‹ Hourrah!: ou la révolution par les CosaquesChapitre 46 sur 56 · VISION XVI · texte numérisé non relu

VISION XVI

Pestes et Fsmines.

( Alarma! Alarma! ! >»

Bl Romancero.

La Mal vient 1 la Fin vient ! Les grands.fléaux ont paru : ceux qui sont dans l'air, ceux qu'on ne voit pas, qu'on n'explique pas ; eeux.^ui sidèrent les bomines et répandent l0S épouvantements parmi nous ! .

RepCUes hideux, laaçifs^ ils s'étefadent sur les bords fortunés des -mers du Mich. D«ns les v^^iptueuses cités d'Italie, ils sévissent avec rage, jaunissant les hommes en

quelques heures, et les jetant, comme des épis sans semences, aux fourgons de la Mort !

Parmi les armées brillantes, ils frappent sans redàche. Les Empereurs et les Bois ^vioent des dents* Maia les con^ tagions se rient de leurs Majestés grotesques et chargent les soldats sur leurs épaula maigres. Allez donc, 6 les plus pauvres l Gourez à la guerre aux cris de Vive FEmpereur ! Pour lauriers, le Choléra sèmera de cyprès les champs de vos batailles I

Les riches fuient lâchement ; les pauvres meurent par milliers dans les villes industrieuses. Les agonisants de-r mandent du travail et du pain : pain et travail leur sont refusés !

Esclavage et Misère! vous avez donc bien altéré notre nature, qu'à la Mort même Thomme n'ose pas se dérober par la Révolte ! î

Eh ! qui donc espérerait de réveiller des êtres que la Disette ou le Choléra ne galvanisent plus! Et qudies preuves plus terribles puis-je vous donner, moi, de la Décadence de rOccident?

Le Pape accuse la propagande révolutionnaire d'être cause de tous nos maux. Le Bomba-roi fait prodiguer les soins de ses sbires aux Lazzaroni décimés. Les oppositions bavardent et se réjouissent malignement des embarras du pouvoir. Les ambitieux crochettent dans les cadavres des parcheiuins, décorations et hochets pour leur vanité misérable. — Dans une société comme la nôtre, l'Intérêt rend rhomnie plus cruel que le chacal. Quand la Mort l'épargne, elle renrichit !

Vous voilà, médecins, philanthropes , politiqt^ , guer-riers , gouvernants , charlatans de 'tous grades qui fiairea: les morts ! Eh bteal que vous apprennent ces «EitraiOes brûlées, ces cbairs flétries, œs intelligences lulgunéèst Bien.....

Vaniteux et 8oeplic[ttedl vous cherchez des mots grecs pour cacher la nudité de votre intdligence ! Vous ressemblez aux vermisseaux ; vous tremblez et mourez saus qu'on vous ait arraché Taveu de votre faiblesse \

Malthusiens hypocrites I Des milliers d'hommes disparaissent chaque jour. £t cependant l'équilibre ne se rétablit point entre les richesses et la population. Jusques à quand faudra-t-il qu'il meure des pauvres pour que les riches se décident à leur faire une part dans les biens de la terre?

Et moi, je dis : les Fléaux qui passent sur nous, c'est la Révolution qui s'accomplit !..... Il le faut ! C'est la fin de ce monde !

Abl les hommes veulent vivre par l'Injustice 1 Qu'ils meurent donc par l'Injustice l — Ah ! les riches ont dépouillé les pauvres; et les pauvres l'ont souffert! Que riches et pauvres disparaissent donc î — Ah I les fruits de la terre sont ramassés par le Privilège 1 Que les fruits de la terre soient donc frappés de maladies, et les hommes de difiettes! Peut-être alors se décideront-41s à revendiquer? — Ah I les gouvernements coftipriment les révolutions de là Misère et de la Faim 1 Qu'ils qompriment donc celles du Choléra et de la Peste ! — Ah ! les despotes veulent s'opposer aux libres rapports entre nations l Qu'ils s'opposent donc aux émigrations des cholériques et des meurts-defaim I — Ah ! cette génération a été un objet d'opprobre sur la terre ! Qu'dle rentre donc sous la terre 1

La mortalité par les maladies est horrible. Mais ce n'est rien encore. Quand les hommes sont malades, les éléments souffrent aussi : les Pestes sombres présagent les Famines décharnées.

