regard dirigé vers des contrées plus heureuses. — Jamais invasion ne menaça le Nord. L'expédition de Moscou fut une opération désespérée entreprise contre les envahissements du cancer russe par un homme qui n'était , après tout , que sabreur ou chirurgien , c'est-à-dire menuisier habile. Pareilles opérations ne réussissent pas contre maladies sem- • blables.

Il est aussi impossible aux Russes de demeurer au Nord et de s'y développer davantage qu'il est impossible aux enfants de grandir dans leur berceau. Ils sont placés de manière à envahir l'Europe centrale par toutes ses frontières ; l'autocrate russe règne sur deux races d'hommes à génies opposés dont les uns nous pénétreront par l'extrême Nord, et les autres par l'extrême Sud. Aucune puissance européenne ne peut prévenir aujourd'hui l'entrée du tzar à Constantinople. Et dès qu'il sera là, bien avant même sans doute , aucune ne pourra s'opposer à ce qu'il ne déchaîne sur l'Europe, par tous les côtés à la fois, ses hordes frémissantes. Les révolutions palingénésiques sont appor-

téeB aux peaptes par les émigrations qui violent leurs fronlièreSy et d'un seul coup de leur bras armé, détruisent Fonfare établi par les sièdes sur une vaste superfide de territoire. Les révolutions du dedans ne foat {dus ensuite que développer le grand travail conmienoé par le mélange desnalîons.

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