‹ Hourrah!: ou la révolution par les CosaquesChapitre 45 sur 56 · VISION XIV · texte numérisé non relu

VISION XIV

CSAmageS

«< Guerra, fuçgo y sangro! »

(Guerre, feu el sang I)

El Romancero.

Et voici : le riche, le cœur bourrelé de remords, s'agenouillait devant le pauvre en haillons, lui tendait ses mains pleines d'ofirandes, et lui disait : « Prends, mon frère bienaimé, ceci est à toi ;

— Et pardonne-moi ce que je t'ai fait souffrir, afin que le grand Dieu me le pardonne aussi. »

Et le pauvre, morne, appuyé sur le canon d'un fusil

vide, pleurait de n'en avoir point fait usage quand il en était t0aips encore ;

£t Tavare sans entrailles cachait son trésor sous la lave fQnâue^ et la recouvrait de cendres ;

£t les amairts s'embrassaient dans une dernière étreinte et levaient au del teurs yeux |^ns de larmes;

Et les mères éperdues pressaient leurs mamelles sèches et serraient dans leurs bras écorchés leurs enfants morts.

. . . < . Les ^dats féroces se pressent autour des derniers despotea,ileur font rempart de leurs catçs, et se ruent en bataillons serrés sur les multitudes 4sans armes.

Les oiseaux de proie volètent avec leurs ailes rôties et se traînait sur leurs mmgnons près lies cadavres qu'ils éventrent;

Les palais sautent en éclats. Au dehors, des chiens galeux hurlent dans les fossés sans eau et se gorgent de boyaux dje rois.

Au dôdans, les princesses éperdues collent leurs lèvres encore frémissantes de volupté à des crucifix rouges.

Et tout autour des clochetons et des tourelles, des vols de martinets rem{4tssent l'air de leurs cris strid«its.

VISK)N XV.

Bxplatlon l

« Des cités populeuses , deux hommes seulemenl survmieot. Et ces hommes étaient ennemis. »

Byron.

Fils de l'homme, crie donc :

Malheur î Malheur aux hi^bilants de la TeiTe ! I

Trois fois malheur aux riehes !

Qui connaissent la justice I — Et qui ne la pratiquent point!

Qui parlent de science et de reilgion ! •- Et qui man^ gent la chair du pauvre ! Et qui bd vent ses sueurs l

Qui écrasent 1^ mendiante sous les roues de leurs €hars, et ordonnent aux pauvres diables de répandre des feuilles de roses sur leur chemin !

Qui profanent des corps de jeunes* fflles sôus leurs baisers infâmes! Et qui les renv<»ieiit, méte^s, se proëUluer ^pour nourrir les enfants coi^us dans Paccomplissaaiénl d^un marché I

« Malheur à ceux qui ont joint maison à .maison et qui » ont ajouté un champ à Vautre jusqu'à ce qu'il n'y ait D plus eu de place et qu'ils se fussent rendus les seuls la- » bitants du pays !

» Malheur à celui qui bâtit sa maison par injustice et » ses étages sans droiture, qui se sert de son prochain sans y> le payer, et qui ne loi rend pas le salaire de son tra- » vail! »

Malheur à ceux qui se vautrait dans lès jouissances les plus effrénées! — Tandis que d'autres entendent la fMm crier dans leurs entrailles.

Et aussi, aussi, trois fois malheur aux pauvres !

A tous ceux qui souffrent là faim ! — Car il y a du froment dans les greniers ;

A tous ceux qui souflï*ent la Soif! ^ — Car les caves sont encombrées de vins ;

A tous ceux qui restent nus ! — Tandis qu'il y a de la pourpre sur les trônes, des surplis dans les couvents, et de l'hermine dans les palais de justice ;

A tous ceux qui couchent sur la terre humide ! — Pendant que les palais restent déserts.

Ui

Malheur à oeux qui Idbourent et laissent récolter le blé par les oisife !

A ceux qui bàtieseilt de B|4endidés édifioes î — Et qui nichent,, comme des passereaux, dans des mansardes où se naissent les v^Hits I

Malheur à ceux qui tissent la soie, lé lin, les châles riches et les précieuses él;offes ! — Et qui trertablent de Iroid, vêtus de bure. '

Malheur à ceux qui travaillent Tor, l^argent et le fer ! — Et qui livrent des bhefs-tfœnvre pour un morceau de pain!

Malheur aux artistes venilus î

Malheur aux pauvres qui produisent tout et qui souf^ frent sans se plaindre en hommes f — Alors que d'autres jouissent comme des animaux, sans se rassasier jamais.

Malheur ! Malheur aux habitants de la Terre! !

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