Alors les éléments sont pris d'angoissés. Affligée des iniquités des hommes, la terre leur refuse et moissons et ven-

daages. La Terre gémit jusque daas ses eatrailies, eX dans son désespoir, elle laisse échapper te ori du Pain, le cri de la Famine, le cri Dernier 1

Dans les gouflfres profonds, aux rives des mers glacées^ sur une pierre nue, elle s^est éveillée, la hideuse vieille, l'inexorable vengeresse des injustices des siècles !

La Famine ! Elle frotte ses yeux creux ; sur lé dernier os qu'elle ail conservé , elle aiguise ses dents maudites. Parmi ses haillons, elle choisit ceux qu'elle ^it le plus odieux aux peuples, les oripeaux d*écarlate qui couvraient les rois et les bourreaux. Elle vient sur nous, altérée du sang des femmes, des enfants^ des hoII^n6s forts, de UHjEt ce qui est vivace dans THumanité !

Ed cette longue année de grftce et de misère, 4854, nous n'en sommes encore qu*au prologue du drame de là Méduàe. A bientôt les horribles crimes que produisent TA varice, la Misère et la Détresse potissées à leur dernière extrémité. Personne — pas même moi — ne peut se figurer les agcftiies atroces qu'enfantera la dissolution de cette société maudite. Jusqu'ici , Ton n'a vu succomber les na^ tiens que par une mort Tioteate, sans languir. Nous saurons enfin comment un peuple memt ^ar indigestion de vert-de-gris monnayé !

Quand ces temps viendront, — et ils sont proches — le père sera contre son fils, el le fils eontre son père , et la mère contre sa fille! Le frère dénoncera son frère, et l'ami son ami ! Alors, l'homme verra son seinUable expirer, et passera son chemin ! Alors la femme sera plus habile encore qu'aujourd'hui dans l'art de trahir sûrement et de se vendre cher î

En ce temps-là, de belles filles mourront plutôt qm de subir le|9 baisers du public, immonde; déjeunes artistes, exténués de misère, éehangeront leur dernier piûeeau

eontreun morceau de pam; ils seront noi&breuK, ceux qui se mettront au travail avec l'estomaG vide ! Il res-tera cependant quelques bour^ms qui mourront de gras^ fondu I

En ce temps-*à, l'intérêt sera devenu si rapace, et la misère si générale, que ceux qui pourront vivre fermeront leurs portes afin de ne pas entendre ceux qui râlent dans l'escalier. Les mères arracheront leur$ enfants (te leurs seilod Sétris et les eoucb^^ront dans le Ut âeseaunliËn ce temps^là les. sentiments les phis ignobles, tous ceux qu'an ^fouit aujourd'hui jusqu'au tréfond des àmes« éda^ teront avec fracas.

Les hommes arriveront à un tel point d'indifiFérence , qu'il ne sera pas plus tenu compte de la mort d'un individu que de celle d'un poulet. Ils en arriveront à un tel point de désespoir, qu'ils.invoqueront le secours du Choléra contre les tortures de la Faiin. Alors la vie sera pour les uns une angoisse constante, et pour les autres , un insupportable fardeau. Ah ! je juge par le présent de cet épouvantable avenir !

IMteilheur aux jeunes hommes, s'il en reste encore, qui s'^rendroqt de la Liberté! L'ardente fille les cousumer^b comme le soleil brûle les feuilles d'automne. Et la terre en sera jonchée. Oh! souffrir la faim et la soif, ce ne serait rien ! Mais il faudra se voir méprisé par le premier imbé^ cile venu, quand il sera vêtu correctement ! jDès à présent, on ne salue de vous qi,ie votre chapeau et votre linge : avec t|5e paire de gfints vous pouvez vous concilier l'çsitime de ce public stupide ! . ;

En ce temps-là, une destinée sombre pèsera sur. ceux qui pensent. Les plus grands honneurs reviendront do (froit aux plus pauvres d'esprit.

Bien peu d'hommes auront le courage de résister à tamt

de maux, deux qui seraient asset forts pour se conserver dairvoyants et probes au milieu de la démence et du dériionneur universels , ceux-là seront accusés de folie et d'immoralité ! — Quand j'étais interne dans les hôpitaux d'aliénés et de vénériens, j'ai soigné bien des infortunés^ grands d'intelUgenoe et de cœur, qu'on avait ensevelis dans ces sépulcres pour tes y torturer sans témoins. Ce système de prévention se généralisera*

Eh bien cbnc ! que l'étable de cette vie soit laissée aux pourceaux! Et que les hommes libres ne supportent ce mipplice que pour le raconter et marquer les fronts civilisés d'un étemel opprobre!

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